Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

93 i CHE. CHI,

•Les Chevrotins payent les droits de la Douane de Lyonfur le pied de 10 f. la balle pour l’ancienne taxation,& % f par cent pour la nouvelle réapréciation.

Chevrotin. Signifie aussi une peau de chevreau,préparée avec de la térébenthine de Venise , de lacire vierge , & du sain-doux, ou panne de porc mâ-le , dont on se sert dans plusieurs incommodités dou-loureuses , entr’autres, pour les rhumatismes, & pourles douleurs des pies. Sa propriété est de faire beau-coup transpirer, & d'attirer au dehors quantité desérosités, qu’on croit les causes les plus ordinairesde ces maux.

CHIARVATAR. On nomme ainsi en quelqueslieux de Perse, particulièrement a Bander-Congo,Port de la Mer Persique, ce qu’on nomme en Fran-ce un Douanier. Son droit est de 8 gazes , ou 4fols par man, du poids de 6 livres. Les personnespayent aussi ce droit, & font estimées 33 mans cha-cune.

CHICOTIN. Voyez. Aloes.

CHIEN. Animal domestique, très fidèle, recon-noisiant & docile , propre a bien des choses, maissur-tout pour la chaise, & pour garder la maison.Sa femelle se nomme Chienne.

-f- Les Anglois en fournissent quantité en diffé-rens endroits de l’Êurope, & principalement enFrance, où l’on est grand partisan de la chasse; ily a même de certaines Provinces d’Angleterre quile font un gros revenu de leur commerce de Chiens.

II y a de tant de fortes de Chiens, dont les noms,& les espèces font si différentes , qu’il feroit assezdifficile de les raporter toutes, fans entrer dans un• long détail ; qui, quoique curieux, n’auroit nulraport au commerce. C’est pourquoi l’on se con-tentera d’en parler par raport a leur peau, & a leurpoil, qui sont les seules choses qu ils fournissent pourle négoce ; si l’on en veut excepter leur fiente, quientre dans la fabrique des Marroquins. Voyez. Mar*roquin.

Les peaux de Chien, dont le poil est fin, long& beau, s’apprêtent & fe préparent par les Mar-chands Fourreurs, pour faire diverses fortes de four-rures, mais particulièrement des manchons.

Quand on en a fait tomber le poil par le moyende la chaux, & qu’elles ont été passées en mégie ,les Gantiers les apprêtent en gras avec des huiles& des pommades , pour en faire des gants, dontles femmes font beaucoup de cas ; non-seulementa cause qu ils sont frais pour l’étë , mais encore par-cs qu’eiìes prétendent qu’ils ont la faculté de leuradoucir la peau des bras & des mains.

Ces sortes de peaux ainsi passées en mégie, &préparées en gras par les Gantiers, fervent aussi kfaire des doublures de masques, & de loups de ve-lours pour les Dames, qui s’imaginent qu’elles fontcapables de leur rafraîchir le teint.

Quant au poil de Chien, il ne s’en tire que duDannemarc, par la voie de Hollande, ou de Ham-bourg; & il n’y a guéres que les Marchands deRouen, qui en fassent quelque négoce.

II y a de deux sortes de poil de Chien de Danne-marc; l’un tout blanc, & l’autre tout noir, dontle dernier est le plus estimé. L’un & l’autre de cespoils entrent dans la composition des lisières decertains draps de laine. Voyez Lisières, à Pendroitoù il est parlé de celles de ces sortes d étoffes.

Quelques Chapeliers ont plusieurs fois tenté defaire entrer du poil de Chien, particulièrement deCelui du barbet, dans la fabrique de leurs chapeauxcommuns : mais ils ont toujours reconnu que lepoil de Chien, de quelque espèce qu’il puisse être,y est tout-k-fait préjudiciable.

Les peaux de Chiens d'Ecosse, qui est presque leseul endroit d’’où il en vienne en France , payent lesdroits d’entrée dans le Royaume , à raison de 24 s. le•cent pesant : les droits de sortie pour les peaux de

CHIEN. pz2

Chien non apprêtées , font à ràifon d’une livre aussidu cent pesant.

