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Tome 1.
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, i 5 9 C O R D E.

Enfin , les Cordes à faire monveaux, 8. f. d’anciennetaxation , & 2 f de nouvelle réapréciation.

II se fait aussi des Cordes de crin mêlé de chanvre,& de plusieurs autres sortes de matières ; telles quefont les boyaux de mouton ou d’agneau, l’écorce de•tilleul, le fer & le leton passés par la filière, &c.Voyez ci-après Cordes de Boyau. Voyez aujfi Til-leul, & Fil, à T endroit où il ejl parlé de ceux deFer & de Leton.

Les Indiens font leurs'Cordes d’écorce de Cocos,de Magnay, ou d’autres arbres.

Cordes de Boyau. Sont celles qui fe font deboyaux de mouton ou d’agneau, desséchés , & misen petites lanières, ou filets fort étroits, qu’on tor-tille un ou plusieurs ensemble.

Leur principal usage est pour apliquer sur les in-strumens de Musique ; tels que font les luths, lestéorbes, les violes, les violons, les guitarres , lesharpes, les trompettes marines , les vielles, &c.

il y en a de colorées de rouge & de bleu ; maispour l’ordinaire elles font blanchâtres, ou roussà-tres, qui est la couleur naturelle du boyau.

Plusieurs Ouvriers & Artisans fe fervent aussi deCordes de boyau; les Horlogeurs anciennementpour leurs montres ; les Paumiers, pour leurs ra-quettes; les Couteliers, Cordiers, Fileurs & Fileu-leuí’es, pour faire tourner leurs roues & rouets; lesTourneurs, pour faire aller leurs tours, &c.

Les Cordes de boyau font partie du négoce desMarchands du Corps de la Mercerie : il est cepen-dant permis aux Faiseurs d’instrumens, d’en fairevenir, & d’en vendre; pourvu que ce soit de cellespropres a leurs instrumens.

Les lieux où il s'en fabrique le plus, font, Rome& íes environs, Florence, Toulouse, Lyon, & Paris.

Celles de Rome font les plus estimées de toutes.Elles viennent pour l’ordinaire par paquets assortisde chanterelles & de secondes ; car il ne s’en en-voyé d’Italie presque que de ces deux espèces.

Les paquets des Cordes destinées pour le luth, &pour la guitarre, font composés de 6o bottes, ouCordes pliées en 8 plis ; & les paquets de cellespropres a la viole, & au violon, font de 30 bottes,aussi pliées en 8 plis.

Les Cordes qui fe fabriquent aux environs de Ro-me, qu’on nomme Cordes Forestières, font des pa-reilles fortes que les Romaines , quoique moins par-faites : on les envoye de même par paquets assortisde 60, & de 30 bottes : mais chaque botte n est quede 7 plis ; ce qui les distingue des véritables Ro-maines; n’étant pas permis aux Ouvriers Forestiers,de les faire des mêmes longueurs que celles qui fefont dans la Ville de Rome.

Les Cordes de Toulouse viennent par paquets as-sortis , & les bottes pliées de la même maniéré queles Romaines; auxquelles elles font néanmoins debeaucoup inférieures ; n’étant pas même si estiméesque les Forestières.

Lyon fournit une quantité prodigieuse de Cordesde boyau, assorties pour toutes fortes d’instrumensde Musique, dont il se fait une très grande consom-mation dans tout le Royaume, singulièrement a Pa-ris ; & des envois considérables dans les Pais étran-gers, particulièrement en Hollande, en Angleter-re , en Espagne, en Portugal, en 'Allemagne , &dans presque tout le Nord.

Elles s’envoyent par paquets, composés d’un cer-tain nombre de plus petits paquets pliés dans dupapier huilé, pour les mieux conserver; chaque pe-tit paquet contenant une certaine quantité de bot-tes , ou cordes, suivant que les Marchands les de-mandent, qui fe distinguent par numéros; chaquenuméro signifiant le nombre des filets de boyau,dont les Cordes font formées; enforte que celles duN°. i, ne font faites que d’un seul filet ; celles duN°. 2, de deux filets, celles du N°. 3, de trois fi-

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lets ; & ainsi des autres Cordes, a mesure qu’ellesaugmentent de grosseur ; y en ay uit qui vont jus-qu’a N. 50, qui fervent de sixièmes aux basses devioles, & de dixièmes aux grands téorbes.

