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tenus qu’a une simple expérience , qui leur tient lieude Chef-d’œuvre.
Avant que d’être admis a Chef-d’œuvre, dansquelque Corps, ou Communauté que ce soit, il fautjustifier de son aprentissage, & du service qu’on afait chez les Marchands, ou Maîtres, en qualité deGarçon , ou Compagnon, pendant le tems portépar les Statuts & Réglemens du Corps, ou de laCommunauté dans laquelle on veut fe faire recevoir.
Des six Corps des Marchands de Paris, qui font,là Draperie, l’Ëpicerie, la Mercerie, la Pelleterie,la Bonneterie, & l’Orfévrerie , il n’y a que ceux dela Draperie , & de la Mercerie dans lesquels on soitexemt de Chef-d’œuvre.
II faut néanmoins remarquer, que dans le Corpsde I’Epicerie, qui est composé des Epiciers , desApoticaires , des Droguistes, des Confiseurs, &des Ciriers, il n’y a que ceux qui aspirent a la Phar-macie , ( qui sont les Apoticaires ) qui soient obli-gés k Chef-d’œuvre ; car pour les autres, ils en fontexemts.
Le Chef-d’œuvre des Afpirans à la Pharmacie,consiste a être examinés & interrogés par le Doyende la Faculté de Médecine, par deux Professeurs enPharmacie, & par les Maîtres & Gardes Apoticairesen Charge, fur la théorie du choix, de la prépara-tion , & de la mixtion des médicamens ; fur les plan-tes , & fur le droguier ; comme aussi k faire quel-ques compositions, dont ils doivent préparer les mé-dicamens pour en faire eux-mêmes le mélange. Cessortes d’examens & expériences fe font dans la mai-son & jardin des Apoticaires, au Fauxbourg S.Marcel.
Dans le Corps de la Pelleterie , les Afpirans fontobligés de faire pour Chef-d’œuvre, une robe deville, ou reztre, qui est une efpece de manteau fou-ré ; & d’habiller un quarteron de peaux d’agneau,avec six peaux de lièvre. Ce Chef-d’œuvre doit êtrefait en présence de quatre Maîtres & Gardes en Char-ge , assistés de 4 Bacheliers, dont deux MarchandsPelletiers, & deux de Chef-d’œuvre.
Dans le Corps de la Bonnéterie, le Chef-d’œu-vre auquel les Afpirans font assujettis, est de faireune forte de bonnet, qu’on appelloit anciennementAumuce , ou deux bonnets à usage d’homme, autre-fois nommés Cremiolles , & les fouler & appareiller :ils doivent encore faire un bonnet carré de drap, letailler , f encofiner , & le presser ; comme aussi unetoque de velours plissée j & brocher un bas d’esta-me, ou de foie.
Autrefois le Chef-d’œuvre des Bonnetiers fe fai-soit en présence de quatre Maîtres & Gardes en Char-ge, & anciens Bacheliers du Corps, en la maisonde l’un d’eux ; mais k présent il se fait publiquementdans le Bureau de la Bonnéterie, en présence d’uneassemblée générale de tous les Marchands du Corps.
Dans le Corps de l’Orfévrerie, le Chef-d’œuvreconsiste k faire un ouvrage d’or ou d’argent en laforme, maniéré, & disposition prescrite par les Maî-tres & Gardes en Charge ; & il doit être fait dansun lieu particulier, destiné k cet effet dans le Bu-reau de í’Orfévrerie ; & cela, afin qu’on ne puissesoupçonner qu’il ait été fait & travaillé par un autreque par l’Aspirant.
Quoiqu’ii ait été dit ci-devant, que les Fils deMarchands , ou de Maîtres ne font sujets qu’k unesimple expérience, au lieu de Chef-d’œuvre , il fautremarquer cependant qu’il n’en est pas de même dansle Corps de l’Orfévrerie, où les Fils de Maîtres fontobligés k faire Chef-d’œuvre , tout ainsi que les au-tres Afpirans.