* Chien dç mer , ou Chien marin. C’est ungros Poisson qui abonde dans toutes les Mers dela Zone Torride. II y en a de différentes grandeursselon les espèces ; savoir depuis 5 piés de long jus-qu’a 20. La plus petite espèce change de paragesuivant la saison. Une partie passe en deça de no-tre Tropique jusqu’à la latitude de 45 degrés , lors-que le soleil aproche de ce même Cercle, qui bor-ne sa déclinaison. C’est pourquoi en Eté, assezsouvent, on en voit sur les Côtes d’Espagne & jus-ques dans la mer Méditerranée. Ce poisson est fortvorace, & fuit long-tems les vaisseaux qu’il rencon-tre , afin de profiter de la tripaille & de tout cequ’on jette hors de ces vaisseaux, qui peut lui ser-vir de nourriture. Son museau est large & rond, òcnon pointu, comme quelques Auteurs le disent. Lamâchoire inférieure est beaucoup plus courte que lasupérieure; c’est pour cette raison qu’il se tourne furle dos promtement, pour saisir sa proie, lorsqu’el-le flotte sur l’eau. II a a chaque mâchoire, unedouble rangée de dents , triangulaires, plates, poin-tues Retranchantes. II est fort carnacier, & dévo-re promtement toutes fortes d’animaux, lorfqu’ilen peut attraper. Les voyageurs i’appellent Requin,ou Requien ; les Espagnols, Lìxa ; les HollandoisHaye ; il faut que ì’a fe prononce fort dans ce der-nier. Sa peau est une espèce de Chagrin , très bonpour couvrir divers ouvrages, comme étuis, gaines,boètes , &c. Les Tourneurs s’en fervent pour polirleurs ouvrages en bois.

Les véritables peaux de Chien de mer, pour êtred’un bon débit, doivent être grandes & larges, d’ungrain rude, ni trop gros, ni trop menu, & garniesde leurs oreilles & nageoires.

Ce poisson se trouve en plusieurs parages, maisen plus grande quantité fur les côtes de Rayonne &d’Espagne , ( comme on l’a déja dit ) d’où les Mar-chands Épiciers de Paris, les tirent le plus ordinaire-ment.

■f On voit dans le Lac Baikal en Sibérie, quan-tité de Chiens marins tout noirs , & fans poil commeceux de la mer Blanche , ce qui est assez rare dans unLac d’eau douce ; mais il y en a aussi dans ceux deLadoga & d’Onega, qui font au Nord-Est de S. Pe-tersbourg.

II vient aussi de Basse Normandie, des peaux d’unautre poisson, assez semblable au véritable Chien demer : mais parce qu’elles ne font pas si dures, onles appelle des Doucettes , a cause de cette différence;& quelquefois des Roussettes , par raport k leur cou-leur qui tire fur le roux. Voyez Doucette.

On fait en France, & en Angleterre, des man-ches de couteaux & fourchettes d’une autre forte depeaux de poisson, qui approchent assez de celles duChien de mer, qu’on dit être des peaux d’une espècede raye particulière. Elles font d’un grain assez gros,presque rond, & dans des distances égales, & com-me en quinconce. On les teint en quelle couleur onveut.

Les peaux de Chiens de mer payent en France lesdroits d'entrée fur le pied de 30 f. la douzaine.

A P égard des droits de sortie , les peaux de Chiens demer apprêtées payent 6 livres du cent pesant.

Chien. Les Tonneliers appellent Chien, l’instru-ment que les Menuisiers , & autres Ouvriers en bois,appellent un Sergent. Le nom de Chien lui vient, dece qu’il ferre & mord fortement le bois. II est compo-sé d’une barre de fer carrée , qui a un crochet en bas ,& d’un autre crochet mobile, qui monte & descend lelong de la barre. Voyez Sergent.

* CHIENDENT. Herbe très commune, &très connue, en apparence la plus vile, & en mê-me tems celle dont il est le plus difficile de démêlerles différentes espèces. M. Tournesort en compte

dans