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Tome 1.
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C O I G N A S S.

COIN.

pommes, d’un gros fruit jaune, dur, acre, & quin’est ban qu’k faire des confitures, marmelades , co-tignac, &c. n’akpeu près d’autre utilité que cellequ’on peut tirer de son fruit pour les délices de la. table. Cependant il est aussi fort employé dans laMédecine , comme nous le dirons ci-apres. Les Sa-vans veulent qu’il yen ait de deux espèces , l’un mâle& l’autre femelle, ce qui est une pure chimère : il.n’y a que cette feule distinction a faire , savoir :

Quand les pies font vigoureux, qu’ils ont f écor-ce unie & noirâtre , & qu’ils font de beaux jets , ilspassent pour Coignasjìers ; & quand ils font rabou-gris & chétifs , ayant l’écorce raboteuse , ils passentpour Coigniers , & ne font nullement propres a lav .greffe ; remarque très importante pour les endroitsoù l’on cultive ces fortes d’arbres , & où l’on en faitun gros commerce.

Les Cognassiers fervent particulièrement, en faitd’arbres fruitiers, pour y greffer des poires , soit enfente quand ils font gros, soit en écusson, quandjls font k peu près de la grosseur d’un pouce, ouun peu plus.

Ce n’est pas assez d’avoir dit ce que c’est que le.Coignassier ; il est de plus a propos de donner desrégies a peu près certaines pour en conserver l’ef-■'péce, ou pour le faire servir a greffer. Si l’on.est curieux de cette science, on observera de negreffer qu’en Février ou Mars far des arbres qui fontde grosseur depuis un pouce de diamètre, juíquesà io ou 12 pouces de circonférence , & même da-vantage : cette saison est bonne même pour toutessortes d’arbres fruitiers.

A l’égard de la greffe, en écusson, quand l’arbreest a peu près, comme nous l’avons déja dit, de lagrosseur d’un pouCe , ou un peu plus , on s’en ser-vira pour les fruits a pépins & a noyau , si c’est dansle tems de la pousse ; cette forte de greffe fe doitfaire aux environs de la St. Jean; & si c’est a osildormant, vers la mi-Aoùt, ou vers la mi-Septem-bre ; observant toujours que quelqu’arbre qu’on aitk greffer , il ne le faut faire qu’au déclin de lafève.

Nous avons promis d’indiquer futilité du fruit decet arbre dans la Médecine, & que non seulementil peut être préparé pour les délices de la table,mais encore qu il est d’une très grande utilité pourremédier aux excès qu’on y fait très souvent.

On l’ordonne dans le cours de ventre, dans lesindigestions, dans les faiblesses de l’estomac, mala-dies qui proviennent d’avoir abusé de ses forces".

Les pépins ou semences de coins, font incrassans,& adoucissais ; on en compose un remède excellentpour soulager les hémorroïdes : voyez les Maîtresde Part fur la préparation.

Il ne faut donc pas être surpris, si le Coignas-sier est d’un très grand objet de Négoce , pour i’Or-léanois, & lieux circonvoisins de la Ville de Paris.

ss Les Anciens avoient reconnu de grandes vertusdans ce fruit, dont on a malheureusement perdu l’u-sage. Sa chair, ou son suc, étoit un excellent re-mède contre les poisons, ou les venins qui viennentdes végétaux. Les blessures des flèches empoisonnéesfe guériffoient facilement par l’ufage de ce fruit :

' c’est ce que les Turcs, & les Espagnols avoient trèsbien expérimenté dans le tems que cette espèce d’ar-me étoit en pratique. Aujourd’hui, il est vrai, on nefe sert plus d’armes empoisonnées, & c’est a causede cela fans doute que l’ufage des coins s’est perdu.Mais il arrive des empoifonnemens d’une autre façon,& souvent par ignorance ; comme de manger en sa-lade ée la ciguë pour quelqu’autre herbe; d’avalerpar mégarde du Napellus, ou quelque autre végétalvénéneux , par un qui pro quo d’Apoticaire ; de man-ger des bayes de tìella dona , pour des cerises, com-me cela arrive quelquefois parmi les enfans, qui entrouvent dans des bois. Il est certain que les coins,

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dans ces cas la, feroient le meilleur remède.

