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Tome 1.
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Ce fmit est de la figure d’un maron d’Inde , & amime un peu de son amertume ; mais seulement au-tant qu’il en faut pour piquer légèrement ie palais,.&non pas pour trop l’irriter. Ii y en a de deux sortes ,de rouge & de blanc , également estimés des Nègres,& des Portugais.

C’est de ce fruit, que ces derniers, qui le transpor-tent bien avant sur la rivière de Serre-Lionne, où iln en croît point, font une partie de leur négoce avecces Barbares; de qui ils tirent en échange des pagnes,ou tapis, qu’ils troquent en descendant avec d’autresNègres , pour des marchandises du Pai s; comme dela cire, du miel, de la gomme , à. ou qu’ils ven-dent mêmeauxautres Portugais, qui ne font pas'ceCommerce.

* COSTUS. Est un nom que l’on attribue a dif-férentes racines qu’il est très difficile de distinguer.

Dioscoride rapporte trois espèces de Costus ; ï A-rabique , l ’Indien & le Syriaque. II dit que P Arabi-que est blanc, leger, d’une odeur très-iùave, d’ungoût brûlant & mordant ; que P Indien est leger ,plein & noir ; que le Syriaque est pesant, d’une cou-leur de buis, & dont 1 odeur porte hia tête.

Galien recommande le Cojìus Arabique blanc, &il reconnoit dans le Costus une certaine amertume ,mais très-légére, & une fi grande acreté qu’il causedes ulcères.

Pline dit que le Costus est une racine d’un cer-tain arbrisseau, dont ìe goût est brûlant & Podeurexcellente il en étstoiit deux genres; lavoir le noir ,& le blanc qui est le meilleur.

Les Anciens Arabes, comme Sérapien & Avi-cenne , n’on t pas fait mention de la distindtion quel’on fait aujourd'hui du Costus doux Ôí du Costus a-mer\ mais ils ont pris de Dioscoride tout ce qu’ilsnous ont laissé fur le Costus z comme lì celui dontils fe fervoient, eût été le même que celui des an-ciens Grecs. Sérapion fur-tout ne dit rien qu’il n’aittranscrit de l’Auteur Grec. Avicenne y ajoute quel-que chose ; ainsi il dit que le Costus Arabique estblanc, qu’il tire fur le rouge, ou fur la couleur decitron : que le Costus des Indes est plus leger quecelui d’Arabie; qu’il est amer, d’une odeur forted’ceillet, & tirant fur le noir ; & enfin que celui deSyrie est de couleur de buis, & a une odeur forte. IIlui donne le nom de Romain.

Les Auteurs Grecs & Latins qui ont écrit quel-que chose depuis yoo ans fur la Matière Médicale,font mention de deux genres de Costus, dont l’unest doux & l’autre amer. Le Poète Macer s’exprimeainsi. II y a deux sortes de Costus ; i’un est rouge,pesant & fort amer : il s’appeile Indien. L’autre estleger, doux & d’une couleur blanche. On volt parla que cette forte de Costus, qui est le seul employépour le vrai Costus depuis quelques siécles, n’est pasde la même nature que le Costus des Anciens.

Dioscoride en effet ne marque aucune amertumedans le Costus. Galien en reconnoit un peu ; maiselle est, selon lui, très légère. L’un & l’autre y obser-vent une acrimonie chaude & mordante ou brûlan-te. II est vrai qG Avicenne dit , selon Dioscoride, quele Costus d’Arabie est blanc ; mais il ajoute de lui—même, qu’il tire vers le rouge, qui étoit la couleurdu Costus dont on fe fervoit alors. II dit auffi queP Indien est noir, selon Dioscoride ; mais ii ajoûte deplus , qu’il est amer. Macer dit que le Costus Indienest rougeâtre, & non pas noir, comme le dit Avi-cenne ; & il ajoûte qu’il est fort amer. De plusle Costus des Anciens étoit très odorant , de for-te qu’il portoit k la tête. Ils s’en fervoient pour lesparfums ; ils le brûloient fur l’autel comme Pencens,c’est pourquoi Properce dit, » Donnez moi du Co-» stus dont Podeur est si douce, & de l’Encens qui» est si agréable.

