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Tome 1.
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I L- H C L O U»

Cloutiers Normans sont enfin parvenus, a fait en-tièrement tomber depuis vingt ans cette sorte deClouterie dv%»?Limouíîn.

Clous a bande , & a tete rabatue. CesClous, qui ne se fabriquent point ailleurs qu’enChampagne, du côte de S. Disier, servent a atta-cher les bandes de fer qu’on met aux. roues des car-relles , chaises, charrettes , &c. Ceux pour les car-rosses , Rappellent simplement Clous a bande ; ceuxpour les charrettes, qui sont infiniment plus forts ,& qui ont la tête plus large & plus élevée, fe nom-ment Clous a tête rabatue.

Les Clous a bande íe distinguent pour la gros-seur , par le poids du cent ; c’est-à-dire, que moinsil y en a au cent, plus ils sont gros. Ils se vendentau millier , c’est-à-dire, au compte. Les plus petitssont de 7 livres au millier ; puis suivent ceux de8,9, 10, n, & 12. Quand ils sont plus gros,ils se vendent au poids, & fe nomment Clous aupoids. Les Clous à tête rabatue se vendent tousau poids : il y en a de différente grosseur.

II n’y a guéres qu’à Charleville où l’on fasse desassortimens entiers de clouterie, fur-tout de Cro-quettes. La basse Normandie, particulièrement Tin»chebray, près Falaise, en fournit à la vérité pres-qu’autant que Charleville , de quelques-unes de cet-te dernière sorte : mais outre qu’on n’y fait aucu-ne Broquette à tête estampée, on n’y en fabriquedes autres, que de cinq espèces ; du quart, de de-mi-livre, des trois quarts, d’une livre, & de sixquarts ; toutes plus grosses dans leur qualité, &moins bien faites que celles de Charleville. Elless’y vendent à la fâchée, ou k la pochée, qui pèse60 livres ; à l’exception de celles d’un quart, quin’en pèsent que trente. Aussi ces Broquettes sem-elles moins chères que celles de Charleville.

La Broquette de Champagne en général, estmieux faite que celle de Normandie , mais moinsbien que celle de Charleville. Elle est plus chèrequ’en l’un & l’autre endroit ; & il ne s’y en faitqu’en petite quantité. Les Clouteries des environsde Troyes, excellent en Broquettes fines. Cellesde cette sorte, des environs de 8. Disier, sont aussitrès bonnes. Dans tous ces lieux, il ne s’en fabri-que aucune d’estampée ; & la Champagne les tire deParis, lorfqu’elle en a besoin.

La meilleure Broquette de toutes est celle qui sefait en Forêt ; mais elle y est si chere , qu’il ne s’entire point pour Paris : on la vend au millier.

Pour les Clous de la grande sorte, c’est-à-dire,qui ne sont point Broquettes, & dont le poids est de-puis 2 livres, jufqu’à 40 livres le millier, les meil-leurs se font à S. Disier ; ceux des environs de Troy-es viennent après ; ensuite les Clous de Forêt &de Liège , qui sont à peu près de même qualité}puis ceux de Normandie, d’Anjou, & des autresProvinces de France. On a déja remarqué que lesClous à bande , soit pour carrosse, soit pour char-rette , ne se fabriquent qu’en Champagne , aux en-virons de S. Disier.

II se fait à Paris de toutes sortes de Clous, à laréserve de la Broquette. Ils y sont de bonne fabri-que , mais chers plus qu’en aucun autre lieu. Outreles Clous à river ordinaires, qui se fabriquent partous les Cloutiers des Provinces, ceux de Paris enfont d’une sorte particulière, qui ont environ deuxpouces de long, fur différentes grosseurs ; ils serventaux Serruriers, pour attacher des pentures, des cou-plets, des charnières , & autres ouvrages de Serrure-rie de gros volume.

Toutes fortes de Clous de fer , & de Clouteries , pay-ent en France les droits d'entrée k raison de 12 fols ducent pesant ; & ceux de sortie, fur le pied de 8 fols ,suivant le Tarif de 1664.

Les droits de la Douane de Lyon pour la Clouterie,font de 2 fols par quintal d’ancienne taxation , Ù 6 folsDiction, de Commerce. Tom. L

CLOU. K94

de nouvelle réapréciation.