On a de même perdu l’ufage d’arrêter les coursde ventre, & les vomissemens, par les gelées de coins,ou par le Cotignac fidèlement bien fait. II y a plusd’un siécle , que d’habiles Médecins en faisoient l’é-loge pour ces cas. L’ufage des coins, immédiate-ment avant le repas, arrête les selles , en fortifiantles premières voies, & peu après le repas , les ex-cite en opérant de même ; c’est ce qui a été confir-mé par les mêmes Anciens ; St en cela la raison s’ac-corde très bien avec l’expérience.

Les pépins de ce fruit donnent par infusion un mu-cilage qui fait des merveilles dans les brûlures, dansl’acrimonie des humeurs, dans finflammation desyeux, dans les gerfures des mammelons, dans les dou-leurs des hémorrhoïdes, & dans les sécheresses de lalangue qui accompagnent les fièvres malignes.

Le Coignier & le Coignassier font un genre d’Ar-bre qui apartient, par fa fleur rosacée, a la XXI e .Classe de M. de Tournefort , laquelle comprend fouselle six espèces dont les fruits font en usage, tantpour la table, que pour la Médecine , & par con-séquent utiles dans le Commerce de certains pais.

COIN. Fruit que produit le Coignassier. Sonodeur, qui est très forte, n’empêche pas qu’on nele mange quelquefois cru, ou cuit fous la cendre,ou en compote ; mais son usage le plus ordinaire,est de servir a cette espèce déconfiture, ou de vinbouilli , qu’on appelle du Raisiné', & encore davan-tage aux vraies confitures de coins, ou a la geléequ’on en fait, qu’on nomme Cotignac.

Les Coins en confiture font de deux fortes; lesuns rouges, & les autres blancs. Les rouges pren-nent cette couleur avec une décoction de cochenil-le , & de vin rosé. Les meilleurs Coins confits vien-nent d’Orléans, de Nevers, & d’Auvergne; les unsen pots de fayence, plats , comme font la plupartdes pots a confitures de Paris; les autres dans delarges pots aussi de fayence, mais qui ont un piedpar dessous, en forme de soucoupe.

Les Coins confits payent en France les droits d’en -trie & de sortie , fur le pied de confitures ; savoir ,pour ceux d entrée , 7 liv. 10 f du cent pesant ; & pourceux de sortie , seulement 5 liv. Voyez Cotignac.

* Com. Est aussi un outil de bois, ou de fer,suivant "les ouvrages auxquels il est destiné , & quisert a fendre, ouvrir & couper les matières, qu’onveut séparer en plusieurs parties. Le Coin est unemachine simple , qui a la sigure d’un triangle soli-de , & qui forme au point de concours de ses plansinclinés, un angle très aigu. C’est par cet angle quele Coin entre, & qu’il fait effort fur les corps qu’onveut ouvrir.

Entre les Coins des Serruriers , il y en a un ,qu’on nomme le Trenchoir à refendre. Voyez Tren-

CHE.

Les Tailleurs dé pierre, Carriers, Tailleurs degrès, &c. ont des Coins de fer, pour ouvrir &casser les masses de pierres, ou degrés.

Les Coins des Carriers font au nombre de six ,dont le dernier, & le plus petit, s’appelle Moilon~nier , parce qu’il sert k couper & tailler le moilon.Les deux plus gros ont 18 pouces de long, & pè-sent 2*0 a 22 livres. Les autres n’ont que 4pouces,

& pèsent 3 livres , ou 3 § livres. Ces Coins fer-vent k couper la pierre, & a la faire partir , en lesappuyant des deux côtés par d’autres espèces deCoins de bois de chêne, qu’on appelle des Pomel-Irs. C’est avec des maillets de fer, qu’on pousse lesCoins de fer. Voyez Carrier,

Les Maçons & Charpentiers en ont de bois, pourplacer, serrer, & élever leurs ouvrages.

Les Imprimeurs appellent aussi des Coins , de pe-tits bois aiguises par un bout, dont ils fe fervent »pour ferrer & tenir en état leurs formes d’ímprime-rie. Voyez Imprimerie.

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