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Tome 1.
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quillages dont il est tout rempli. II a 18 pouces furla carrière ; mais il ne revient qu’à i J pouces net,a cause du boulin. Voyez Carrière.

* COQUILLE. Ecaille, ou Coque dure, qui sertde maisonnette a ces sortes de poissons qu’on nommeTestacées. 11 y en a une infinité d’efpéces, toutesrecherchées des Naturalistes , que les MarchandsDroguistes des Païs du Nord vendent aux curieuxqui étudient la nature dans ses productions. VoyezCoquillages.

11 y a plusieurs fortes de Coquilles , ou Coquilla-ges , qui servent de ' menues monnoies en Asie , en•Afrique, & dans quelques lieux de l’Amerique. Onles nomme Coris ou Cauris en Asie, Bouges , ôcZìmbi .en Afrique , & Porcelaines dans l'Amerique.Voyez ces trois Articles.

Coquille de nacre. Grande Coquille plate ,qui a le brillant, la couleur & l’éclat des plus bellesperles d’Orient. Les ouvrages de laque de la Chine& du Japon , en font ornés, Ôc elles y font un assezbel effet. Ou s'en sert en France dans-la marquet-terie , & autres ouvrages de raport.

-j- On en fait aussi de belles Tabatières, montéesfur or , & fur argent, & quantité d’autres ouvragesdans ce gout-l'a. Voyez Nacre.

Far le Tarif de i 66 y. ces Coquilles ne payent Ven-trée aue fur le pié de mercerie , cefi-à-dire , 4 liv. ducent pesant : mais par VArrêt du z Juillet 1692. lesdroits en ont été fixés à 10 liv. du cent pestant.

Coquille. On appelle aussi de la forte , en ter-me de Boutonnerie, ía lame, ou feuille de métail,qui a été emboutie, & dont l'on couvre le moulede bois du bouton. Voyez Bouton de métail enlame. -

Coquille. Se dit figurément de toutes sortes demarchandises , dont un Marchand fait négoce. CeMarchand vend bien ses Coquilles ; pour dire, qu’ilvend chèrement la marchandise qui est l’objet de soncommerce.

On dit aussi proverbialement : A qui vendez-vousvos Coquilles ? A ceux qui reviennent de S. Michel ?Pour signifier , qu’on connoît parfaitement le prixdes choses qu’on marchande, ôc que le Vendeursemble vouloir surfaire.

Coquille. Est aussi un petit instrument de cuivre,dont se servent les Lapidaires pour tailler le diamant,& quelques autres pierres précieuses.

Cette Coquille a une queue aussi de cuivre , quisert a la tenir suspendue au-dessus de la roue de ferdoux des Diamantaires, par le moyen d’une tenaillede fer, dQnt pourtant le corps est de bois : c’est dansle creux de cette Coquille qu’est soudé avec de la sou-dure d’étain, le diamant qu’on veut tailler : & afinque la pierre apuye plus fortement fur la roue, oncharge ía tenaille d’une masse de plomb , qui en mê-me tems fait baisser la Coquille qui y est attachée, &aprochele diamant de la roue , autant qu’il est né-cessaire , pour en former les facettes avec l’huile d’o-live, & la poudre du même diamant. Voyez Dia-mant, & Lapidaire.

Coquilles, ou Or en Coquilles, Argent enCoquilles , Métail en Coquilles, font toutes marchan-dises propres pour les Peintres & Evantaillistes , Ôcqui viennent d’Augíbourg.

Les Allemans choisissent pour cet effet de très pe-tites coquilles de moules de rivière qui font blanches,& mettent dans chacune une très petite quantité deces marchandises moulues & réduites en poudre, con-densée avec une certaine gomme pour en empêcherla perte.

Si c’est du simple métail, c’est-à-dire, du cuivreouleton couleur d’or, ils en mettent dans chaquecoquille gros comme un pois : si c’est de l’argent, ils11’en mettent que gros comme un grain de vesce: maissi c’est de l’or, ils n’en mettent pas plus gros que leplus petit grain de vesce ; la coquille & le papier qui

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l’envelope , lié avec du fil, pèse beaucoup plus que lamarchandise qui est . dedans.

