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Tome 1.
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ioo t COCHÉ.

usage parmi les Cardeurs. Ils s^en servent demême que les Chapeliers , pour arçonner leurslaines & leurs cotons, après qu'ils ont été car-dés. Voyez. Arçon , & Arçonner. Voyez, aujji Cha-peau.

Coche. G’est auffi le nom de la truye, lorsqu’elleest vieille & grasse, & qu’elle a fait plusieurs portées.Outre les gorets , & petits cochons de lait, qu’elledonne en grand nombre deux fois Tannée, elle four-nit encore pour le négoce & les Manufactures , lesmêmes choses que le porc ou verrat, qui est son mâ-le. Voyez. Porc.

* COCHENILLE. Drogue qui sert à teindre enrouge , & qu’on emploie sur-tout dans les cramoisis& les écarlates.

La Cochenille, dans l’état où Ton nous Tapportedu Mexique , le seul endroit où elle croisse , est enpetits grains de figure assez irréguliére , ordinaire-ment convexes d’un coté , fur lequel on aperçoit desespèces de canelures , & concaves de l’autre®: decouleur de pourpre intérieurement, 6c à l’extérieurtantôt d’un roux noirâtre, tantôt d’un gris de cen-dre un peu mêlé de rouge. Celles qui ont cettecouleur passent pour les meilleures. Leur contourapproche de la figure ronde, ayant souvent quel-ques enfoncemens, plus ou moins marqués fur dif-férons grains. On trouve en un mot, entre cesgrains toutes les irrégularités qu’a pu prendre, eníè desséchant, un corps qui a été mol. On n’a lùd’abord de cette drogue d’autres circonstances, si-non qu’on la recueiiloit au Mexique fur certainesplantes ; d’où il etoit assez naturel de penser , quec’étoit un fruit. Mais ceux qui font observée avecdes yeux éclairés & attentifs T ont bientôt soupçon-née d’être un animal.

Le Père Plumier en 1690. fut le premier qui assu-ra que la Cochenille étoit un infecte, qui naît &croit dans le Mexique fur une espèce d ''Opuntia ouFiguier dinde. ( Voyez Figuier. ) II communiquapar lettres cette découverte a Pomet , qui la publiadans son Hifioire des Drogues. M. Hartjoeker en 1Ò99.M. de la Hire en 1704. 6c M. Geoffroy en 1714. ontdécidé sur d’excellentes preuves que la Cocheniileest un insecte desséché. Leur décision a été authen-tiquement confirmée par T ouvrage de M. de Ruyschersur la Cocheniile, imprimé a Amsterdam en 1729.& où cette question d’Histoire naturelle a été traitée& décidée juridiquement.

Les pièces qu’on a fur la Cochenille, tirées des in-formations prises a Antiguera dans la N. Espagne,où se fait le plus grand négoce de Cochenille, 6cinférées dans cet ouvrage, nous apprennent, quece font de petits animaux vivans, qui marchent, mon-tent & cherchent leur pâture, qui font des petits,pas plus gros que des lentes, des mitres, ou que lapointe d’une épingle ; qui ont des yeux , un bec,des pattes 6c des griffes j qui ne changent point deforme comme les vers à foie, mais qui engendrentdes animaux configurés comme eux , qui ayant crujufqu’a leur perfection ressemblent fort en grosseur& en couleur a la forte de vermine appellée en La-tin Ric inus , en François Tique.

Pour élever ce qu on appelle la fine Cochenille , ilfaut, lorsque les Cochenilles qu’on a gardées de lapremière récolté ont assez grossi pour suporter l’air6c pouvoir bientôt faire des petits, en mettre 12ou 14 ensemble dans un P asile : ( ces pafiles fontde petits nids comme ceux des oiseaux, & faits ex-près par les Indiens, d’une paille ou foin fin &doux, ou d’une mousse d’arbres, ou de la bourrela plus tendre qui envelope les noix de Cocos.') CesFailles ou petits nids doivent alors être mis avecleurs bestioles fur des plantes de Nopal ( efpéce defiguier des Indes dont les feuilles font épaisses, plei-nes de suc, & un peu épineuses, & dont le fruit ap-pellé figue d’Inde a la propriété de teindre en un

