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veux plats , ou droits. La disposition des pores paroù ils passent, peut en être cause ; & ils se crêpent,se frisent, ou sont plats, suivant que les passages paroù ils s’échapent, font ou plus droits, ou plus oumoins obliques.
Le commerce des Cheveux est très considérableen Europe, & íur-tout en France , depuis que lamode a presque fait une nécessite' a tout le mondede prendre des perruques , & de quitter un orne-ment naturel, commode, & de nulle dépense , pouren prendre un qui a précisément toutes les qualitésopposées.
On peut compter presque par millions, ce qui seconsomme en France de Cheveux, soit du cru duRoyaume, soit de ceux qu’on tire des Pays étran-gers ; ôc c’est aussi pour des sommes immenses qu’ilse fait des envois de perruques de fabrique Françoise,& sur-tout de Paris, pour les Nations voisines, oùelles font très estimées.
Les Cheveux de la meilleure qualité se tirent deFlandre , de Hollande, ôc des Pays du Nord. Ceuxd’Angleterre, a la vérité , ne font pas moins bons ;mais outre que le commerce en est défendu, les An-glois les conservant pour eux-mêmes, il ne s’en faitqu’en petite quantité ; le peuple, qui est a son aise,ne consentant pas aisément a laisser couper les Che-veux de leurs femmes, & dg leurs filles ; aussi lesAnglois sont-ils obligés d’en tirer de Flandre pourleur propre usage.
En France, il n’y a guéres que la Normandie , &peu d’autres Provinces, également septentrionales ,qui fournissent de bons Cheveux ; & l'on sçait parexpérience que tous ceux des Pais chauds font detrès mauvaise qualité, ce qui fait qu’on n’en tireaucuns d’Italie, d’Efpagne, & de Portugal.
Les Cheveux de Normandie s’appellent Cheveuxdu Pais, nom qu’on donne aussi a tous ceux qui neviennent pas des Royaumes & Etats du Nord.
Le mérite d’un bon Cheveu est qu’il soit bien nour-ri ; c’est-a-dire, ni trop gros , ni trop fin : pointtrop gros, parce que la grosseur l’empêehe de pren-dre facilement la frisure qu’on veut lui donner, &qu’il se jette ordinairement en crêpe, & non enboucle ; point au contraire trop fin, parce qu’il neprend qu’une frisure de peu de durée. Sa longueurdoit être de 24 à 25 pouces; moins il est long, plusil diminue de prix.
Dans tous les lieux d’où il se tire des Cheveux ,sur-tout en Normandie , en Flandre, & en Hollan-de , ceux qui en font le commerce en gros , ont desCoupeurs de Cheveux, qu’ils envoyent dans lesVillages, d’où ils en rapportent 6, 8, ou 10 livresa la fois.
Quand les Grossiers en ont amassé considérable-ment , ils les envoyent a Paris , ôc dans les autreslieux où il s’en consomme beaucoup, par parties de50,60, & 100 livres, composées de toutes sortesde couleurs , & de différentes qualités, tant bons,que mauvais , afin que les mauvais passent a la fa-veur des bons, íouvent dans 100 livres de Cheveuxne s’en trouvant pas 20 livres de bons. Aussi toutel’habileté des Détailleurs consiste-t-elle k connoîtreparfaitement la bonté & la qualité des Cheveux queles Grossiers leur envoyent, pour savoir si bien fi-xer le prix de chaque qualité en particulier, qu’ilstrouvent leur compte sur la vente du total ; y ayanttels Cheveux dans les mêmes parties qui ne se ven-dent que 4 francs la livre, lorsque la livre des au-tres va souvent jusqu’k 50 écus, & davantage.
Il n’y a rien de fixe pour le prix des Cheveux, ôcl’on trouve en France des Cheveux jusqu’a 40 livresl’once. Ce font les Cheveux blonds qui font les plusrares & les plus chers. Les blancs vont pourtantpresque de pair avec eux : & une remarque, fondéesur ('expérience, c’est que les Cheveux blancs nefont jamais mauvais.
