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Tome 1.
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235 CHIFFRE.

la date de 1090. La 3 e qui a donne' occasion a tou-tes ces recherches, est encoíe ânte'rieure a la précé-dente. Sa date est de M. 16. Enfin la dernière, encoreplus ancienne, porte pour date l’an 97Ï.

-j- Suivant ces Inscriptions, l’opinion de ces Sa-vans, raportée ci-dessûs , se trouveroit fausse. Maiscommè elle paroît apuiée fur de bonnes raisons, M.Ward croit qu’il pourroit bien y avoir quelque er-reur dans la maniéré de lire ces Inscriptions, a causede la facilite' avec laquelle on peut confondre leChiffre 1 avec le Chiffre 2 dans les MSS. du XIV.& du XV e siécle. Et le Chiffre qu’on prend pourun zero est un 4, ainsi au lieu de 1090, il y aura1490. Cela ne surprendra point ceux qui savent queles Caractères des Chiffres Arabes ont extrêmementvarié. On en donne des preuves, & des raisonspour & contre, qu’on peut voir dans les Transac-tions Philosophiques de la Société Royale de Londres ,A. 173 5. y ayant quatre Mémoires fur cette matièrecurieuse, deux de M. Cope , &• deux de M. Ward ,dont ceci est le précis , tiré de la Nouvelle Bi-bliothèque , ou Histoire Littéraire, Août 1739 - P*

ì$0.

Le Chiffre Arabe, ou commun , a dix figures,ou caractères: 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. &o 7 Cettedernière figure, qu’on appelle Zero , n’exprime tou-te feule aucun nombre ; mais quand elle est ajoûtéeaux autres, & quelle les fuit, elle íert a en aug-menter la valeur ; de dizaines , quand on la metfeule après une des neuf autres ; de centaines, quand

11 y en a deux ; & de milliers -, quand il y en atrois ; ce qu’on peut dire, qui a une progression pres-que a l’infini. Ainsi-, la première figure des neufChiffres, c’est-à-dire, un , étant mise devant un ozero , fait dix, qu’on exprime ainsi, 10: devant deux,fait cent, 100 : devant trois, fait mille, 1000: & demême de fuite ; avec cette différence que le qua-trième o zero fait des dizaines de mille, 10000 : lecinquième, des centaines de mille, 100000: & lesixième , des millions , 1000000 : ce qu’on doit en-tendre pareillement des milliars & des milliasses, au-delà defquels les calculs ordinaires n'ont guéres coutu-me d’alíer.

Avec les autres figurés du Chiffre Arabe on comp-te jufqu’à neuf ; ce qui fe fait en cet ordre : 1, un;2, deux ; 3 , trois ; 4, quatre ; y , cinq ; 6, six ; 7,sept ; 8, huit ; & 9, neuf : 11, onze, est dix & un;

12 , douze, dix & deux ; 13 , treize, dix & trois ;14, quatorze, dix & quatre ; 17, quinze, dix &cinq ; 16, seize , dix & six : au-delà on ajoûte lesnombres à la dizaine, & l’on dit, 17, dix-íept; 18 ,dix-huit ; & 19, dix-neuf: ce qui s’observe aussi danstoutes les répétitions , ou multiplications des dizai-nes ; ainsi l'on dit, 31, trente & un ; 42 , quarante& deux ; 53, cinquante & trois ; & de même des au-tres.

A l’e'gafd des dizaines unies , ou multipliées,on les exprime en François par des termes qui fontpropres à chacune d’elle. Deux dizaines font vingt,20 : trois dizaines font trente , 30 : quatre dizainesfont quarante , 40 : cinq dizaines font cinquante,50 : six dizaines font soixante , 60 : sept dizainesfont septante, 70 ; on dit aussi, soixante & dix : huitdizaines font Imitante, ou quatre-vingt : neuf dizai-nes font nonante , 90, qu’on appelle plus ordinaire-ment Quatre-vingt-dix : enfin , dix dizaines fontcent, ioo.

On donnera à la fin de cet Article , une Table desChiffres Arabes, depuis un jufqu’à mille, pour ai-der les Etrangers, ou les jeunes gens, qui ne fontpas encore versés dans l’Arithmétique Françoise, àconnoître les figures & la valeur de ces Chiffres, ousimples, ou combinés ; & la manière d’exprimér enFrançois cette valeur.

