, CHEL. CHEM.
tesse de Kent, íì en vogue en Angleterre, en Hol-lande & dans les autres Pais du Nord, pour lesfièvres malignes, la petite verole, & la rougeole.On la donne feule, ou on la mêle, dans d’autrespoudres, dans des potions, & dans des mixturesqu’on prend par cuillerées. On prépare cette é-caille fur le porphyre, de la même maniéré qu’onfait du Corail & des Perles, & l’on en use ainsisimplement de même que de la poudre de la Com-tesse.
Comme on pêche beaucoup de Homards dansla Mer d’AUemagne, ces Chelœ , ou écailles, y fontà bon marché : les Droguistes d’Amsterdam lesvendent 2 h 3 fols la livre , argent de ce Pais la.
CHELLES. Toiles de coton à carreaux de diffé-rentes couleurs , qui viennent des Indes Orientales,particulièrement de Surate. La piéce contient 13 ou14 aunes de long fur f de large.
î On dit également Chelles , & Chellas. Onen fait de plusieurs sortes a la Côte de Coro-mandel, toutes peintes en carreaux. O11 ne s’ensert guère en Europe , c’est pourquoi il y en vientpeu. Le plus grand usage qu’on en fait aux Indes,c’est de servir de pagnes aux filles esclaves ; quiest une espèce de vêtement qui les couvre depuisla ceinture jusques aux piés. Tous les Hollan-dois s’en fervent aulsi aux Indes comme de cale-çons , a.cause de la sueur, & en changent souventpar propreté. La Corse, qui fait 20 pièces de cettetoile, coutedans ce pais la , depuis 12 a iS Pa-godes ; la Pagode valant 5 fols moins qu’un du-cat. On peut voir ces noms , Pagnes , Corse , &Pagod , dans leurs Articles.
li y a des espaces de Chelles, qu’on nomme aussiKattequis , ou Pagnes a carreaux. Voyez Katte-quis. II y a des gens qui disent Chillas au lieu deChellas ou Chelles. Mr. Savary en avoit fait unarticle.
CHEMBALIS. Sortes de cuirs qui viennent duLevant par ia voie de Marseille. lis font sujets audroit de 20 pour cent, & le payent aux Bureaux decette Ville & de Beauvoiiin , conformément au Ta-rif de 1706. où ils font appréciés k 4 livres la piéce.
CHEMIN. On nomme ainsi fur les Ports de laVille de Paris, les pièces de bois fur lesquelles lesMaîtres Tonneliers Déchargeurs de vins, roulentles muids, queues, & autres tonneaux, en les dé-chargeant des bateaux où ils ont été amenés.
II est défendu aux Déchargeurs de vin , par lesOrdonnances de ia Ville, de décharger & labourerles vins, cidres , & autres boissons, fur les plan-ches posées par les Officiers Planchayeurs ; maisseulement par les Chemins qu’ils ont eux-mêmesétablis ; & d’y en rouler plus d’une piéce a la fois.Voyez Dechargeur.
Chemin. On appelle aussi les Chemins, ou lesrues d’une carrière , les espaces qui restent vuides ,& d’où l’on a déja tiré la pierre. C’est par ces Che-mins , qu’on a foin de bien appianir, qu’on pousseles pierres au trou , après les avoir mises fur les bou-les. Voyez CARRIERE.
Chemin de halage. C’est un espace de 24piés de large , que les Riverains des rivières navi-gables font obligés de laisser fur les bords, pour lacommodité du Commerce par eau , & afin que leschevaux qui halent, ou tirent les bateaux , y puis-sent trouver leur passage libre , & non embarrasséd’arbres , de hayes , ou de fosses.
CHEMISE. Vêtement ordinairement de toile ,qu’on met fur la chair.
Les Chemises de toile de lin , de toile de chanvre , Ó*de toile cTétoupe } payent en France les droits tP entrée &de sortie sur le pied des toiles dont elles font faites, à.raison de tant du cent pesant. Voyez t Article généraldes Toiles , à la fin.
