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leurs de bonnes marques, pourvu, a ce que di-sent les ConnoiíTeurs, que le Cheval ne les puis-se voir.
Des Balzannes.
On appelle Balzannes, les marques blanches, queles Chevaux noirs , ou bais, & autres couleurs bru-nes , ont aux pies , ordinairement depuis le bouletjusqu’au sabot. Ces Balzannes font bonnes ou mau-vaises , c’est-à-dire, dénotent de bonnes ou de mau-vaises qualités , suivant les 'pies où elles se trou-vent , ou suivant qu’elles montent plus ou moinshaut.
En général, les Balzannes basses, & qui fontherminées , font excellentes ; & celles au contraire,qui font trop hautes, font mauvaises ; & les hermi-nes , ou marques noires dont elles font semées, neservent alors qu’à les rendre pires.
Les Balzannes aux deux pieds de derrière fontbonnes ; celles du seul pied du montoír valent encoremieux ; mais les meilleures font cédés de trois piés :aussi dit-on en proverbe :
Caval di tre , Caval di Re.
On estime que tous ces Chevaux sent de bonnevolonté , & d’une grande docilité.
Les quatre pies blancs font pareillement de bon-ne volonté ; mais qu’ils ne peuvent souvent fairevaloir, étant presque toujours mous, & avec peude force.
Les Travats, & les Travestas, ou Trastavats, fontpeu lûrs , & font sujets aux chutes. On appelleChevaux Travats, ceux qui ont deux balzannes, tou-tes deux du même côte. Les Travestats font ceuxqui ont aussi deux balzannes;; mais placées commeen échiquier ; c'est-à-dire, ì’une , par exemple , aupied du montoir, & l’autre au pied de derrière , del’autre côté.
De la corne des Chevaux.
La corne noire, bien unie & lissée, est signe d’unbon tempérament, & promet un excellent Cheval,& d’une allure très sûre. La corne blanche , cerclée& raboteuse, dénote le contraire : si elle est rayée denoir & de blanc, elle tient le milieu entre les deux;beaucoup meilleure que la blanche , mais un peumoins bonne que la noire.
II y a cependant des Chevaux, qu’on peut direavoir très bon pied ;& qui ne bronchent qu’à causequ’ils ont la corne trop parfaite ; parce qu’alors fefiant fur la dureté de leur corne, & fur leur bon sa-bot, ils fe négligent, & fe démarchent avec moinsde précaution.
De la vile & de Rage des Chevaux , & de la connais-sance qu on peut en avoir.
On ne sépare guéres la bonté des yeux du Che-val , de la bonté de ses piés ; & il semble qu’on l’aitparfaitement loué, quand on a dit qu'11 a Bon pied ,bon œil ; comme si dans ces deux seules qualités é-toient réunies toutes les autres.
On vient de voir à quelles marques on peut con-noître la bonté des piés ; on va dire présentement àquoi l’on doit juger de la bonté des yeux.
Des yeux des Chevaux.
La vitre nette , claire & transparente, le regardferme & assuré, de l’ardeur & de la vivacité dans lavûe, font les bonnes qualités de l’œil du Cheval. Sesmauvaises font, des taches , de la blancheur, de l’obf-curité, ou des cercles dans la vitre ; des rougeursdans la même partie, & une couleur trouble par en-bas, ou feuille morte par enhaut ; la prunelle d’unblanc verdâtre transparent, ou couverte de ces ta-ches blanches qu’on appelle Dragons ; un œil trou-Lle & fort brun, plus petit que l’autre; de petitsyeux enfoncés & noirs, à moins qu’ils ne soient ex-
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trémement transparens ; enfin, un œil trop humide<k trop pleurant.
Quoiqu’on ait mis les vues troubles du nombrede celles dont on doit fe défier dans les Chevaux ,il n’y a cependant ordinairement rien à craindre ,quand cette défectuosité ne vient dans les poulainsque des dents, lorfqu’elles commencent à leur pouf-fer ; ou dans les jeunes Chevaux, de la gourmequ’ils commencent à jetter.
On ne repétera pas ce qu’on a dé j a dit, que lesChevaux d’un certain poil, comme les rouans, lesgris sales, les gris d’étourneau , & quelques autres ,font sujets à perdre la vûe plutôt que les autres.Voyez ci-dejfus , où il ejl parlé de la connoisance desChevaux par leur poil.
On appelle un Cheval lunatique , celui de qui lavûe s’affaiblit, ou fe fortifie, suivant le cours & dé-cours de la lune. On peut craindre que ces Chevauxsoient sujets à ce défaut , lorfqu’on leur remarquefur la vitre de l’œil , quelques-unes des mauvai-ses marques dont on vient de parler ; entr’autres ,une couleur trouble , feuille morte, ou rouge, furquelque partie de la vitre.
L’œil verron est celui dont la prunelle est entou-rée d’un cercle blanchâtre. On le dit aussi des Che-vaux qui tout un œil d’une façon, & un autre del’autre. Ces Chevaux font estimés quinteux , &pleins de malice.
Des dents des Chevaux.
C’est principalement par l’infpection des dentsd’un Cheval, qu’on peut juger de son âge , pourvûqu’il n’ait point encore rasé, ou qu’il ne soit pointde cette espèce de Chevaux, qu’on appelle Baigus,c’est-à-dire , qui marquent toujours naturellement ;& qui ne perdent jamais ce qu’en terme de manège ,on nomme Germe de fève.
Le nombre des dents aux Chevaux , aussi-bienqu’aux hommes , n’est pas réglé ; les uns en ayantplus, les autres moins. Au fond de la bouche fontles dents macheliéres ; au devant font les dents delait ; entre deux font celles qu’on appelle les Crocs.Aux dents de lait, à mesure que le Cheval les metbas, succèdent les pinces, les dents mitoyennes , Ales coins.
Jusqu à quatre ans & demi, on juge de l’âge desChevaux par les dents de lait; jufqu’à sept, ou sept& demi, par les coins ; & au-delà, par les crocs.
En général, on peut appeller Dents de lait, tou-tes les dents qui viennent au Cheval depuis fa nais-sance , & qu’il doit mettre bas ; c’est-à-dire, qui doi-vent lui tomber en avançant en âge, pour faire pla-ce à d’autres dents plus fortes, & plus assurées: cel-les cependant à qui l’on donne proprement ce nom ,font les douze de devant, six enhaut , & six enbas,qui leur restent bien long-tems après que les autresfont tombées.
Les Chevaux ne conservent toutes ces 12 dents delait que jufqu’à 30 mois, au plus jufqu’à 3 ans ; alorsil en tombe 4, 2 de dessus, & 2 de dessous, à laplace defquelles paroissent les pinces, qu’on distin-gue aisément, soit parce qu’elles naissent toujoursau milieu des autres, soit parce qu’elles font plusgrandes , plus larges , & plus fortes que les dentsde lait. Tout Cheval qui a les pinces, doit avoirplus de 30 mois.
A 3 ans & demi, des 8 dents de lait, qui restoient,il en tombe encore 4, qui font celles qui, tant en-haut qu’enbas , font les plus proches des pinces :ces quatre dents font remplacées par 4 autres ,qu’on nomme Dents mitoyennes, prefqu’aussi lar-ges que les pinces. Par ces dents mitoyennes onjuge que le Cheval passe 3 ans & demi, mais qu’iln’en a pas encore 4 & demi, qui est l’âge où lesChevaux jettent le plus ordinairement le reste deleurs dents de lait.
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