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En troisième lieu, en n’y substituant rien qui puis-se détruire les bonnes qualités du cacao, il est sitemperé qu’on le peut prendre a toute heure, & htout âge, en été comme en hiver, fans en crain-dre la moindre incommodité. Au lieu que le Cho-colat assaisonné de vanille & d’autres ingrédiensacres & chauds, ne sauroit être que très pernicieux,fur tout en été, aux jeunes gens, & aux constitu-tions vives & sèches : le verre d 1 eau fraîche qu’on aintroduit de lui faire précéder ou succéder, ne faitque pallier pour un tems l’impression de feu qu’il lais-se dans le sang & dans les viscères, après que l’eaus’est écoulée par les voies ordinaires.
En quatrième lieu, ce Chocolat est a si bon mar-ché que la tasse ne revient presque qu’à un sol. Siles artisans en étoient une fois instruits, il y en apeu qui ne missent a profit un moyen si aisé & sigracieux de déjeuner a peu de fraix, & de se sou-tenir avec vigueur jusqu’au diner sans autre alimentsolide ni liquide.
Les Confiseurs font des tablettes, & des espècesde dragées de Chocolat, qu’iis couvrent de petitesnompareilles blanches ; on les nomme communémentdes Diablotins : elles se vendent à la livre.
A í’egard de la manière de préparer le Chocolaten breuvage, il est difficile d’en rien dire de certain,chacun ayant la sienne, que , comme il arrive ordi-nairement , quand il s’agit de goût, on préféré a cel-le des autres. Cependant i’usage ordinaire est de met-tre une once de pâte de Chocolat pour chaque pri-se ; quelques-uns au lieu d’eau, se servent de lait,& d’autres encore y délayent un jaune d’œuf. Voyez.
ci-dejfus. r
II faut remarquer, que le Chocolat cjui ìe fondentièrement, & qui ne laisse point de sédiment aufond de la chocolatière, est le seul bon j l’autre étantsophistiqué, ou mal fabriqué.
On appelle Moulinet-y l’instrument de bois avec le-quel on l’agite, ou pour le bien faire fondre dansl’eau, ou pour le bien faire mousser ; ce qui, pourainsi dire, est le fin du métier.
Le Chocolat en billes, & en tablettes,fait par-tie du négoce des Marchans Epiciers Droguistes j& celui en breuvage, est du nombre des boissonsqu’il est permis aux Maîtres Limonadiers de ven-dre & débiter. Le débit s’en fait à Paris dans lesCassés.
Le Chocolat paye en France les droits dentree , con-formément au. Tarif de 1664. à raison de 5 liv. le centpesant ; & par ï Arrêt du 12 Mai 1693. 20 sols la li-vre , poids de marc y outre les anciens droits.
CHOCOLATIERE. Espèce de pot, ,ou de coque-mart avec une anse, & un couvercle troue par le mi-lieu , dans lequel on fait fondre & cuire le chocolat.Les Chocolatières communes font de cuivre ; les au-tres d’argent.
CHOIX , en terme de commerce. Signifie l’é-lite , le plus beau , le meilleur d’une marchan-dise.
CHOMER. Voyez Core.
CHOMMAGE. L’état d’une chose qui est sansagir pendant un certain tems. Dans les Arts & Mé-tiers , 011 déduit le Chommage des Ouvriers &Compagnons; c’est-à-dire, qu’on leur rabbat le temsqu’ils ont manqué à se trouver à l’ouvrage & a l’at-telier.
Le droit de Chommage , qui se paye aux Meu-niers dont les moulins font obligés de s’arrêter pourle passage des trains & bateaux, est de 40 fols par 24heures, quelque nombre de roues qu ils ayent. Ordon-nance fur le fait des Voitures par eau.
CHOMMER. Manquer de pratique, ou de travail.II ne faut pas laisser chommer les compagnons, oules payer a proportion du tems qu’on leur fait per-dre.
