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née a la grandeur du four qu’on veut bâtir ; Onéiéve sur cette fosse une voûte faite de différensmorceaux de roche, taillés proportionnellement a laconstruction d’une voûte applatie, a laquelle onlaisse a fleur du terrain une porte assez grande poury pouvoir passer le bois nécessaire a te cuire; onlaisse à cette voûte diverses ouvertures pour laisseréchaper la flamme , & fur icelle on range en pyra-mide les cailloux , qu’on veut convertir en Chaux ;on recouvre le tout de terre, & l'on y met le feupar l a bouche du four, qu’on continue jufques-a-ceque l’opération soit finie. On doit premièrementamasser une suffisante quantité de bois pour cuireson fourneau ; & même il vaut mieux en avoir beau-coup de reste , que s’il venoit a manquer ; & sur-tout que le bois soit très sec. II faut, en secondlieu, observer , autant qu’il est possible, de n’amasserque des cailloux 'a peu près de la même grosseur , &cela afin qu’ils se trouvent tous convertis enmême tems ; ceux qui n’ont pas cette précautiontravaillent souvent en vain. La raison en est sen-sible ; il faut beaucoup plus de tems au feupour pénétrer un corps d’un pied de diamètre,qu’un qui n’aura que 6 pouces ; aussi arrive-t-il trèssouvent que pour avoir négligé cette précaution,& fait bien de la dépense, on s’est donné des foinsinutiles ; car quand on vient a démolir sonfour, on trouve une très grosse quantité de pierresqui ne font qu’a moitié , ou plus ou moins cuites :Ce n’est pas qu’il soit absolument nécessaire queces cailloux soient parfaitement d’une égale gros-seur, mais a peu près. Si l’on opère, avec les pré-cautions que nous venons d’indiquer , qu’on aitfoin de continuer le feu suivant la capacité du four ,qu’on l’entretienne dans la chaleur convenable, onpeut se flater cju’au bout de la cuite , non seule-ment la totalité des cailloux seront parfaitementconvertis en une Chaux excellente, mais auffi toutela voûte que nous avons dit devoir être faite de di-verses pièces de roche, qui est très propre à êtrecuite en Chaux. II ne reste plus qu’a indiquer unechose assez connue des gens du métier, c’est quele plutôt qu’on pourra serrer la Chaux cuite , n’estque le mieux; si on la laisse exposée a Pair, elle s’im-pregne avec avidité des particules humides , ellen’en trouve pas assez de quoi se rassasier , elle se brû-le en ne pouvant étancher sa soif. On doit doncla transporter le plutôt qu’il est possible auprès ducreux où on la veut fuser, lequel doit être couvertd’eau d’environ 4 ou 5 pouces; on y jette les cail-loux cuits peu a peu, en ayant foin de remuer amesure que l’eau s’y incorpore ; l’on continue a jet—ter & a brasser tant qu’il y a de l’eau, & quand ellemanque on en jette de nouvelle, avec de nouveauxcailloux, jusqu’k-ce qu’on ait fini son opération,en observant de brasser toujours, & de ne pas é-pargner l’eau, qui doit surpasser la Chaux fusée d’unbon pié, après quoi l’on .peut la laisser reposer jus-ques au lendemain , qu’il faut retourner visiter soncreux; & l’on fera très surpris de trouver l’eau qu’ony avoit laissée, embue ; on en rejettera de la nou-velle pendant divers jours, jufques-a-ce que la Chauxn’en puisse plus boire ; Quand on fera parvenu à cepoint, on la couvrira avec du fable a la hauteur d’unbon pied, au moyen de quoi elle se conservera lon-gues années. * Ici finit le Mémoire.
-j- A Condrieux & aux environs du Rhône Ontrouve des cailloux calcinasses; O11 en fait de laChaux, qui a la vérité n’est pas excellente pour bâ-tir , mais seulement pour blanchir des murs.
La Chaux fe vend, & se mesure au boisseau ; leboisseau se divisant en 4 quarts , chaque quart con-tenant 4 litrons. II faut z boisseaux de Chaux pourfaire un minot; les 48 minots faisant le muid; ensorte qu’il faut 144 boisseaux pour faire un muidde Chaux.