Pline s’exprime aussi de cette façon. Qu’on ache-te ces drogues a cause de leur odeur, pour en faire

COSTUS. 1 1 8 4

des onguens pour servir aux délices, & même, sil’on veut, a cause de la superstition ; puisque nousfaisons des prières publiques avec PEncens & leCossus. Nous ne reconnoissons point .cette odeur siexcellente & si forte dont parlent Dioscoride, Galien& Pline, dans le Costus de nos Boutiques ; c’ëst pour-quoi nous croyons qu’il est entièrement différent decelui des Anciens G recs. Les Parfumeurs même n@conviennent pas entfeux du vrai Costus, puifqu’onen trouve dans leurs boutiques trois espèces fous lesnoms d ''Arabique, à!amer & de doux , que Pomet dé-crit ainsi : Le Costus Arabique , dit—ii, est une ra-cine oblongue, pesante, de couleur cendrée oublanchâtre en déhors, rougeâtre en dedans, diffici-le a rompre, d’une odeur agréable, d’un goût aro-matique & un peu amer. Le Costus a?ner est unegrosse racine, compacte, dure, ligneuse, légére,brillante, qui ressemble plûtota un morceau de boisqu’a une racine. Le Costus doux est au contraire unepetite racine jaune, qui ressemble assez par fa cou-leur , fa figure & fa grosseur, a la racine de Curcu-ma. Mais, ou ces descriptions ne font pas exactes,ou elles ne conviennent pas au Costus dont on fesert aujourd’hui dans les boutiques des Apoticaires;car on y trouve souvent une autre racine, & c’estpresque la seule qu’on y trouve, qui est remarqua-ble par son odeur agréable, qui ressemble a celle del’Iris , onde la Violette, que tout le monde prendou employé pour le Costus d’Arabie ou le vraiCostus.

C’est une racine coupée en morceaux oblongs,de i’éoaisseur du pouce, legers, poreux, & cepen-dant durs, mais friables, un peu résineux , blan-châtres , & quelquefois d’un jaune gris , d’un goûtacre, aromatique & un peu amer, & d’une odeuragréable qui approche de celle de l’Iris de Florenceou de la violette. D ale croit d’après Commelin quece Costus est la racine d’une plante appellée Tfiana-Kua. La racine de cette plante , lorfqu’elle est ré-cente & verte, est blanche , tubéreuse , rempante ,fongueuse, pleine d’un suc aqueux, tendre & fibrée:celle qui est plus vieille & brisée, paroit parsemée deplusieurs petites fibres, comme sont les toiles d’a-raignée , d’un goût doux, aqueux, comme le Con-combre , d’une odeur foible de Gingembre. II naiten différens endroits des racines , plusieurs rejetionsqui s’élevent k ia hauteur de 3 ou 4 pies , & qui de-viennent gros comme le doigt, cylindriques , decouleur de sang, luifans, semblables aux tiges deroseaux, noueux , simples, verds en dedans &aqueux. Les feuilles sont oblongues , étroites , dela longueur de deux palmes, pointues a l’extrémité,larges dans leur milieu, attachées près des nœuds,ayant une nervure , ou une côte saillante en dessous,qui s’étend dans toute la longueur, & creusée engoutiére en dessus, de laquelle partent de petitesnervures latérales & transversales. Ces feuilles sonttrès souvent repliées en dedans, molles , succulen-tes , luisantes < 5 c vertes.

On l’emploie pour le Costus des anciens dans laThériaque , le Mithridate íkc.

Les Apoticaires ont encore coutume de substituerd’autres racines a la place du vrai Costus. Les unsemployeur la plante appellée Escudo - Costus , lesautres l’Angélique, les autres la Zédoaire, les au-tres une écorce que l’on appelle Canelle blanche , &que quelques-uns nomment Costus cortxcosus ,dont nous avons parlé sous Canelle blanche.

Le Costus Verus ou Arabicus , doux ou amer, payeen France les droits d’entrée, conformément au Tarif de1664. à raison de y liv. du cent pesant.

Et àla Douane de Lyon-, savoir, 12 s. du quintal pourT ancienne taxation, 28 s pour la nouvelle r éapr cotation,13 s.pour les anciens 4 pour ioq, & 30 f pour leur nou-velle réapréciation.

Costus Indicus. Voyez Canelle blanche.

COTE.