CHOPINE. Sorte de petite mesure qui sert à me-
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surer le vin, l’eau de vie, & les autres liqueurs ; mê-me les olives que l’on vend en détail..
La Chopine de Paris, qui est la moitié d’une pin-te, se divise en deux demi-sep ti ers; ce qui fait qu’onPappelle quelquefois Septier : chaque demi-septiercontient deux poissons, & le poisson est de six poucescubiques.
A Lyon , on se sert d’une petite mesure à liqueur,qui a du rapport à la Chopine de Paris; on lui donnele nom de feuillette.
A S. Denis en France, la Chopine est k peu près ledouble de celle de Paris , n’y ayant presque que lamoitié d’un verre de différence.
Chopine. Se dit aussi de la chose mesurée : UneChopine de vin, une Chopine d’olives.
CHOQUE , ou CHOC. Outil de Chapelier,qui sert a enfermer les chapeaux , & a descendre &ranger également la ficelle autour du lien, c’est-à-di-re , à l’endroit où les bords & la tête du chapeaus’unissent. On ne se sert du Choque qu’aprèsque la ficelle a été conduite jusqu’au bas de laforme, avec un autre outil, qu’on appelle Ava-loire.
La Choque est toute de cuivre , presque de fi-gure carrée, mais un peu tournée en rond, pourmieux embrasser la forme du chapeau : son épais-seur n’est que de 2 à 3 ligrtes ; fa hauteur , de ;pouces ; & fa largeur , de quelques lignes da-vantage ; le haut, qui lui sert de poignée, estde la même piéce de cuivre , roulée à jour,d’un pouce environ de diamètre. On se sert duChoque , en le tenant de la main droite, & en l’ap-puyant fortement sur la ficelle , par sa partie infé-rieure ; ce qu’on fait successivement tout autour duchapeau.
Pour donner cette façon, il faut que la forme debois soit posée horizontalement sur une plaque defer, afin de faire le lien du chapeau égal par-tout,
& que la tête n’ait pas plus de hauteur d’un côté quede l’autre. Voyez Chapeau.
CHOUAN. Petite graine légère, d’un verd jau-nâtre , d’un goût aigrelet & salé , & assez sembla-ble a la Barbotine , ou Semen-contra , hors qu’el-le est plus grosse. Le Chouan doit être choisi ver-dâtre, gros, & bien net. 11 sert à faire le car-min ; & les Marchands Plumaffiers s’en ferventpour teindre leurs plumes. Cette graine vient duLevant.
CHOU-FLEUR. Sorte de chou qui n’est con-nu en France que depuis le milieu du XVII e siécle :une espèce de pomme fleurie qui vient au milieu desfeuilles, lui a donné ce nom. Les Cuisiniers en font »■un excellent entremets.
Les Marchands Epiciers & les Grainetiers font ungrand commerce de la graine de cette plante qu’ilstirent de Marseille, où elle est apportée de l’Ile deChypre, qu’on prétend être le seul lieu où elle enproduise. II en vient cependant de Genes, mais ellelève si difficilement, qu’il est plus à propos de ne s’enpas charger.
Ce qui augmente encore le prix de cette graine ,c’est qu’il la faut renouveller tous les ans, n’y ayantordinairement que celle de Tannée qui soit bonne :aussi y a-t-il bien des gens qui veulent que les Mar-chands leur donnent des certificats que celle qu’ilsleur vendent est nouvelle , vraie Chypre & non mé-langée.
La Graine de Chou-fleur ressemble assez à celle dunavet, hors qu’elle est un peu plus grosse.
Elle paye en France Fentrée comme semence & grai-ne de jardin-, scavoir 12 sols du cent pesant suivant letarif de 1664. éf encore vingt pour cent de sa valeur,en conséquence de P Arrêt du f, Aout i68y. commemarchandise venant du Levant & Etats du Grand Sei-gneur.
* CHRISTINE. Monnoie de Suéde, d’argent
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