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Tome 1.
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pz; CHIE. CHIF.

dans ses Tnílitutims jusqu’a 208 ; & ce grand nombrëprouve assez la difficulté de reconnoître &d’e'tablirles marques ou caractères qui les distinguent. M.Scheuchzer leur a donné, après un grand travail, unordre auffi simple & auffi naturel qu’il le desiroit.Voyez, t Histoire de l Académie Royale des Sciences. A.1720.

Rien n’est plus commun dans les Marais du basLanguedoc, dit M. Ajlruc , que cette plante ; en cePais on l’appelle de la Rosette. C’est le gramen arun-dinaceum des Latins. Cette racine prise en décoc-tion, est estimée rafraîchissante & apéritive. C’estde cette racine bien séchée, & divisée en plusieursmenus filamens , que les Vergettiers-Broffiers de Pa-ris se servent pour faire plusieurs sortes d’ouvragesde leur métier, & particulièrement des brosses à têtepour les enfans, & pour ceux qui se font raser lescheveux.

L’Article 34 de leurs Statuts ordonne, que lesbrosses de tête soient faites de bon Chiendent, biennettoyé , jette adroitement fur pied, tant gros quedélié:

Toute forte de Chiendent n’est pas propre a cesusage : le meilleur est celui de Provence. Les Oi-seliers débitent auffi quelque Chiendent, mais duplus fin, a ceux qui s occupent du plaisir innocentde mettre couver des serins, & autres oiseaux deramage. Voyez Vergettier.

CHTEN-FOU. Drogue médicinale qui vient dela Chine. Les Japonois s’en fervent beaucoup , &en font grand cas. Elle fait ordinairement une par-tie de la Cargaison des Jonques Chinoises qui vontau Japon. Elle s’achéte a Quanton 7 taels & 8 masle pic ; & se vend au Japon 40 taels , Ce qui est plusde çoo pour cent de profit.

CHIENNE. Instrument de Tonnelier. Voyez. Tir-toire.

CHIFFES. Voyez Chiffons.

CHIFFONNIER , PATTIER , DRILLIER ,ou PEILLTER. Ce font les divers noms. qu’ondonne , suivant les différens lieux, a ceux qui semêlent de faire le trafic des vieux chiffons, ou vieuxdrapeaux de toile de lin & de chanvre, qu’on ap-pelle autrement Pattes , Drilles , Peilles ou Chiffes,destinées pour la fabrique du papier.

Les Chiffonniers vont acheter & ramasser dansles Villes & Villages , ces vieux chiffons & dra-peaux ; ils en font même la recherche dans les or-dures qui font dans les voiries, & dans les rues ,ainsi qu’il se pratique particulièrement a Paris, oùils font appel lés Chiffonniers.

Après qu’ils les ont bien lavés, nettoyés & sè-ches , ils les gardent dans des greniers, pour lesvendre aux Marchands Papetiers Fabriquans, quien ont besoin, ou a d’autres Marchands, qui lesemmagasinent, pour ensuite les revendre k ces mê-mes Papetiers Fabriquans.

Quoiqu’il semble d’une première vùe, que le né-goce des vieux chiffons, & drapeaux ne soit pas unobjet de considération, cependant il s’en vend enFrance toutes les années pour des sommes assez con-sidérables ; la . consommation de cette marchandiseétant prodigieuse par raport a la grande quantité dePapéteries qui font établies dans le Royaume.

La Bourgogne & le Mâconnois sont les Provin-ces où il se fait le plus grand négoce de vieux chif-fons & drapeaux, particulièrement a Châlons furSaône, & a Maçon ; y ayant dans ces Villes desMarchands, qui en ont de très grands magasins.

* Outre la consommation qui s’en fait dans le Roy-aume, il s’en envoye dans les Pays étrangers : maispour en empêcher la sortie, a cause du préjudicequ’elle pourroit apporter k nos Manufactures dupapier , & des cartes, la sortie en avoit été défenduepar Arrêts des 28 Mai 16Q7 & 4 Mars 1727. maispar un autre Arrêt du 8 Mars 1733. la sortie k l’Etraa»

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ger des vieux linges, vieux drapeaux, drilles & pata-tes , rognures de peaux & de parchemin , & autressemblables matières servant a la fabrication du papier,est permise en payant 30 liv. du cent pesant, lequeldroit a auffi lieu pour les mêmes matières transpor-tées a Marseille & a Dunkerque : & quand ce n’estque des Provinces du dedans du Royaume, ils sepayent k raison de 20 s. seulement du cent pesant.

