<927 C II E V E.
la pointe & la tête , & les tressaient également parles deux bouts , ce qui les empêchoit de donner aleurs Cheveux une belle frisure ; les Cheveux tresséspar la pointe n’en pouvant prendre de naturelle.C’est aux Anglois h qui l'on est redevable de cette dé-couverte ; & ce fut un Perruquier de cette Nation.qui l’apporta en France.
Les 200 Barbiers, Baigneurs , Etuvrstes, Perru-quiers , créés par la Déclaration du Roi, du 14Décembre 1673. ont droit de vendre des Cheveux,tant en gros, qu’en détail, dans la Ville, Faux-bours & Banlieue de Paris; mais non pas par unPrivilège tout-a-fait exclusif; l’Article 29 de leursStatuts portant seulement défenses a toutes person-nes, de quelque qualité & condition qu’elles soient,de s’y 'entremettre, fous quelque prétexte que cesoit, sinon en apportant leurs Cheveux au Bureau-defdits Barbiers a jour certain, pour y être visitéspar les Syndics, & lottis entre lefdits Barbiers, quien auront besoin, à peine de joo iiv. d’amende ,& de confiscation desdites marchandises : avec dé-fenses néanmoins aux 200 Barbiers eux-mêmes, devendre lefdits Cheveux qu’a leurs Confrères, &ceux de leur nombre, pour être employés en laVille & Fauxbourgs de Paris, a peine de 100 liv.d’amende contre celui qui les vendra , & confisca-tion defdits Cheveux saisis.
Ce ne font pourtant pas ordinairement les Perru-quiers, qui font le commerce des Cheveux a Paris.De 40 ou fo magasins qui s’y trouvent de cettemarchandise , a peine y en a-t-il 3 ou 4, qui soiententre les mains de ceux de cette profession. Voyez.Perruque, & Perruquier.
Les Cheveux pour, . perruques payent en France lesdroits d’entrée Au Royaume, à raison de 10 Jols parlivre pesant : & a la Douane de Lyon 5 s.
CHEVILLE. Morceau de fer, ou de bois, rond,ou carré, un peu pointu, qui sert a divers Ou-vriers , pour tenir ferme l’assemblage de plusieurspièces 'de leurs ouvrages.
Les Chevilles pour les assemblages a demeuré,font ordinairement de bois ; grandes pour les assem-blages de Charpente, & petites pour ceux de Me-nuiserie. Celles des Menuisiers s’employent presquetoujours avec la colle forte. C’est par ces fortes deChevilles qu’on commence a exercer les AprentifsCharpentiers & Menuisiers. Les uns les font aveclabefaigue, les autres avec le ciseau.
Les Chevilles pour joindre & présenter les as-semblages, font de fer, de 8 a 10 pouces de lon-gueur, & de 7 k 8 lignes de diamètre, avec uneespèce de tête, ou de mantonnet, pour empêcherqu’elles ne s’engagent trop avant dans les trous.Pour les retirer plus facilement, elles ont ordinai-rement un petit trou qui traverse la tête, où l’onpeut passer une verge de fer, qui alors sert commede poignée pour les prendre, & les tirer avec plusde force. Ces Chevilles d’assemblages font plus al’ufage des Charpentiers , que des Menuisiers.
Chevilles coulisses. Ce font des Chevillesqui, quoiqu’en un sens elles soient a demeure, tantqu’une machine reste debout, peuvent cependants’ôter & fe mettre a volonté, quand on veut démon-ter la machine.
Chevilles rances. Ce font les Chevilles quitraversent ce qu’on appelle le Rancher dans les en-gins, & dans les grues ; & qui fervent comme d’é-chelons pour monter au haut de ces machines. Voyez,Rancher, ou Engin.
Chevilles. Se dit aussi, en terme d’Óuvrier depièces de raport, des trois morceaux , 011 petites ver-ges de fer rond, dont on se sert pour arrêter sur l’é-tabli les pierres de couleur, ou les marbres précieux,qu’on veut scier. Voyez. Pieces de raport, ou-Marquetterie.
