Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

1067 COMPTA.

ment des monnoies d'or, d’argent, de billon , decuivre , & autres ayant cours; ou, comme on dit de-puis quelque teins en France , des espèces sonnantes,dont on stipule que les payemens feront faits. Cequi se dit par opposition aux billets, écritures & pa-piers qui font reçus dans le public ; qui, quoiqu’ilspassent le plus souvent pour argent Comptant,ne sontpas cependant compris fous ce terme, dans les pro-messes , obligations & contrats, où il est convenuqu’on payera argent comptant : fur-tout , lorsque ,comme on vient de le dire, on a la précaution d’a-joûter, que les payemens fe feront en espèces sonnan-tes , & non autrement.

Comptant. On appelle en terme de Finance,une Ordonnance de Comptant , une Ordonnance quele Roi donne , pour être payée & accpitée au Tré-sor Royal, où il n’est point explique la destinationdes sommes accordées, & pour le payement de la-quelle il n’est besoin d’aucunes formalités.

Comptant. Payer Comptant. C’est payer fur lechamp, & fans demander crédit.

COMPTE. Signifie en général tout calcul ou sup-putation, qui se fait par voie d’Arithmétique ; soitpar Addition de plusieurs sommes , Soustraction ,Multiplication , ou Division.

Compte, parmi les Marchands , Négocians, &Banquiers. Se dit de certains Livres qu’ils tiennentrespectivement dans leur négoce , des affaires qu’ilsfont ensemble.

Ces sortes de Livres se tiennent en débit & cré-dit ; c’est-a-dire, que le débit, qui est la recette duCompte, s’écrit fur la page à gauche ; & que le cré-dit, qui en est la dépense, s’écrit fur la page à droite ;le débit se distinguant par le mot Doit , que l’onmet au commencement de la page , après le nomdu Débiteur : & le crédit fe faisant connoître parle terme Avoir , qui se met en tête de la page àcôté.

Trois fortes de Comptes font absolument néces-saires pour la clôture des livres en Parties doubles ;savoir , le Compte de capital, le Compte de profits& pertes, & le Compte de bilan.

Le Compte de capital est un Compte particulierouvert au débit du grand livre. II contient tous leseffets d’un Négociant, c’est-a-dire, son argent comp-tant, ses marchandises, billets, promesses, obliga-tions , parties arrêtées, meublesmeublans, immeu-bles , & généralement tout ce qu®iui peut aparteniren propre, franc & quitte de toutes dettes & hypo-thèques.

Cette espèce de Compte se ferme tantôt par le dé-bit , &• tantôt par le crédit du Compte de profits &pertes : Par le débit, lorsque la perte excède le pro-fit; & par le crédit, quand le profit se trouve plusfort que la perte.

Le Compte de profits & pertes est ouvert fur legrand Livre. II est composé de tous les gains &pertes qu’un Négociant a pû faire dans son négoce :les pertes s’écrivent au débit, & les profits se portentau crédit.

Cette sorte de Compte ne se solde qu’en deux oc-casions : la première, quand on veut clore les li-vres , pour en prendre de nouveaux& la seconde ,lorsqu’on est dans le dessein de fe retirer entièrementdu Négoce.

Pour solder le Compte de profits & pertes, il faut.faire les additions séparées, tant du débit que ducrédit ; & soustraire la somme la plus foible, de laplus forte ; dont l’excédent, si c’est le profit qui ex-cède la perte , fe porte au crédît du Compte de capi-tal; & au débit, si c’est la perte qui est plus forte quele profit.

Le Compte de Bilan ne s’ouvre au grand Livre ,que pour la clôture des Livres. Quand 'il s’agit dela sortie des livres, on l’appelle Compte du Bilan desortie; & lorfqu’il est question de prendre de nou-

COMPTE. 1068

veaux livres, il est nommé Compte de Bilan d’entrée.

