Band 
Tome 1.
JPEG-Download
 

n6i CORDE.

Corde. On appelle Tabac en Corde , le tabac qui«st fait des feuilles de cette plante, un peu humec-tées d’eau de mer, & tordues ensemble avec un rouet,qui en forme une espèce de Corde très longue, qu’onrouie ensuite autour d’un bâton, pour en faire cequ’on appelle un Rouleau de tabac. Le meilleur /Tabac en Corde est celui de Brésil. II y a encore dúTabac a l’Andouille, du petit Briquet de Dieppe Scde Hollande, du Tabac de Virginie, de 8. Domingue,de Verine, & quelques autres. Ce dernier est très es-timé.

Corde. S’entend aussi dans les Manufactures délàinage , dès fils qui composent la tissure des draps ,

& autres étoffes de laine. Ainsi l’on dit : Qu’undrap, qu’ûne ratine montre la Corde ; pour signifier ,que le Tondeur les a trop découverts, en les ton-dant.

On le dit pareillement des étoffes qui font usées, Scqui ont perdu tout leur lainage, enforte qu’il n’y pa-roît plus que la toile, c’est-a-dire, les fils de la chaîne& de la trême.

Corde. On nomme ainsi les chapelets ou comptesde Verroterie qui entre dans le commerce du Séné-gal & de quelques autres côtes d’Afrique. Voyez. Ver*

ROTER’e.

Cordes. Les Relieurs de livres appellent Cor-des , des ficelles de diverses grosseurs, dont ils fefervent pour faire la nervure dés livres qu’ils re-lient.

On désigne la grosseur des Cordes par le nom dúfprmat des livres. Ainsi il y a des Cordes d’in-ío-lio , d’ín-quarto , d’in-octavo , &c. Voyez. Relieu»RE.

CORDEAU. Corde de médiocre grosseur , dontdivers Artisans fe fervent a différons usages.

Le Cordeau des Charpentiers n’a guéres qu’uneligne de diamètre : il leur sert a alligner leur bois.

Le Cordeau des Jardiniers est a peu près de mê-me grosseur ; c’est avec quoi ils dressent les planchesde leurs potagers, & foxlt les allignemens de leursplans.

Le Cordeau des Bateliers & Pêcheurs , qu’on ap-pelle aussi Cincènelìe , est du double plus gros. Ilss’en fervent ^our remonter les rivières contre leurscourans, en Rattachant d’un bout à un mât élevé kPavant de leur bateau, & éii descendant a terre, poufle tìfer de P autre avec une espèce de bretelle faite duCordeau même.

L’Ordomiartce de la Ville de Paris de 1672. art. 6du chap. 2, porte : Qu’en cas de rencontre en rivièrede bateaux montans & defcendans, les bateaux mon-tans, nour faciliter le passage des bateaux defcendans,doivent faire voler par dessus les defcendans, la cor-dé appelléé Cincenellej&au contraire,les defcendanslâcher la leur, enforte qu’elte passe par dessous lemontant.

Cordeaux, ên terme de pêche. Sont plusieurámorce mx de lignette, ou médiocre ficelle , qui fontattachés de distance en distance a la corde de la lignede fond. Ce st aú bout de chacun de ces Cordeaux,que font pendus les hameçons de cette forte de ligne.Voyez Ligne.

Cordfaux. C’est encore ainsi que dans le négocedes toiles, on appelle certaines petites cordelettesde fil d’épinay, qui ont des nœuds de distance endistance; chaque nœud ayant une valeur particuliè-re , suivant que les Marchands le jugent a propos.

Les Cordeaux, qui font ordinairement attachésaux bouts des pièces de batiste, & linons, qu’onënvoye dans les blanchisseries, fervent a faire ressou-venir ceux a qui elles apartiennent, de ce que cha-que pièce leur a coûté en écru, afin d’en pouvoir fixesle vrix, lorfqu’elles leur font raportées en blanc.Voyez Blanchir.

