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Tome 1.
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5,55 CLE. CIN.

jusqu’a ^trente livres, quelquefois plus, suivant larichesses.ou la pauvreté des. Eglises ,pour lesquellesils sont destinés. C’est dans la façon & le travail duCierge Pascal, qu’on connoît toute la .capacité duCiergier.

On nomme Cierge Triangulaire, une sorte deCierge a trois blanches, n’ayant cependant qu’untrou par en bas ; qui s’allume dans quelques Egli-ses , pendant le Service divin du jour de Pâques,en l’honneur des trois Personnes de la très sainte Tri-nité. Cette espèce de Cierge n’est .guère en usageque dans les Maisons Religieuses.

CIERGER une étoffe. C’est mettre de la cireliquide aux endroits par où le Tailleur, le Tapissier,ou la Couturière l’ont coupée , de peur quelle nes’effile. On .dit plus communément ? Bousier , àcause que cela se fait avec une petite bougie allu-mée.

CIERGIER. Voyez. Cirier.

CIGALES , comme on dit aux Iles Antilles, ouavec les Espagnols, CIGARROS. Sorte de Tabac, quise cultive en quelques endroits de l’Ile de Cuba,particulièrement aux environs de la petite ville dela Trinité , & de celle du 8. Esprit ; mais donttout le commerce se fait a la Havane. Ce tabacse fiime ordinairement sans pipe , n’étant que desfeuilles de cette plante, qui ne sont point filées ,& qsson tourne en forme de cornets qu’on allumepar le bout. Voyez. Tabac.

CIGNE. Voyez. Cygne.

CIMENT. Matière qui sert a lier fortement en-semble les corps durs ùt solides.

Le Ciment des Maçons est composé de tuile, oude brique pilée, mêlées avec de la chaux éteinte.Le Ciment des Fontainiers, qu’on appelle quelque-fois Ciment éternel, est fait de brique, de charbonde terre, cf écailles de fer, qu’on nomme autrementMâchefer , & de chaux vive , bien broyés ensemble,ôt courroyés dans de l’eau. Us en font aussi un au-tre, qui n’est que de la poix noire mêlée avec descendres tamisées. C’est de ce dernier Ciment queles Lunetiers se servent pour attacher les verresqu’ils veulent travailler au bassin, au bout de leurmollette. Voyez Mollette de Lunetier.

Ciment des Verriers-Fayenciers. Oh appelleainsi une composition de chaux vive, de farine deseigle, de blanc d’œuf, & d’eau salée, dont cesMarchands se servent pour rejoindre les pièces duverre , de la sayence, & de la porcelaine fine. Onpeut aussi s’en servir pour tous autres ouvrages deterre. Us ont encore un autre Ciment, propre auxmêmes usages, qui est fait de chaux vive pulvérisée,de deux fois autant de brique passée au tamis, détrem-pée avec de l’huile de noix.

F De la chaux vive ôt des blancs d’œufs , suffi-sent seuls pour reculer la porcelaine ôt la sayence.

Ciment. Les Orfèvres , & ceux qui mettent enœuvre, appellent Ciment, un composé de brique ,de poix-résine , < 3 í de ceux dont ils se servent pourciseler.

CIMENTIER. Ouvrier qui bat du ciment. Onle dit aussi du Marchand qui en fait négoce.

* CINABRE, ou CINNABRE. Le Cinabre na-turel est une substance fossile, métallique, pesante,peudure, que l’on trouve pure ou mêlée avec des pierres :II y en a plusieurs espèces de pure. L’une est decouleur de pourpre tirant fur le rouge , qui étantpilée est d’un rouge très beau ; l’autre est un peunoire & de couleur de foie , ressemblant a laPierre Hématite : une autre est un peu jaune. Cet-te mine est souvent si remplie de vif-argent qu’ilen découle de lui-même goûte a goûte. L’espécede Cinnabre qui est mêlée avec des pierres , setrouve souvent dans une pierre plate , & commefendue sous la forme de feuilles ou de lames :'elquefois elle se trouve sous la forme de Pyrite

CINABRE. 956

de couleur d’or ou d’argent ; telle étoit celle quel’on trouvoit, il y a quelques années, en Nor-mandie dans une terre rouge.

