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ïoq$ CO CHENILLE.
été tuées .& séchées , en rendent une livre.
Mais pour s’assurer que la Cochenille est un in-secte , il n’étcit pas nécessaire de recourir a des ob-servations venues du Méxique : il suffisoit de s’yprendre comme ont fait les Auteurs nommés ci-des-sus ; de mettre tremper dans l'eau ou dans le' vi-naigre quantité de grains, de les y laisser renfler ,& de les observer ensuite avec une bonne loupe ; caralors un observateur peut aisément reconnoître quechaque petit grain est le cadavre d’un insecte : ony découvrira les anneaux dont le corps est compo-sé, & assez de fragmens de diverses jambes, pours’asturer que l’insecte en a 6 & pas davantage.
Pour avoir une idée du profit que le Mexique ti-re de 1® Cochenille , on dira, après une dissertationenvoiée d'Amsterdam a M. Du F ay par M. de Neuf-ville en 1736. qu’il arrive en Europe chaque an-née 8800Ó0 livres pesant de Cochenille, & que letotal de la vente de cette Cochenille est, année com-mune, d’environ 7410000 florins de Hollande, oui?0^0690 liv. argent de France. Un st grand ob-jet de commerce , observe M. de Reaumur , seroittien digne d'être envié au Mexique par les pluspuilímsEtats de l’Europe. II est même surprenant,qu’ils n’ayent pas fait encore fur cela toutes les ten-tatives possibles. Ceux qui ont des Colonies en A-mérique , ont certainement des climats où pourroientcroître les mêmes espèces de Nopals qui croissentdans le Mexique, & fur lesquels probablement lesCochenilles pourroient vivre & fe multiplier. CesCochenilles qu'on garde dans les maisons pendantl’hiver , & qui n’y périssent pas, pourroient appa-remment être transportées, dans la même saison oudans d’autres, fur des vaisseaux fans y périr. C'estune vue que notre Auteur a communiquée autre-fois k feu M. le Duc d’Orléans, & qui lui plût beau-coup.
Mr. DuHamel Médecin, Correspondant de l’Aca-démie a S. Domingue, y a observé une espèce deCochenille qu'il croit être la même que celle du P.Plumier. II en a envoyé a M", du F ay & Jujfìeu ,mais elle n’a fait prendre a l'eau qu’une foible tein-ture d’un assez mauvais rougeâtre. L’espéce de cel-le du Mexique pourrcit bien être a 8. Domingue ,quoiqu’on ne l’y ait pas encore découverte , ou dumoins pourroit-elle y être transportée. Du reste ily a toute apparence, dit nôtre Auteur, que le Me-xique ne restera pas toujours seul en possession decette précieuse drogue, & qu’il arrivera k la Coche-nille ce qui est arrivé aux vers k soie , qui ont ététransportés des Indes dans les Pais qui peuvent leurfournir des feuilles de meurier. Mr. de Neufville n’apas oublié de remarquer que la Cochenille, quel-que tems qu’on la garde, ne fe corrompt point, &que quelque vieille qu’eile soit, elle est tout aussibonne pour la couleur que la plus récente : ce queMr. Marchand a confirmé k nôtre Auteur.
Voici les distinctions que Mr. Savary donne decette Drogue.
La plus précieuse Cochenille, dit-il, est celle quivient du ver qui croît sur le Tonna : les MarchandsEpiciers, & les Teinturiers , Rappellent Cochenillemejléque ; elle s’employe dans les plus belles teintu-res.
U y a aussi de la Cochenille Campetiane, de laTesquale , & une autre Sylvestre, qu’on nommeSylvestre commune , bien différente de celle desIndes.
La Campetiane n’est autre chose que les cribluresde la Mesteque, ou la Mesteque même, qui a déjaservi a la teinture. Voyez. Carmin.
La Tesquale, autrement Tétrechalle, est la terrequi se trouve mêlée avec la Campetiane.
Pour la Sylvestre commune , c’est une Cochenil-le de graine , qui se recueille sur les racines de lagrande pimprenelle, appellée en Latin Pimpinella[anguiforba.
C O C H O. 1004
Ces sortes de Cochenilles étant d'une bonté , &d’un prix au-dessous des vraies Cochenilles, ne ser-vent qu’a teindre de petites étoffes.
La Cochenille arrive ordinairement a Cadix enEspagne, sur les Galions, qui y apportent les tré-sors du Mexique & du Perou ; & de la elle est trans-portée en Hollande , en Angleterre , & a Marseil-le , d'où les Marchands Epiciers & Droguistes deFrance la tirent. Voyez Rouge, Û Fíguíerd’In»de.
Le Tarif général de France de Vannée 1664. dis-tingue diverses sortes de Cochenilles , qui payent lesdroits d’entrée dans le Royaumefur differens piés,suivantleur degré de bonté.
La Cochenille mesteque , a. laquelle le Tarif jointla demi-mesteque & la teschale , paye 40 liv. le centpesant.
La Cochenille Campeschiane , ou Campetiane , 20 liv.
Et la Cochenille Sylveftre commune , comme la moin-dre do toutes, seulement 10 liv. pareillement du centpesant.
A l’égard des droits qui se payent pour cette drogue àla Douane de Lyon, ils font réglés à raison de 10 liv.d!ancienne taxation , & 27 liv. 10 sols de nouvelle réa-préciation.
Commerce de la Cochenille a, Amfterdam.
La Cochenille coute ordinairement a Amsterdamdepuis 47 jusqu’a 48 sols de gros la livre j elle fevend au poids d’Anvers. Mais comme elle fe pèse aupoids d’Amsterdam qui est de quatre pour cent pluspesant, voici comme s’en fait le compte.
Une balle Cochenille pesant x x j livres.
Tare 1. 1 §. 7 3
Bon poids U. J
Net 112 1.
a 48 f. de gros, fl. 1612. xâ
Augmentation de 4 pour cent 64. 10
fl. 1677. 6
Déduit 2 pour Z pour prornt payement 16. 15. 5
fl. 1660. 10. 7
Tout ceci est tiré du Traité du Négoce d?Amster-dam , de M. Jean Pierre Ricard , imprimé en 1722.k qui l’on est redevable de quantité d’autres excel-lentes choses dont on a enrichi ce Dictionnaire,
-j- Elle fe vend k présent a Marseille environ 16liv. de France,
COCHENILLAGE. C’est la décoction, ou bouil-lon fait avec la cochenille, dans lequel fe teignent encramoisi, ou écarlate , &c. les draps, laines, & au-tres étoffes.
COCHENILLER. C’est mettre les étoffes a uneteinture faite avec la cochenille.
COCHINES, ou MARACAS. On appelle ainstdans le Perou, les petits vases qu’on attache au boutdes branches coupées de l’arbre qui distille le baume,pour recueillir cette précieuse çomme, qui coule parl’ouverture de la branche incisée. Voyez Baume duPerou.
COCHOIS- Outil de buis, dont les Epiciers-Ciriers fe fervent pour équarrir leurs flambeaux,tant de poing, que de table. Voyez Cierge , ÙCirier.
COCHON. Animal domestique , dont on tirequelque utilité pour le commerce, & les Manufac-tures. Voyez Porc.
Les Cochons de lait payent en France les droits desortie à raison de z s. la pièce, conformément au Tarif cte1664.
On appelle L'anguayeurs de Cochons , certainsOfficiers commis pour faire la visite des animaux de
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