C’est du Chiffre Arabe qu’on fe sert presque dans

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toute l’Europe, & particulièrement en France, pourles opérations de l’Arithmétique mercantile ; &c’est avec ce Chiffre que fe tiennent les livres, &que fe font les comptes & mémoires des Marchands,Banquiers & Négocians. On l’employe aussi dansl’Arithmétique commune des toisés des ouvrages,& du mesurage des terres, même , en partie, dansles calculs, de celle que les Mathématiciens appellentAlgèbre, aussi-bien que pour la Trigonométrie. En-fin , c’est du Chiffre Arabe, dont fe fervent les As-tronomes , lorfqu’ils font ces immenses supputa-tions, qui, pour ainsi dire, règlent le cours desastres , & prédisent leurs conjonctions , leurs éclip-ses., & jufqu’à leurs moindres mouvemens, avec u-ne précision qui tient du prodige.

Les Imprimeurs & Libraires s’en fervent pareille-ment en plusieurs occasions, & dans divers endroitsdes livres qu’ils impriment. Voyez, ci-après Chiffresd’Imp rime rie.

Chiffre Romain.

- On appelle Chiffre Romain, un Chiffre compo-sé de quelques lettres onciales , ou majuscules, del’Alphabet Romain ; ce qui apparemment lui a donnéson nom ; qui lui vient peut-être aussi de ce queles Romains, de qui il est passé jufqu’à nous, a-voient coutume de s’en servir sur leurs inonnoies ,& pour les inscriptions des monumens publics qu’ilsélevoient ; soit à l’honneur des Dieux, & des grandsHommes', qui avoient bien mérité de la République;soit pour conserver la mémoire des évenemens, ousinguliers, ou honorables a l'Empire; soit mêmefur les fepulchres & les monumens, qui regardoientles simples Particuliers.

Les lettres numérales, qui composent le ChiffreRomain, sont au nombre de sept : savoir, I. V.X. L. C. D. M. L’I signifie un; l’V, cinq ; l’Xdix ; l’L, cinquante ; le C, cent ; le D, cinq cens ;& l’M, mille. L’I repeté deux fois, fait deux, II :repeté trois fois , trois, III : & quatre fois , qua-tre , IIII. Quatre s’exprime aussi de la forte, IV ;parce que l’I mis devant l’V & l’X, diminue uneunité du nombre que chacune de ces lettres signi-fie. Pour faire six , il faut ajoûter un I à l’V , VI ;deux pour le sept, VII ; & trois pour le VIII.Neuf s’exprime par un I mis devant un X, IX,conformément à la remarque précédente.

On peut faire fur l’X une remarque semblable,lorsque cette lettre se trouve devant L, ou devantle C ; à la réserve néanmoins que c’est en dizaines,& non pas en unités , que consiste la diminution.Ainsi XL signifie quarante, qu’on écrit-aussiXXXX;& XC, quatre-vingts-dix, qui s’exprime encore parLXXXX. Deux XX font vingt ; trois, trente,XXX. Une L suivie d’un X, soixante, LX ; sui-vie de deux, septante, LXX ; & suivie de trois ,quatre-vingts, LXXX.

Deux CC font deux cens ; trois font trois cens,CCC ; & quatre, quatre cens , CCCC ; qu’onpeut aussi exprimer, en mettant un C devant unD, CÏ) ; le C devant le D , & devant l’M, lescliminuant chacune d’une centaine ; & CM ne fai-sant que neuf cens , DCCCC.

Outre la lettre D, qui fait cinq cens , on peut en-core exprimer ce nofnbre par un I devant un 3 re-tourné, de la forte id ; & de même , au lieu de l’M,qui signifie mille, on peut fe servir de l’I entre deuxC ; l’un dans fa situation ordinaire, & l’autre retour-né , comme dans la figure suivante, clo. On peutvoir a la fin de cet Article , un Alphabet Romain, de-puis un jusqu 1 à mille , qu’on a cru nécessaire dy ajou-ter , pour une plus çrande intelligence de ce qu on vientde dire de ce Chiffre.

Le Chiffre Romain ne s’employe guéres présen-tement