Cordeaux. Ce font aussi des espèces de lisières,qu’on fait a certaines étoffes. On les nomme Cor-DiBion. de Commet ce. Tom. L

C O R D. íîéè

deaux, pares qu’elles font cordées en forme de cor-de, & que les lisières font plates. On fe sert desgros , & moyens plis , & pignons , c’est-à-dire deslaines de la plus basse qualité , pour faire les Cor-deaux. Voyez Pignon.

CORDELAT. Voyez CordillAT.CORDELIERE. Espèce de serge raze qui fe fa-brique dans quelques endroits de Champagne, parti-culièrement k Reims ; elles font partie laine d'Etjra-gne & partie laines Françoifes. Voyez dansíAìticlegénéral du Commerce de France, Ûendtoit ou il ejiparlé de celui de Reims.

CORDER DU BOIS. C’est l’action de la mesuresa la corde, ou a la meimbrure. Plus le bois est droit,

& plus il est facile a corder.

L’Ordonnance de la Ville de Páris, ci-dessus ra-portée, défend de mettre dans les membrures, dúbois trop tortu, d’autant que cela diminue de beau-coup la mesure.

Corder.. Est aussi un terme d’Emballeur. II se ditdes cordes qu’on lie autour des balles , ballots, oúcaisses de marchandises, en les serrant bien fort, r>arle moyen d’une bille, ou bâton fait exprès pour cela.

11 faut corder cette balle , cette caisse.

Corder. Est encore un terme de Cordier, quisignifie l’action de fabriquer de la corde, ou du cor-dage avec de la filasse , ou autre matière. Le mot deCordager a la même signification ; mais il nest guè-re en usage que dans les ports de mer.

Corder du Tabac. C’est en faire une cordéavec les feuilles, quand elles ont été suffisammentamorties k la pente. On dit aussi filer Sc tordre.Voyez t Article du Tabac , ou il ejl parlé de la ma-niéré de le filer.

CORDERIE. Espèce d’attelier, ou lieu disposé'd’une certaine manière, propre, 6c commode pouffabriquer des cables, ou cordes. Dans les Villes deterre , les Corderies font k découvert, & pour l’or-dinaire situées fur les remparts le long des murail-les ; & dans les Villes maritimes , oú ports de mer ,où il fe fait des armemens considérables , ce font desbâtimens bas, couverts, longs , & étroits , cons-truits près des Arsenaux, & Magasins, dans les-quels on file, Sc l’on corde les cables , les hansiers ^ouhansiéres, & toutes les autres sortes de cordages,propres pour la manœuvre des vaisseaux, & bâti-mens de mer.

Ce font ces dernières Corderies, qu’on appelled’ordinaire Corderies Royales, a cause que la plu-part font construites, & entretenues aúx dépens duRoi.

La Corderie Royale de Rochefort est l’une desplus considérables qui soit en France.

En Hollande les Corderies, que ceux du païsnomment I.ijn-baan , font très belles. Celle de l’A-mirauté d’Amsterdam, & celle de la Compagnie desIndes Orientales sent situées proche de la maison,magasin, Sc attelier de la même Compagnie, k Osetembourg. Elles ont chacune près de 2000 piés délong, fur <;ï piés de large.

CORDIER. Artisan, qui fabrique, & qui vendtoutes fortes de cordes de chanvre , d’écorce de til—leuil, ou dé chanvre mêlé de pòil, ou de crin.

Les Cordiers de Paris forment une Communautéparticulière, qui a ses Jurés , dont les statuts font dú17 Janvier 1394. du téms de Charles VI ; lesquelsont été depuis augmentés-, & confirmés paf LouisXI le 24 Juin 1467. Sc encore confirmés & aprouvéspar Charles VIII le 2 Août 1484. François T en Juil-let il 19. Henri II en Février 1747. Henri IVen Décembre íóoi. & Louis XIII en Janvier1624.

Les Statuts qui furent d’abord donnés aux MaîtresCordiers par le Prévôt de Paris , fous le Régne dôCharles VI, ne consistoient qu’en 12 articles, ou iln’est point parlé de Prudhommes, ni de Jurés.

C e c 3 Sous