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À Paris, la Chaux ne peut être déchargée quedans le Port de ía destination , fans permission desPrévôt des Marchands & Echevins, fous peine d’a-mende.
Les Jurés Mesureurs de Chaux font tenus de fai-re bonne mesure de cette mamhandise, & d’empê--cher qu’il n’en soit exposé en vente, qu’elle ne Toitbonne, loyale, & marchande, òc qu’elle n’ait étémise a prix par les Prévôt des Marchands & Eche-vins; leur étant enjoint d’avertir les Acheteurs dëcette taxe , de tenir la main a ce qu’elle soit exécu-tée, & de dénoncer les contraventions, a peine d’in-terdiction.
II est défendu aux Jurés Mesureurs & Porteurs dèChaux, d’en faire commerce, & de fe faire payerde plus grands droits que ceux qui leur font attri-bués. Tout cela est conforme aux Articles 1 & 5du Chap. 29 de POrdonnance de la Ville de Paris , dumois de Décembre 1672.
Suivant le Tarif de 1664. les droits de sortie & d’en-trée , tant du Royaume ? que des Provinces réputéesétrangères , font fixés fur la Chaux ; savoir pour la [or-tie , fur le pied de 8 fols par tonneau ; & pour Ven-trée i d raison de 10 fols le tonneau contenant deuxqueues.
La Chaux . vive, est de la Chaux encore tellequ’elle est sortie du fourneau, qui n’a point étéexposée a l’air depuis fa calcination, & qui n’estni fusée , ni éteinte. Elle fermente Violemment stl’on jette de l’eau froide dessus.
j- On trouve quelquefois en certains climats ;lorsqu’on fouille bien avant dans là terre, unëChaux vive naturelle , ou qui a été faite par des feuxsouterrains.
La Chaux fusée , est celle qui est restée long-temsa l’air fans qu’on Tait éteinte ; dont toutes les par-ties ignées fe font imperceptiblement évaporées ; quis’est réduite en poudre fort menue , & qui n’est pluspropre â rien.
•j-Celle-ci ne fait aucune fermentation, & l’humi-dité de l’air la pénétrant peu à peu, la réduit enpoudre , lui faisant occuper un volume beaucoupplus considérable que celui qu’elle occupoit aupa-ravant, ce qui est assez naturel pour n’avoir pasbesoin d’explication.
La Chaux éteinte , ou amortie , est de la Chauxqu’on a détrempée & délayée avec de l’eau dans uiibassin, & qu’on garde poiir faire du mortier lors-qu’on en a besoin.
Les Taneurs, Mégissiers, & Chamoifeurs, em-ployeur beaucoup de Chaux pour la préparation déleurs cuirs, ou peaux. II en entre aussi dans la com-position de quelques teintures ; & elle est du nom-bre des drogues non colorantes, qui ne doivent êtrëemployées que parles Teinturiers du grahd&boriteint.
Les Réglemens des Manufactures faits pour lestoiles,( particulièrement celui du 24 Décembre 1701 ;art. 49. ) défendent aux Curandiers, ou Blanchis-seurs , de se servir de Chaux dans le blanchissagedes toiles, a peine de yo liv. d’amende pour la pre-mière fois, & d’interdiction dé la faculté de blan-chir, en cas de récidive.
Chaux. Se dit aussi chez les Chymistes, d’uneforte °de poudre, ou cendre très menue , qui restédes métaux, ou des minéraux, lorsqu’ils ont étéloríg-tems dans un feu très violent. L’or & l’ar-gent qu’on a réduits en Chaux, reviennent par Partdans leur premier être.
La Chaux déétain , n’est autre chose que de la po-tée d’étain plusieurs fois calcinée. Voyez. Etatn , versla fin de P Article.
La Chaux de plomb , est ce qu’on appelle plus or-dinairement Ceruse. Voyez. Ceruse.
La Chaux d airain , est du cuivre rouge calciné;Voyez, Cuivre, à la fin de P Article.
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