COQUILLONS. Terme de Monnoyage. C’estl’argent fin qu’on retire à plusieurs fois en coquillesau bout d’une espèce de canne de fer. Voyez Mon-noie.

* CORAIL. Le Corail est une plante maritime quinaît sous l’eau, fans feuilles , presque comme de lapierre , branchue, compacte & solide , fragile, cou-verte d’une écorce , ou plûtôt d’une certaine croûtetartareuse , qui est cependant molle. II est de dif-férente couleur ; car il y en a de couleur de sang ,de couleur de chair, de jaune, de blanc , de pana-ché. Il n’y en a que deux fortes dont on fait usagedans les Boutiques , savoir le rouge ôc le blanc.

Le Corail rouge se trouve dans le Golfe de la MerMéditerranée fur les bords de la Provence, depuisle Cap de la Couronne jufqu’a celui de 8. Tropez ;dans le Golfe d’Efpagne autour des Isies Majorqueôc Minorque, jusqu’au bord Méridional de Ia Sicile;ôc fur les côtes d’Afrique dans la Mer Méditerranéeauprès du Bastion de France ,' ôc enfin dans l’OcéanEthiopien auprès du Cap Negre. Les plongeurs quiRappliquent continuellement a la pêche du Corail ,raportent que les petits rameaux du Corail ne setrouvent que dans les cavernes, dont la situation estparallèle à la surface de la terre, ôc dont les ouver-tures regardent le Midi ; ils ajoûtent qu’il ne s’atta-che qu’aux voûtes de ces cavernes, ôc qu’il ne croîtque de haut en bas. Mais une grande preuve ducontraire, c’est que les rameaux du Corail se trou-vent attachés à des têtes de pots cassés , a des crânesde morts, à des morceaux de bois , à des inítrumensde fer, a des coquillages, ôc à d’autres choses sem-blables qui vont toutes au fond de la mer , Ôc aux-quelles le Corail ne peut être attaché, à moins qu’ilne s’éléve de bas en haut.

Les Plongeurs se servent en Provence de deuxmachines pour pêcher le Corail. L’une qu’ils ont cou-tume d’employer pour l’arracher des rochers escarpésqui font dans la mer : c’est une croix de bois fortgrande, au centre de laquelle on attache une boulede plomb très pesante, afin que cet instrument puissealler promtement au fond de l’eau ; il est soutenupar une grosse corde ôc fort longue. A chaque ex-trémité de la croix 011 attache un filet orbiculaire.Lorsqu’on a jetté cette machine dans l’eau, où lesplongeurs ont trouvé un rocher plein de trous où ilfe trouve beaucoup de Corail, celui qui a foin degouverner la machine, pousse une ou deux bran-ches de cette croix dans un des creux ; ôc de cette fa-çon le Corail qui s’y trouve , est embarrassé dans lesfilets; ôc ceux qui sont fur le bord de la felouque,le brisent & le tirent hors de l’eau.

L’autre machine dont on se sert pour tirer le Co-rail des cavernes les plus profondes, est une poutrefort longue, à l’extrémité de laquelle est attaché uncercle de fer d’un pié ôc demi de diamètre , portantun soc réticulaire avec deux filets orbiculaires placésde côté ôc d’autre. Cette poutre est attachée par deuxcordes fort longues à la proue & à la pouppe de lafelouque : elle va au fond de l’eau par le moyend’une boule de plomb qu’on y attache, Ôc elle estdirigée & conduite dans les cavernes profondes, parle mouvement de la felouque. L’anneau, ou le cer-cle;de fer,rompt les petits rameaux de Corail qui fontattachés à la voûte des cavernes ; les autres sont re-tenus & embarrassés dans les filets. Quelquefois,mais très rarement, on trouve Ôc on pêche de cesrameaux & arbrisseaux qui pèsent 5 ou 4 livres.

La raison pourquoi l’on trouve rarement de gran-des branches de Corail, vient de ce que les gens quipêchent le Corail, ont la liberté de faire leur pêchetrop souvent, & ne donnent par conséquent pas letems aux nouvelles plantes de ce genre, de faireleur accroissement, ce qui demande bien des années.

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