Outre le commerce des chiffons, qui est propre,& qui donne le nom aux Chiffonniers , ceux de Pa-ris en font encore un très considérable , de cequ’on appelle Huile de Cheval. Voyez Cheval , ó*Email.

CHIFFONS. Vieux morceaux de linge , ou detoile de chanvre & de lin , qu’on employé dans lesPapéteries, pour faire la bouillie, ou pâte, dont sefabrique le papier. On les appelle encore Drapeaux,Peilles, Pattes, Drilles , ou Chiffes, Voyez Papier, &Chiffonnier.

CHIFFRE. Caractère, ou figure, dont on se sertpour exprimer quelque nombre.

II y a trois fortes de Chiffres, qui font en usage enFrance : le Chiffre Commun , le Chiffre Romain , &le Chiffre François.

Chiffre commun, ou Arabe.

Le Chiffre commun est celui que les Sçávans nom-ment Chiffre Arabe ; par ce qu’on croit communémentque ce font les Astronomes Arabes, qui en ont in-venté les figures; quoique les Arabes eux-mêmes l’ap-pellent Chiffre Indien , comme s’ils le tenoient despeuples de l’Inde.

Ce qui paroît de plus certain, c’est que les Orien-taux en sont les Auteurs ; ce que semble confirmer ,entr’autres preuves, la maniéré de les écrire de lagauche k la droite, qui de tout tems a été en usage enOrient.

f Les Savans n’ont pas encore déterminé exac-tement le tems auquel le Chiffre Arabe s’est intro-duit en Occident. Us ne conviennent pas même deson origine. Quelques-uns ont cru qu’il avoit passéde la Perse ou des Indes chez les Arabes , de ceuX-ci aux Maures d’Afrique, & des Maures aux Espa-gnols , qui Pont ainsi répandu dans toute l’Europe.C’est le sentiment de J. G. Vofjîus, de Greaves , deBeveridge , & de Wallis. D’autres ( comme IsaacVoffxus , & M. Wardf ont prétendu & croyent qu’ilétoit en usage chez les Anciens Grecs & Romains ;que les Arabes Pont eu des Grecs, & les Indiensdes Arabes. Ils ajoutent que ces Chiffres ne fontautre chose que les notes numériques de Tyro ,de Sénéque , & de Bo'èce. La pensée de M. Huet ,dans fa Demonstr. Evang. étoit singulière. 11 croyoitque ces Chiffres Arabes n’étoient que les Lettres del’Alphabet Grec, corrompues par quelques igno-rans.

-j- Le tems de leur retour n’est pas aisé a fixer.Joseph Scaliger a cru que cela étoit arrivé peu avantPan 1300 de J. C. Wofstus vers Pan 1250. Dom. Ma-lillon dit qu’on s’en est rarement servi avant le XlVsiécle. Le Dr. Wallis prétend que le Moine Gerbert ,depuis Pape sous le nom de Sylvestre 71 , avoit ap-pris des Sarrasins d’Espagne, la méthode d’enseignetPArithmétique , avec neuf caractères , comme cn lafait aujourd’hui. II l’introduisit en France avant Pau1000. Cependant ces Caractères n’étoient en usageque chez les Géomètres seuls : le Peuple se servoittoujours du Chiffre Romain. Jean de Sacro Bosco ,mort en 1256. fut selon lui , le premier qui em-ploya ce Chiffre dans ses ouvrages.

•f Quelques Inscriptions, trouvées en divers lieuxde !’Angleterre , semblent contraires a cette opinion,& donnent une beaucoup plus grande antiquité kPulage des Chiffres Arabes. On én produit quatre.La première est moitié en Chiffre Romain, & moi-tié en Chiffre Arabe , & porte M. 133. La 2 e porte