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La rareté des Cheveux blonds a fait imaginer delesmultiplier par l’art, «Sc de donner aux Cheveuxchâtains la couleur blonde ; ce qui fe fait en les met-tant fur l’herbe, comme on fait la toile, pour lablanchir, âpres les avoir lavés auparavant dans uneeau limoneuse.
Cette lessive, ôc l’exposition au soleil, les ren-dent d un blond si fin, & si parfait, que les Per-ruquiers les plus experts dans la connoissance desCheveux , y font aisément trompés , & ne peuvents’apercevoir de l’artifice , qu’après qu’ils les ontfait bouillir & sécher, parce qu’alors ils deviennentcouleur de feuille de noyer sèche. On nomme cessortes de Cheveux, Cheveux herbés. II est inter-venu plusieurs Sentences & Arrêts, qui en défen-dent le commerce, & condamnent les contreve-nans k l’amende.
II y a encore une autre maniéré de teindre lesCheveux, «Sc de leur donner couleur, qui fe faitavec le bismuth. Si ce sont des Cheveux d’un blondtrop ardent , cette drogue les rend d’un blond argen-te ; «Sc si ce font des Cheveux d’un faux châtain-clair, elle leur donne une couleur d’ardoise , qui nedeplairoit pas, si elle étoit naturelle. Le débouilliest l’épreuve de toutes ces fausses couleurs , ôc lebismuth ne la soutient pas.
Les Marchands de Cheveux de Paris, & les Per-ruquiers , n’en tirent en droiture, ôc de la premièremain, que de ceux du cru du Royaume, de Flan-dre, ou de Hollande. Pour les Cheveux du Nord,ils passent tous par les mains des Hollandois, quiles apportent de la Mer Baltique , ou des Ports del’Océan Germanique, par le retour de leurs vais*seaux.
On appelle Cheveux vifs, ceux qui ont été cou-pés fur la tête, soit pendant la vie des personnes ,soit même après leur mort. Les Cheveux morts fontdes Cheveux qui font tombés après quelque mala-die , ou qui fe font arrachés en les peignant. LesPerruquiers employeur des uns & des autres : lesvifs cependant font incomparablement meilleurs queles morts.
Les Cheveux naturels font ceux dont la frisuren’a pas besoin d’artifice pour se soutenir. Ils fontrares, ôc très chers. Ordinairement ils font courts ,ôc n’entrent guéres que dans la fabrique des perru-ques d’Abbés, où il faut même mêler un peu defrisure artificielle pour les soutenir.
Les Cheveux , qui ne font pas frisés naturelle-ment, le deviennent par l’art, en les faisant d’a-bord bouillir, ôc ensuite an les mettant au four dela maniéré suivante.
Après avoir séparé les Cheveux qu’on veut friser ,& mis ensemble, suivant leur longueur, on les rou-le , & on les attache fortement avec des cordes furdes bilboquets, qui font de petits instrumens , oude bois, ou de terre cuite, de la longueur de troispouces, gros de 3 ou 4 lignes, de forme cylindri-que , un peu enfoncés par le milieu : en cet état, onles met dans un chauderon fur le feu , où ils doiventbouillir environ deux heures. Au sortir de l’eau,on les laisse sécher ; ôc quand ils font secs, on lesarrange fur une feuille de gros papier gris, leurdonnant a peu près la forme de la viande qu’on de-stineroit a remplir la croûte d’un gros pâté ; puison les couvre d’une autre feuille de papier ; ôc ainsiempaquetés, on les envoye au Pâtissier, qui leurfait une croûte de pâte commune ; & qui les ayantmis au four, les en retire, quand cette croûte est apeu près aux trois quarts de fa cuisson.
La tête du Cheveu est le côté par où il tenoit a latête, d’où il a été coupé. La pointe , c’est son ex-trémité , c’est-a-dire, I’endroit par où l’on commencela boucle de la frisure.
Autrefois les Perruquiers ne faisoient aucune dif-férence,. dans la fabrique de leurs perruques, entre
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