Chemise. Terme d’emballagé , dont on ne feDiction, de Commerce. Tom. L
CHEM. CHEN. 894
sert pas en France , mais qui est fort en usage dansle commerce que les Provençaux font a Smyrne, &dans les autres Echelles du Levant.
On appelle la Chemise d’une balle de soie, unetoile qui l’envelope immédiatement. La toile de de-hors le nomme le Canevas ; c’est entre ces deux toi-les qu’on met du coton, pour conserver les soies quifont au dedans. Isoyez Emeallage.
CHEMISETTE. Vêtement qui fe met fur la che*mise, & qui ne va guéres plus bas que la ceinture.On en fait de diverses étoffes , & particulièrementd’ouvrages de Bonnéterie, de fil, de coton , & defoie, mêlés d’or dr d’argent.
Par le Tarif de la Douane de Lyon , les Chemiset~te s de soie avec or , payent 56 sols de la livre pesant ,pour ïancien droit , & 4 /ô/r pour la nouvelle réapré -dation.
CHENE. Grand & gros arbre , qui produit unfruit & une semence tout ensemble, qu’on nommeGland. Plusieurs veulent que le Chêne soit xoo ansa croître en grosseur & en hauteur, 100 ans a s’en-tretenir fans croître qu’en grosseur , & 100 autresannées a dépérir ; enfòrte qu’un Chêne peut vivrejufqu’a 300 ans.
Peu de personnes ignorent ce que c’est que cetarbre , étant le plus commun , & le plus utile , quisoit dans les forêts; c’est pourquoi l’on fe dispenserad’en faire la description, pour s’attacher unique-ment à expliquer toutes les différentes marchandi-ses que l’on ert tiré, & dont il fe fait quelque com-merce.
On dira néanmoins, comme en passant, qu’il y ade plusieurs espèces de Chêne ; & entr’autres un,qu’on appelle Rouvre , qui fournit la meilleurenoix de galle , & en plus grande quantité. VoyezGalle.
Le Chêne est sujet en croissant a deux accidens ,ou maladies, qui en diminuent de beaucoup la bon-té, quand on le débite, soit pour la charpente , soitpour les autres usages auxquels il est propre. L’unéde ces maladies, ou accidens, est d’être roulé ; l’au-tre, d’être franche.
On appelle Chêne roulé , celui dont les crues dechaque année n’ont point fait de corps ensemble , &font demeurées seulement appliquées les unes fur lesautres.
Le Chêne franche est celui, dont le fil du bois esttraversé d’un côté de l’écorce a l’autre.
Ces deux fortes de bois de Chêne ne font pointpropres a la fente : & d’ailleurs de quelque gros-seur qu’en soient les pièces, on ne peut les employerde grande longueur; étant sujettes a s’éclater, quandon en fait des poutres, des poutrelles , & autres telséchantillons, qui doivent supporter de pefans far-deaux.
Le bois de Chêne depuis ço jufqu’a 100 ans,même jufqu’à 160, est le meilleur bois dont on fépuisse servir pour les bâtimens ; fe conservant sanss’altérer jufqu’à 600 ans ; & l’on prétend même quelorfqu’il est employé en pilotis dans des lieux humi-des , il peut subsister jufqu’à 1 çoo ans: aussi s’ensert - 011 beaucoup dans la construction des ponts ,de même que dans celle des vaisseaux & bâtimensde mër.
-j- M. Clermont dans son Arithmétique Militaireimprimée en 1733. au7 e Livre, dans lequel il s’agitdu toisé de la charpente, dit que le Chêne qui n’estni au dessous de 100 ans, ni au dessus de 200, estle plus propre a la charpente, & à toutes fortes debâtimens. S’ils ne font pas trop exposés à l’air,ils durent jufqu’à çooans, étant coupés à propos 5& dans les pilotages i?oo ans. Le Chêne qui a plusde 200 ans s’échauffe. On connoît l’âge du Chênepar le nombre des cercles concentriques à fa moelle.
Outre les gros échantillons, comme poutres, som-miers, arbres à pressoirs, poutrelles, & autres fem-
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