II fe fait aussi des Chef-d’œuvres dans presque tou-tes les Communautés des Arts & Métiers de la Vil-le à Fauxbourgs de Paris , dont quelques-uns fontréglés par les Statuts mêmes, & la plûpart laissés ala prudence & conscience des Maîtres Jurés, qui les
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donnent aux Afpirans a Maîtrise. Outre les Jurés& Syndics , s’il y en a, un certain nombre d’anciensMaîtres font appellés a la réception du Chef-d’œu-vre , & reçoivent de l’Aspirant le droit fixé par lesStatuts.
Anciennement & avant l’Edit de 1691. portantcréation des Jurés en titre d’Office , qui ont depuisété réunis aux Corps & Communautés , les Jurés feplaifoient a donner assez souvent des Chef-d’œuvresbizarres, d’un long travail, d’une grande dépense,& de nulle utilité , qu’ils ne laissoient pas même auxAfpirans qui les avoient faits. Cet Edit, & les Ar-rêts d’incorporation des Offices aux Communautés,ont remédié k cet abus , en ordonnant que le Chef-d’œuvre fera de chose utile, qu’il restera a l’Aspi-rant , ou que si quelque Juré , ou Maître désiré leretenir, il lui en payera la valeur. '
II n’y a que les Aprentifs , qui dans toutes lesCommunautés, k l’exception de très peu, soient re-çus Maîtres de Chef-d’œuvre ; les Fils de Maîtres,les Privilégiés, & les Maîtres de Lettres y étantreçus fur une simple expérience. Voyez. Expérien-ce.
Chef-d’oeuvre de Compagnonage. II n’y aguéres que dans les Communautés des Marchands-Maîtres-Ouvriers en draps d’or, d’argent, & defoie, que ce Chef-d’œuvre soit en usage. II fe faitpar les Aprentifs, k la fin de la cinquième année deleur aprentisiage, avant de les enregistrer au livre desCompagnons ; & c’est par ce Chef-d’œuvre, que leMaître est obligé de faire faire a son Aprentif, apeine de 24 livres d’amende, & d’être pour jamaisexclus de faire aucun autre Aprentif, qu’on juge siledit Aprentif est capable de servir chez les Maîtresen qualité de Compagnon ; d’où il a été appelláChef-d’œuvre de Compagnonage.
Ce Chef-d’œuvre consiste a faire une aune desquatre principaux draps qu’il est permis a la Com-munauté de fabriquer ; fçavoir, le velours plein, lesatin plein, le damas , & le brocard d’or ou d’argent.II fe fait huit jours après que l’aprentissage est fini ,dans le Bureau de ladite Communauté, les Maîtres-Jurés & Gardes appellés. L’or, l’argent, les foies ,& autres utenciles fe fournissent a l’Aprentif par leBureau ; au Receveur néanmoins duquel, le Maîtrede l’Aprentif est tenu de remettre la somme de 10liv. pour, lefdits fraix.
CHEGOS. Poids dont les Portugais fe serventaux Indes pour peser les perles ; il faut 4 Chegospour faire un carat. Voyez. Carat.
CHEGROS , ou CHIGROS. Gros filet de chan-vre composé de plusieurs fils, & enduit de poix ,avec lequel les Cordonniers, Savetiers, Bourreliers,Selliers, & autres Ouvriers qui travaillent en cuir,cousent, & attachent leurs ouvrages. C’est au boutdu Chegros qu on met les aiguilles de poil de san-glier , ou de porc, avec lesquelles on fait les cou-tures , en passant les deux bouts du filet par lestrous qu’on a faits avec l’alêne. Quelques Ouvriersappellent Lignent , ce que les autres nomment Che-gros.
CHEITA-BUND. Sorte de Soie qui fe fait dansles Etats du Mogol ; elle tient le second rang parmiles six espèces qui s’y recueillent. Voyez, l’Article desVers a soie.
-j- CHELéE CANCRORUM. Ce mot Grec &Latin est autant usité chez les Marchands Drogui-stes duNord, que chez les Médecins & les Apo-ticaires, puisque c’est une marchandise qu’ils dé-bitent fréquemment sous ce nom, & dont la Mé-decine fait usage comme d’un ingrédient qui a laqualité d’abforber la malignité des humeurs, dansles maladies putrides & ardentes. C’est proprementl’écaille des extrémités noires des pâtes des écre-visses de mer qu’on nomme Homards. Cette écail-le entre dans la fameuse Foudre Alexitére de la Com-tesse