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Tome 1.
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La coutume qui s’observe en Angleterre, n’estpeut-être pas moins sage; elle permet aux Cadetsdes plus grandes Maisons, de laitier dormir leur N o--blesse, comme on dit dans la Bretagne Françoise,& de s’enrichir par toute forte de Commerce lici-te , pour soutenir un Nom, qui sans cela leur de-viendroit a charge : inconvénient qui ne se fait sen-tir que trop souvent chez une Nation voisine, plussçavante, a ce quelle croit, sur le point d’hon-neur, mais moins intelligente fur son véritable in-térêt:

On peut encore ajoûter 'a l’honneur du Commer-ce , que quelques Princes d’Italie se regardant com-me les principaux Négocians de leurs Etats, ne dé-daignent pas de faire servir leurs propres Palais,de magasins a leurs plus riches Manufactures. Onvoit même plusieurs Rois da l’Asie, aussi-bien quela plupart de ceux qui commandent fur la Côted’Afrique & de Guinée, exercer le négoce avec lesEuropéens, par leurs Commis, & souvent par eux-mêmes.

Le Commerce, fur le pied qu’il est présentement,se divise en Commerce de terre , & en Commerce demer ; en Commerce de proche en proche , & en Com-merce par des Voyages de long cours ; en Commerceintérieur , & en Commerce extérieur ; enfin en Com-merce en gros , & en Commerce en détail.

Commerce de Terre. C’est celui qui se saitde Ville en Ville , de Province en Province , ou deRoyaume en Royaume, par la voie des charrettes,des chariots , & autres voitures roulantes, ou fur ledos des chevaux, des. mulets, des chameaux, &semblables animaux. II s’exerce encore par le moyendes barques & des bateaux, fur les rivières, lacs,étangs, & canaux. Enfin , dans les Pais du Nord,lorsque la terre est couverte de neige, les marchan-dises se voiturent sur des traîneaux tirés par deschevaux ; assez souvent même , & sur-tout dansquelques Provinces dépendantes du Czar , du Roide Suéde,& de celui deDanemarc, au lieu de che-vaux d’attelage, on se sert de rennes, espèce depetits cerfs, qui courent fur la neige avec une légè-reté inconcevable.

La fureté des grands chemins, & la commoditédes voitures & Voituriers publics, dont on jouitdans la plupart des Etats de PEurope , donnent auxMarchands une grande facilité pour le Commercede terre. Ces établilì'emens avantageux ne' font pointd’ufage dans les Etats de l’Asie & de P Afrique ; &de la s’est introduite la nécessité de n’y marcher qu’encaravanes. Elles partent dans des terris réglés, desprincipales Villes de l’Orient, & font composées demaniéré que les Marchands & les Voyageurs ras-semblés , forment une espèce de corps d’armée, pourtraverser des deserts, & se garantir de la viol m cedes voleurs, particulièrement des Arabes. Voyez. Ca-ravane.

Commerce de Mer. II se fait dans toutes lesparties du Monde , où l’on peut aborder par mer ,soit sur l’Océan, soit sur la Méditerranée, soit dansles mers particulières, qui ne sont pourtant que desparties de ces deux principales ; telles que la merRouge, la mer Blanche, la mer Noire, la mer Bal-tique , la mer Glaciale, &c.

Les risques qu’on court en tout tems fur mer,de la part des Pirates, & dans les tems de guerre ,par les courses des Armateurs, obligent les Com-merçans d’assurer les marchandises , & souvent lesvaisseaux & bâtimens fur lesquels on les charge.Voyez. Assurances, & Chambre des Assurances

Commerce de proche en proche. II se ditquelquefois du Commerce de terre, quand le négo-ce qu’on fait n’oblige pas à de grands voyages pourle transport des marchandises. Mais on donne ce nomplus proprement, & plus ordinairement au Commer-ce de mer qui se fait sur les Côtes du même Royau-

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me , ou dans les Ports des Royaumes étrangers legplus voisins. C’est ainsi que les Normands qui trafi-quent en Bretagne, les Rochellois & les Maiouins,qui envoyent leurs vaisseaux eri Guienne; & lesProvençaux qui les frettent & les chargent pour lesCôtes d’Italie, ou pour quelques Ports d’Espagne,sont censés faire le Commerce de proche en pro-che. En effet, ces différens lieux, pour lesquelssont destinées les marchandises, ne sont pas extrê-mement éloignés des Ports où les Négocians en fontle chargement.