Chevilles. Ce sont encore les pointes de fer ,
C H E V R. 928
ou de bois, dont les Tapissiers, Brodeurs, &c. feservent pour bander, & tenir ferme , le métier surlequel ils montent leurs ouvrages, & y travaillent.Voyez. Metier.
Les Chevilles des Cordonniers & Savetiersfont de bois blanc. Ils en chevillent les talons dscuir, pour les mieux unir ensemble, & les arrêterfur la grosse semelle. Voyez. Cordonnier.
Chevilles. Les Teinturiers en foie, laine &fil, aussi-bien que les Plieurs de ces trois matières,appellent Chevilles, de grands morceaux de bois,ou de fer, de 2 ou 3 piés de long , & de 2 poucesde diamètre, ronds dans toute leur longueur, a l’ex-ception d’une des extrémités , qui est quarrée. C’estfur cette Cheville qu’ils dressent, démêlent & plientles écheveaux, que les Teinturiers ont mis k la tein-ture. Ils font ordinairement mobiles, & peuvent semettre & s’òter dans des trous quarrés faits exprès,fur le devant de leurs boutiques en dedans.
Chevilles. Les Marchands Bouchers nommentaussi de la forte, de longs bâtons fcêlés dans leurstueries, les cours de leurs maisons , ou les murs deleurs boutiques, pour pendre la viande entière , &non dépecée; comme font particulièrement les veaux,les moutons, & les agneaux.
Chevilles. Ce que les Ouvriers qui mettent lesglaces au teint, appeUent des Chevilles, font deuxgros morceaux de bois, très unis par dessus, & quiont un fort tenon a un des bouts. Leurs longueurs& épaisseurs font k volonté ; mais ordinairement ilsne passent pas 3 piés de long, & 4 a ? pouces d’é-quarrissage. Ces Chevilles fe mettent fur le devantde la table a étamer, dans deux mortoises qui yfont pratiquées, & fervent, pour ainsi dire , a Ral-longer, afin que la glace qu’on veut glisser fur lafeuille d’étain, couverte de vif-argent, ne portepoint k faux. Elles font mobiles, & ne fe mettent,que lorsque tout est prêt pour polisser la glace. Voyez.Glace.
Chevilles. Ón nomme ainsi parmi les Blan-chisseurs de cire, de petits morceaux de bois de sixpouces de longueur, placés a un demi-pied de dis-tance les uns des autres, autour de chaque carré dsl’herberie : ils fervent k y tendre les toiles fur les-cruelles on met blanchir la cire grelouée.
II y a aussi de grandes chevilles de 18 pouces mê-lées parmi les petites, pour soutenir le bord des mê-mes toiles. Voyez, l’Article de la Cire, où il est parlédu blanchissage d’Antony.
CHEVILLER. Mettre les Chevilles a un assem-blage de Charpente, ou de Menuiserie. On dit aussi,Cheviller un talon.
CHEVILLON. Terme de Manufacture. C’estun bâton rond, d’environ 2 pieds de long, dont011 se sert pour lever la soie de dessus sourdissoir.Voyez. Ourdissoir.
CHEVRE. La femelle du bouc, trop communepour en faire la description.
Les Chèvres de Barbarie , & des Indes, font es-timées les plus belles de celles qu’on appelle Chèvrescommunes ; & la race des belles Chèvres, qu’onvolt en Europe, particulièrement en Angleterre &en Hollande, én est venue.
Les qualités des Chèvres Indiennes, & de Barba-rie, qui leur donnent de l’avantage fur celles d’Eu-rope, consistent dans la finesse de leur poil, dansl’abondance de leur lait, & dans leur fécondité ;ayant coutume de donner presque toutes deux che-vraux par an ; outre qu’elles font plus hautes, &plus fortes , que les Chèvres Européennes.
Outre la chair de la Chèvre , qui sert quelquefoisde nourriture aux pauvres gens, & son lait, dontl’on fait du fromage, & que les Médecins ordon-nent aux Malades, pour le rétablissement de leursanté , on en tire pour le commerce, de trois fortesde marchandises, qui font fa peau, son suif, &son poil. Sa