COCHENILLE.

rouge de sang l’urine de ceux qui en mangent, )qu’on a eu foin de semer & de bien cultiver : aicrsd ms l’efpace de 2 a 4 jours ces animaux font une in-finité de petits dans leurs nids z & peu de rems aprèsles mères meurent. Les petits cependant sortant deleurs nids montent le long du Nopal , s’y attachent& en sucent le suc qui est leur unique nourriture :on obíerve que ces petits animaux cherchent tou-jours les endroits de la plante les plus verds pour ytrouver une nourriture plus abondante & meilleu-re , & qu’iís fe mettent auss aux endroits les plusa l’abri du vent pour fe garantir du mauvais tems.Pendant que ces bestioles s’éiévent, il en faut avoirun très grand foin pour empêcher qu"aucune ver-mine ne les incommode & ne les tue ; ìí^aut lestenir nettes 6c les débarrasser de certains fils, quicomme des toiles d’araignécs croissent fi.tr les No-pals , & les défendre du trop grand froid 6c du tropgrand chaud, parce que les fines Cochenilles étant fortdélicates en pourroient mourir Cependant la Coihe-nille fylvefìre ou sauvage , qui multiplie d’elle -mê-me fur des Nopals crus fans culture, doit essuyertoutes ces incommodités ; auffi étant tuée , elle estsi peu de chose, de si peu de valeur , si grumeleu-se, 6c d’une si mauvaise odeur,' qu’elle n’est compa*r able en rien a la fine Cochenille.

11 fe fait trois recolteS de Cochenille ; la premiè-re est des mères, qui après avoir fait leurs petits fetrouvent mortes dans leurs nids ; environ fou 4mois après, selon que le climat ou la difrositionde Tair le permet , & lorsque les premiers petits fonten état d’en faire d’autres , & même en ont déja faitquelques-uns, les Indiens les enlèvent de dessus lesNopals avec beaucoup de précaution par le moyend’une efpéce de pince au : ce qui s”appelle la f cou-de récolté, ou la première des petits qui om été nour-ris 6c élevés dams le grand air.

Trois ou qu itre mois encore après on enlève laseconde couvée ou génération des petits qui font nésfur le Nopal , 6c qui y étant devenus grands & grosy ont aussi fait les leurs ; mais avec cette différencequ’on enlève alors de dessus la plante, les petits 6çleurs mères , ce qui fait que cette seconde récoltés’appelle en Espagne granilía, diminutif de grana,nom qu’on donne à la première , parce que les co-chenilles qu on rassemble alors font d’une grosseurégale & raisonnable. Ou garde en vie un nombrede ces jeunes fur des Nopals couvés cu tirés de ter-re 6c ferrés dans ta maison pour nourrir ces bestio-les pendant la saison des piuyes ; car ces Nopals ouFiguiers des Indes íont fort humides & peuvent,quoique déracinés, durer iot.g-tems fans lécher nife pourrir : ce font ces petits conservés de la pré-cédente récolté, qu’après les piuyes on met dansdes nids fur les Nopals, & qui deviennent les mèresde ceux de Tannée suivante.

On fait mourir cet insecte de trois manières , fça-voir dans seau chaude , d ans des Tamafcales ou pe-tits fours faits exprès, enfin fur des Comales oupoêles plates, íous lesquelles on met ie feu. Cestrois diff rentes manières donnent a la Cochenilletrois différentes couleurs ; ia première ìa rend d’unbrun roux,. 6c lui fait perdre dans i’eau le blanc ex-térieur dont la Cochenille vivante est comme cou-verte. La seconde la rend cendrée, marbrée ou jas-pée , tant à cause du blanc naturel dont eile»étoitcouverte étant en vie, qu’a cause de la couleurrouge 6c transparente de la Cochenille même. Latroisième maniéré la rend noire comme fi elle aveitété brûlée. La couleur de Cochenille la plus estiméeest un gris qui lient de T ardoise , mêlé avec du rou-geâtre ) 6c qui est poudré de blanc.

Des mères mortes d’elles-roêmes après avoir futleurs petits, quatre livres n’en rendent qu’une é-tant fèchèes ; mais trois livres des vivantes qui ontété ôtées avec précaution de dessus les Nopais , ayant