Commerce par des Voyages de long cours.Son nom explique assez ce que c’est. II semble com-prendre tout le Commerce qui se sait nar mer, dansdes Pais éloignés. En ce sens, le Commerce duLevant, & celui du Nord, pourroient en quelquesorte être censés compris fous ce titre : cependantil ne se dit communément, & ne s’entend guéresque du Commerce où l’on est obligé de palier laLigne. II désigne principalement, ou celui pour le-quel les vaisseaux doublent, d’un côté, le Cap deBonne Espérance -, pour aller aux grandes Indes,a la Chine, dans le Golfe Persique, &c. ou celuipour lequel ils embouchent les Détroits de Magel-lan & de le Maire, pour pénétrer dans la mer duSud, soit pour y commercer fur les Côtes de l’Amé-rique Espagnole, soit pour reprendre par le Midi,la route des Isles Mariannes, des Philippines, desMoluques, &c.

Commerce intérieur. On doit concevoir parla, celui que les Sujets d’un même Prince font en-tr’eux , dans l’étendue seulement du même Etat,dont ils sont sujets : quelquefois il s’exerce par ter-re , de Ville en Ville, & de Province en Province :quelquefois on le fait par mer, soit d’une extrémi-té de i’Etat a l’autre, comme de Provence en Nor-mandie; soit de Côte en Côte, ou de Port en Port,comme de Bretagne en Xaintonge, ou de Marseil-le h Toulon.

Commerce extérieur. II renferme toutes lesespèces de Commerce, ou prochains, ou lointains,parterre, ou par mer, que les Sujets d’un mêmeEtat ont coûtume de faire au dela de fa frontière,& hors les bornes de son enceinte.

Commerce en gros. C’est celui où l’on vendseulement les marchandises en caisses, en balles, oudu moins en pièces entières. Ce Commerce a uneespèce de noblesse, que n’a pas le détail ; aussi ya-t-il bien des Etats où les Nobles l’exercent : & enFrance, non-seulement Louis XIII par son Or-donnance du mois de Janvier 1627. permet auxMarchands grossiers de prendre la qualité de Nobles;mais encore Louis XIVson fils, & son successeur,par la sienne de la fin du 17 e siécle, les déclare ca-pables , fans quiter le Commerce , d’être revêtus desCharges de Secretaire du Roi, qui donnent la no-blesse a ceux qui les possèdent actuellement, ou quiles ont possédées 20 années, aussi-bien qu’a touteleur ligne directe.

Outre la noblesse du Commerce en gros, il estencore considérable par son étendue ; & ce sontles Marchands qui en font profession, qui armentces fiâtes , qui par leur retour enrichissent les Na-,tions de l’Europe des dépouilles des Indes & del’Amerique, ou , pour tout dire, des trésors de tou-tes tes parties du Monde.

L’on peut distinguer trois sortes de Commerce engros, particulièrement en France.

L’un , qui a le moins d’étenduë, se borne auxManufactures qui se fabriquent, ou aux marchandi-ses & denrées qui croissent dans ie Royaume , pouren faire magasin , soit a Paris , soit dans les princi-pales Villes des Provinces , pour les débiter en-suite dans ces mêmes Villes, ou sous corde , ouen pièces, aux Dérailleurs, & autres qui en ontbesoin.

COMMERCE.

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