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La seconde espèce de Commerce en gros, est ce-lui qui se fait avec FEtranger, en y envoyant lesmarchandises, drogues , & fabriques du cru duRoyaume, qui font propres aux Nations avec quison trafique ; ou en tirant d’elles ce qui fe fait, ouqui croît chez elles, dont la France a besoin ; ou en-fin en prenant chez les unes, pour porter aux autres;& de toutes ensemble, ce qui convient au négocequ’om fait.
Ce second Commerce en gros, est proprementborné aux Etats de l’Europe. Mais l’on peut dire,que la troisième espèce embrasse •'tout le reste de laTerre , ou déja découverte, ou qui reste a décou-vrir. C’est le Commerce des voyages de long cours ,trop vaste pour des particuliers , òc qui ne se faitbien que par des Compagnies capables d’en soute-nir la.dépense, Sc d’en attendre patiemment les pro-fits. Ils font immenses , quand une fois les Com-pagnies íe font bien affermies ; mais ils ne répon-dent pas toujours d’abord à l’espérance impatientede ceux qui y ont mis leurs fonds. On peut voirdans le troisième Chapitre du Livre premier de la se-conde Partie du Parfait Négociant , d’excellens con-seils , & de sages maximes pour ces trois sortes de Com-merce en gros.
Commerce en détail. C’est celui où les mar-chandises se vendent dans les boutiques , ou mêmedans les magasins, a i’aune, a la livre , au boisseau,& a la pinte, ou leurs diminutions, suivant les dif-férentes espèces & qualités des choses dont on trafi-que.
On peut, comme au Commerce en gros, fairetrois classes du Commerce en détail.
La première, est celle des Marchands qui ne ven-dent que des marchandises considérables , telles quefont des draps d’or, d’argent, de foie , & de laine ;les étoffes de lainerie fine, comme serges , ratines,camelots ; les dentelles d’or , d’argent, de fil, defoie ; les toiles , le fer, la quincaillerie , la jouaiiie-rie, les drogues, les épiceries, les pelleteries , labonnéterie, & autres semblables.
La seconde classe du Commerce en détail, est,pour ainsi dire , mixte. Les marchandises ne fontpas íî importantes que dans la troisième. On y venda la vérité , de la menue mercerie ; mais on y débiteaussi quelques marchandises de plus haut prix, com-me des bazins, des futaines, des étamines, des ser-ges d’Aumale, des droguets , des rubans , de labonnéterie, & des toiles de qualité médiocre, ou au-tres de cette forte.
Enfin, dans la dernière classe des Marchands endétail, on ne débite que de la menue mercerie; &c est pour cela qu’ils font ordinairement appellésMerciers, quoique la plûpart de ceux des deux au-tres classes.soient aussi du Corps de la Mercerie.
C’est dans les boutiques de ces petits Merciers queceux qui en ont besoin, trouvent en si petite quan-tité qu’ils le veulent, du fil & de la soie par éche-veaux ; du rouleau, du ruban, du galon a Faune, &au-dessous ; des couteaux, des rasoirs, des ciseaux,des épingles, des égailles, des palettes, desvolans,des raquettes, des toupies, & ce nombre presqueinfini de bijoux, de jouets d’enfans , & d’autres pe-tites marchandises dont on a fans cesse besoin dansles ménages, sur-tout du petit peuple, pour l’usage& la commodité.
Ce ft. ans au Parfait Négociant qu on peut avoir re-cours , pour y trouver des régies pour le Commerce endétail, & s’y instruire ct fond des moyens de V exercer avechonneur, avec furet é , & avec prost ; & de s ouvrir lechemin qui a conduit tant de Marchands, qui ont f aitce négoce, à des fortunes qui égalent, f elles ne surpas-sent pas quelquefois , celles qu on fait dans le Comthercee n f r os.