Bien des gens estiment, & avec assez de fonde-ment , que c’est le Minium des Anciens; parce qu’eneffet le vermillon ri’est autre chose que le Cinabrebroyé avec l’urine & l’eau-de-vie.

Le Cinabre se trouve presque par-tout où il ya des mines de vif- argent ; & F omet a eu grandtort, dans son Hifloire générale des Drogues , des’inscrire en faux sur ce qu’on lit dans Furetiére ,qu’il s’en trouve de la sorte vers la Carniole ; puis-que ce dernier Auteur n’a apparemment parlé , qu’a-■ptrès Edouard Brotrn , sçavant Médecin Anglois,de la Société Royale, qui assure la chose, commetémoin oculaire, dans fa rélation de Hongrie,de Car-niole, ôte. 11 est vrai néanmoins que le Cinabre aaussi ses mines particulières. 'Celles d’Espagne sontfort renommées ; il y en a en Hongrie, en Carinthie,en Bohème, en Italie; & l’on en a en France entreS. Lo & Carantan en Normandie, qui sont aussiassez estimées.

On a écrit de 8. Lo, le 25. Août 1740. quela Compagnie qui a la concession générale des Mi-nes de la Basse Normandie, venoit, après une re-cherche de dix ans, de faire la découverte d’une mi-ne de Cinabre, qui produira un gain considérable al’Etat & aux Entrepreneurs, parce que la matièreest abondante, ôt qu’on ne sera plus obligé d’en ti-rer de Hongrie.

Le Cinabre devroit peut-être se regarder commela marcassite du vif-argent, ou plutôt comme du vif-argent pétrifié & fixé a i’aide du souphre, & de quel-ques feux souterrains ; puisque la Chymie le réduitsens beaucoup de peine , ni de déchet, a la na-ture de mercure ; chaque livre de bon Cinabrerendant ordinairement 14 onces de vif argent.

Aussi la plus grande propriété de ce minéral, estde donner un très excellent mercure, & le plus pro-pre , a ce que prétendent les Chymistes, pour par-venir a la perfection du grand œuvre. Il faut choi-sir le Cinabre minéral haut en couleur, le plus bril-lant , le moins chargé de roche qu’il se pourra.

U y a aussi du Cinabre artificiel, c’est-a-dire,une imitation du Cinabre minéral, naturel; il se faitpar un mélange de mercure ôt de souphre sublimés/& réduits en pierre. Le meilleur doit être haut encouleur, & en belles aiguilles.

Pour le faire, on prend trois onces de souphre com-mun, & quatre onces de vif-argent : lorsque cesdeux drogues ont été bien mêlées, on les met aurfeu , jusqu’a ce qu’une partie du souphre ait été con-sommée , ôt que la poudre demeure noire : on lessoblime eníuite une fois ou deux ; & alors on trou-ve un Cinabre pesant, ôt entremêlé de lignes , ouaiguilles ; les unes rouges, & les autres brillantescomme de l’argent.

Outre l’usege de ce Cinabre artificiel dans les ma-ladies vénériennes, les Maréchaux en font des pi-lules pour celles des chevaux, & les Peintres unecouleur d’un rouge assez vif, mais qui sèche diffici-lement. Quoique l’on fasse a Paris de cette sorte deCinabre, on le tire néanmoins presque toujours deHollande, d’où il vient, ou en pierre, ou toutbroyé.

On rend le Cinabre, ou vermillon, plus beau, sil’on y mêle, en le broyant, de l’eau de gomme gutteavec un peu de safran ; ces deux drogues l’empêchantde noircir. Voyez. Vermillon.

On peut faire aussi du Cinabre bleu, en mêlantdeux parties de souphre, trois de mercure vif, &unede sel armoniac : tout cela poussé au feu, & sublimé,produit un corps d’un très beau bleu ; au lieu que lesouphre ôt le vif-argent tout seuls ne donnent que durouge.

Com-