Les menues Cordes de boyau Lyonnoifes , desti-nées pour les chanterelles & secondes, font très peuestimées, a cause qu’on ne peut les monter fur lesinstrumens, aussi haut que celles d’Italie, & de Tou-louse, n’étant ni si fortes, ni si bien fabriquées.

II ne s’en fait a Paris que de très grosses, qui napeuvent tout au plus servir qu’a certains Artisans,ou à faire des raquettes. On ne laisse pas cepen-dant d’en faire une assez grande consommation enFrance, & même quelques envois dans les Pais é-trangers.

On appelle a Paris, Maîtres Boyaudiers , ceuxqui travaillent a la fabrique des Cordes a boyau.Ces Maîtres y composent une des Communautésdes Arts & Métiers. Voyez Boy Audi er.

Suivant le Tarif de 1664. les Cordes de boyau pa-yent les droits d'entrée & de sortie du Royau?ne, & desProvinces réputées étrangères ; savoir , peur la sortie ,sur le pié de z liv. du cent pesant ; & pour Ventrée ,à raison de 10 liv. aujfi du cent pesant ; étant regar-dées comme mercerie, conformément à f Arrêt du 3 Juil-let 1692,

11 faut pourtant remarquer, que fi les Cordes à boyaufont dejîinées Ù déclarées pour les Pais étrangers, el-les ne payent que 40 f de droits de sortie , suivantVArrêt cité ci-devant.

A P égard des droits qui fe payent à la Douane deLyon pour cette marchandise , qui ejl appellée dans léTarif de cette Ville , Cordes de luth, ils font à rai-son de \<) s. la caijfe du poids de 15 livres , pour P an-cienne taxation, & de 30 f. pour la nouvelle réapré-ciation.

Corde. C’est aussi le nom qu’on donne a unecertaine quantité de bûches, ou bois h brûler, quife mefuroit autrefois avec une Corde, & qui k pré-sent se mesure entre deux membrures, ou pièces debois de 4 piés de hauteur, placées a 8 piés dédistance l’une de l’autre ; de forte que la Corde debois doit avoir 4 piés de haut fur 8 piés de long.

Chaque Corde de bois contient plus ou moins debûches, suivant qu’elles font plus ou moins grosses,ou qu’elles font droites ou tortues, ou bien ou malcordées.

Dans tous les bois & forêts de France, on nepeut faire aucune livraison de bois a brûler, que cene soit a la Corde. Ordonnance fur les Bois éf Fo-rêtsdui 3 Août 1669.

Sur les Ports, & dans les chantiers de Paris, lesMarchands, dans la vente & débit qu’ils font desbois a brûler, qu’on nomme de Corde, doivent seservir d’une sorte de mesure, qu’on appelle ordinaire-ment Membrure, & qui n’est autre chose qu’unedemi-corde ; c’est ce que l’on nomme vulgairementune Voie de bois ; ainsi appellée, parceque la de-mi-corde, ou la membrure, fait la charge d’unecharrette.

La membrure, ou demi-corde, doit avoir 4 piésde haut fur 4 de large , c’est-a-dire , 4 piés detout sens. Elle est composée de 3 pièces principalesde charpente , l’une qui en fait la baie , & les deuxautres les côtés , qui font arrêtées par le bas & endehors par deux moyens morceaux de bois, qui ren-dent la membrure solide , & en état de contenir &foûtenir le bois.

Les bois a brûler, qui n’ont pas au moins 17 pou-ces de grosseur, font réputés bois de Corde, ou boistaillis, comme tels, doivent être vendus & débi-tés a la demi-corde, ou membrure ; au contrairedes autres bois, dont la grosseur est au dessus de 17pouces , qui se vendent au compte , & se mesurentavec l’anneau. Or don. de la Ville de Paris du mois deDécembre 1672.

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