Dans le Compte de Bilan de sortie , on perte audébit tout ce qui est dû ; & au crédit, tout ce qu’ondoit -. Et dans le Compte de Bilan d’entrée, on por-te au débit tout ce qui est au crédit du Compte deBilan de sortie ; & au crédit, tout ce qui est au dé-bit de ce même Compte de Bilan de sortie.

Les Marchands & Négocians qui tiennent leursLivres en parties doubles, en ont un particulier ,qu’ils appellent le Livre des Comptes courans , furlequel ils écrivent les copies de tous les Comptesqu’ils dressent, & qu’ils envoyeur a leurs Commis-sionnaires ou Correspondans, pour y avoir recoursen cas de difficulté. Ce Livre , qui est du nombrede ceux qu’on nomme communément Livres auxi-liaires , ou Livres d’aides, fe régie & fe tient de lamême manière que le grand Livre, autrement, Livred’extrait, ou, de raison. II y a quelques Négociansqui expriment le terme de Compte courant, par cesmots étrangers Conto Corrente. Voyez, cet Article, &Ll VRES.

M. Savary , dans son Parfait Négociant , Lív. III,chap. 2 de la seconde Partie , donne d’excellentesleçons aux Garçons, Facteurs, ou Commis/des Mar-chands Grossiers, touchant la maniéré d’arrêter lesComptes avec' les Détailleurs. On a crû, que leLecteur ne seroit pas fâché d’en voir les principa-les, qu’on rapportera même dans ses propres termes.

i°. Les Garçons, Facteurs , & Commis des Mar-ri chauds Grossiers doivent aller chez les Marchands» a qui les Marchandises ont été vendues, pour ar-» rêter le Compte avec eux le plutôt qu’on pourra ,» afin d’éviter les difficultés qui se rencontrent ordi-» riairement, soit pour le prix, soit pour l’aunage :» car si l’on est trop long-tems , la mémoire fe perd» facilement.

D 2°. En arrêtant les Comptes, ils doivent bien,> prendre garde à ce qu’ils font ; c’est-a-dire , de» ne point accorder des tares fur les pièces des Mar-„ chandises , qu’ils ne les ayent armées eux-mêmes ,» pour voir si elles font véritables ; & n’en pas don-y> ner par complaisance, parce que cela va contre l’in-» téret de leurs Maîtres.

n 3°. Pour arrêter un Compte dans l’ordre, il faut» tirer de fur le Journal, un Mémoire du nombre,) des pièces, contenant le numéro , saunage, & le» prix que la marchandise a été vendue.

» 4°’. Enfin, pour bien faire le Compte , il faut» confronter le Mémoire qu’on porte , avec celui■» qui a été donné lors de la livraison de la marchan-» dise , pour voir s’il est conforme ; & fur chaque» article marquer les tares, si aucune y a , la fom-» me a quoi elle monte ; & étant de retour au ma-» gasin, la passer fur le livre de même, afin que la» conformité fèstencontre entre le livre de leur Maî-» tre, & celui du Marchand avec lequel ils auront» arrêté le Compte. Cette exactitude entretient la bon-» ne correspondance qu’il doit y avoir entre les Mar-» chands en gros & en détail.

Ouvrir un Compte. C’est le placer pour la pre-mière fois dans le grand Livre. Ce qui fe fait enécrivant en gros caractères, les nom, surnom &demeure de celui avec lequel on entre en Compte ou-vert. Ensuite on le charge des articles, soit en dé-bit , soit en crédit, a mesure que les affaires fe pré-sentent.

Quand on a ouvert un Compte à quelqu’un surle grand Livre , il faut en même tems en faire men-tion fur le Répertoire ou Alphabet, & marquer lefolio du Livre, où est placé ce Compte , afin de lepouvoir trouver plus facilement.

Les Marchands qui font en Compte ouvert, doi-vent acquitter les Lettres de change qu’ils se tirent l’unsur l’autre.

Coucher une somme sur un Compte. C’estenrégislrer sur le grand Livre , soit en crédit, soit

en