Clous a trois tetes , ou Clous a Cordon-nier. Ce sont des Clous de deux ou trois poucesde long, dont les Cordonniers & Savetiers se serventpour monter les talons de souliers. La tête de ceClou, qui est platte par-dessus , & de 4 oU J li-gnes d’épaisseur, est partagée en trois dans fa hau-teur , par deux espèces de rénures ; ce qui forme cestrois têtes. Ces entailles circulaires sont faites, afinque la pince, ou les tenailles allongées, les mor-dent plus fortement, pour retirer le Clou quand letalon est chevillé. Ces Artisans ont encore d’autresClous à brocher: ils n’ont qu’un pouce de long, &une tête très plate ; c’est avec quoi ils montent lesoulier sur la forme, quand l’empeigne & le quartiersont cousus ; ce qu’ils appellent Brocher un soulier.

Ce sont les Marchands de Crespin qui vendent lesuns & les autres.

Clous a Sellier. Ce sont des Clous à peu prèssemblables à ceux des Cordonniers, hors qu’ils sontordinairement plus petits. Ils servent à ces Ouvriers,à monter & établir leurs cuirs fur les bois de carros-ses , chaises , berlines, & autres tels ouvrages deleur métier, avant que de les arrêter avec la Bro-quette , ou de les clouer avec les Clous dorés.

Les Clous à. Cordonnier & à Sellier payent en Fran-ce les droits d entrée & de sortie , fur le pied de Mer-cerie ; fçavoir, 10 liv. à l entrée , conformément à l’Ar-rêt du Conseil du 3 Juillet 1692. & z liv. dia sortie ,du cent pesant , d moins qu ils ne soient dejìinés &déclarés pour être envoyés à í Etranger ; auqttel cas lesdroits de sortie ont été modérés À 2 liv. par le mêmeArrêt.

Clous de Chauderonnier. Ce sont de petiteslames de cuivre coupées en lozange, que les Chau-deronniers tournent en fer d’aiguillettes, & à laquel-le ils sont une espèce de tête, dans ce qu’ils appel-lent une Cloutiére. Ils se servent de ces Clous decuivre, pour clouer tous les ouvrages de mêmemé»tail qu’ils font j & leur rivure est si juste, que ja-mais l’eau dont on remplit les vases & vaisseaux quien sont cloués, n’y peut trouver le moindre passagepour s’ecouler.

Clou. Travailler au Clou. Terme de Nattier.C’est attacher le cordon de la natte qu’on trace, àun des Clous du treteau, qui sert à tenir l’ouvra-ge. Voyez. Natte.

Clou. C’est aussi le nom que les Fabnquans debasse-lisse donnent à une cheville, ou petite pincede fer, dont ils se servent pour faire tourner lesdeux ensubles, ou rouleaux qui sont aux deux boutsde leur métier. Voyez. Basse-lisse.

Clous. Les Marbriers appellent ainsi des nœudsou duretés qu’ils rencontrent dans les marbres entravaillant, & qui y tiennent proprement lieu de cequ’on nomme des nœuds dans le bois. Ces Clousne peuvent s’enlever qu’avec la marteline. Voyez,Marbre.

Clou de Girofle. Voyez Girofle. T

CLOUTERIE. Commerce de Clous. En ce sens,on dit, qu’un Marchand fait un grand négoce deClouterie, On se sert aussi de ce terme pour exprimerle lieu où l’on fabrique des Clous : II y a à Char-leville une excellente Clouterie. Enfin, Clouterieest un mot generique, qui comprend quelquefoistoutes les espèces de Clous. La Clouterie qui se faità Paris, est admirable ; pour dire, que toutes sor-tes de clous de Paris sont bons. La Clouterie faitpartie du commerce des Marchands de fer de Pa-ris , qui n’y font pas une Communauté particulière,mais qui sont du Corps de la Mercerie.

CLOUTIER. Celui qui fait & vend des Clous.

Les Cloutiers font une des Communautés des Arts& Métiers de la Ville & fauxbourgs de Paris. 11 s senomment dans leurs Statuts, & dans les Lettres pa-tentes des Rois qui les confirment, Maîtres Cloutiers,

T t z Lormi-