Commerce d’Argent. C’est le Commerce desBanquiers, ou des Marchands qui font des traites,
& remises d’argent dans des lieux éloignés, poufles personnes qui en ont besoin ; c’est-a-dire , quirecevant de l’argent comptant, donnent à la placeun écrit signé d’eux, qu’on appelle Lettre , ou Bil-let de Change, par lequel ils tirent sur les Corres-pondans qu’ils ont dans les Villes du plus grand né-goce de l’Europe, la somme qui leur a été comptée,pour être payée a celui qui se trouve chargé de leurbillet, déduction faite néanmoins des Changes ,Rechanges , ou autres droits de Banque qui íontdûs.
Rien n’est plus utile , ni plus commode , que leCommerce d’argent, Ait pour F Etat, soit pour lesParticuliers, lorsqu’il se fait avec honneur & avecfidélité. Pour le faire , il n’est question que d’avoirdes fonds, & des Correspondans. En France, leFrançois, & l’Etranger le peuvent faire également ;& il semble même que pour y mettre plus d’égaìi-té, on ait exprès lai fié abolir par le non-usage, l’Or-donnance de Charles IX de 1563, celle de Blois de1579. & celle d’Henri III de 1 j8i. qui toutes enjci-gnoient aux Etrangers faisant trafic de deniers, dedonner caution avant que de fentreprendre. Voyez.Banque, C?” Banquier.
II y a une autre forte de Commerce d’argent, qùiest défendu par les loix divines & humaines ; c’est lenégoce usuraire de Fargent, que, fans aliéner lefond , l’on prête à gros intérêt : Commerce qui est,k la vérité, la malheureuse ressource de la jeunesse ,sur-tout des enfans de famille, mais qui auffi en estinfailliblement la ruine. Voyez Usure.
Commerce en Papier. II est, comme le Com-merce d’argent, de deux sortes ; l’un licite, & l’au-tre illicite. Le Commerce de papier licite , est celuiqui se fait fans aucune espèce d’or & d’argent, ouautre monnoie ayant cours : mais seulement avecdes Billets, Lettres de Change, Souscriptions, Or-donnances , Billets de Banque , Assignations , Ac-tions de Compagnies , ou autres semblables bonspapiers , que le débiteur cède a son Créancier , &que le Créancier consent de recevoir volontairement,& sans perte , pour le payement de son dû. On trai-te ailleurs de cette'efpéce de Commerce en papier , & l’ony explique comment se fait le virement de parties furles Registres publics des Banques , ou il y en a d’éta-blies , comme à Amsterdam , & à Venise. Voy. Ban-que , Virement, Action.
A Fégard du Commerce illicite de papier , c’estcelui qu’on nomme en France Agiotage ; & de sonnom , ceux qui s’en mêlent,. Agioteurs. 11 consisteh acheter a moitié , & aux trois quarts de perte ,quelquefois davantage , ces papiers que les besoinsde F Etat n’introduisent que trop souvent ; & de lesredonner pour leur prix entier , a ceux que la mal-heureuse situation de leurs affaires , ou le seul liber-tinage , obligent d’avoir recours a ce moyen rui-neux d’avoir de l’argent ; afin de les retirer d’eux ,encore a perte, sous des noms empruntés.
C’est ce honteux Commerce qui a été si juste-ment puni, & noté d’infamie par la Chambre deJustice, établie en partie pour en connoître, dansla première année du Régne de Louis XV. Maisavec quel succès ? C’est ce qu’il n’est pas aisé dejuger ; ou plûtôt, on prévois aisément que ces ex-emples de sévérité ne seront point capables d’arrê-ter le mauvais Commerce de F Agioteur, puisqueendant les exécutions les plus vives de cette Chant-re , on a vû les Billets de l’Etat, sagement ima-ginés pour en acquiter les dettes, en proie k l’a-giotage, de même que l’avoient été les Promessesdes Gabelles , les Billets des Monnoie, & les autrespapiers; de Fissure desquels F Agioteur étoit alorsobligé de rendre compte.
Commerce Précaire. C’est celui qui se fait parune Nation, avec une autre qui est son ennemie,par le moyen d’uue troisième, qui est neutre, &
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