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Tome 1.
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ï 259 CREA» C RED.

Ces derniers ne peuvent venir qu’a contribution furles meubles : il faut cependant remarquer qu’ils de-viennent Créanciers, simplement hypothécaires, dumoment qu’ils ont fait reconnoître en Justice leursbillets, ou promesses, 6c qu’ils ont obtenu des sen-tences de condamnation contre ceux qui en font lesdébiteurs.

Outre les trois espèces de Créanciers, dont il vientcl’être parlé , il y en a encore une quatrième, qu’onnomme Créanciers Engagistes. Ces Créanciers En-gagistes font ceux, qui en prêtant leur argent, fefont fait donner des gages, pour la fureté de ce qu’ilsont prêté. On ies appelle auffi Prêteurs fur gages;mais cette maniéré de prêter n’est nullement approu-vée, ni permise en France, quoiqu’elle le fût autre-fois chez les Romains.

Ce qu’on appelle Direction de Créanciers, est uneassemblée, qui fe fait entre les Créanciers d’un Mar-chand, ou autre, qui leur a abandonné ses biens &effets, pour éviter les fraix de Justice, & tirer leurpayement a l’amiable. Ceux de cette assemblée, quiont été choisis pour avoir foin des affaires qui regar-dent la direction, font nommés Directeurs des Cré-anciers. Voyez, Direction, & Directeurs.

CREATION. Nouvel établissement qu un Prin-ce fait d’un OfBce, d’une Charge, d’une Rentequin'étoient ras auparavant.

On distinguos autrefois en France les rentes furl’Hùtel de Ville de Paris, ou fur le Ciergé, par lesdifférentes dates des Edits de leur création j maisdepuis qu’ehes ont été toutes remboursées en 1718.6c en 171Q. -6c ensuite rétablies en partie en 1720.onn’a plus d’égard a leur Création, toutes étantégalement nouvelles , 6c de même due.

Ou du dans le même sens : II s’est fait une Créa-tion de 20 Charges d’Agens de Change, de 10Oísices de Mouleurs de bois , & aussi de tant de nou-veaux Ossces, qui ont été créés fous le Régne deLouis XIV, 6c supprimés fous celui de Louis XV.,> Création. Se dit auffi entre particuliers , lorf-qu’iiS contractent entr’eux pour rétablissement dequelque rente, ou de quelque pension 6c redevance.On í’e sert néanmoins plus ordinairement du verbeque du substantif ; 6c l’on dit plus communémentCréer une rente, une pension fur tous ses biens, queFaire une Création d’une pension, ou d’une rente.On dit pourtant : Cette rente est d’ancienne Création;Je n’ai rien reçu de ma pension depuis fa Création.

CREDIT. Se dit du prêt mutuel 6c réciproque,qui fe fait de marchandises, ou d’argent, fur la ré-putation de la probité 6c folvabilité d’un Négociant.Ainsi l’on dit : Ce Banquier a bon Crédit, toutesles bourses lui font ouvertes : Ce Marchand est enréputation, personne ne lui refuse Crédit.

On dit, Acheter a Crédit, vendre a Crédit, faireCrédit; pour dire, que l’on ne paye pas comptantles marchandises qu’on achète.

Crédit. Se dit auffi de la page a droite du grandlivre, ou livre d’extrait, ou de raison, qui s’intituleAvoir , dû l’on écrit tout ce que l’on a reçu, pourraison d’un compte, ou tout ce qui est a fa décharge.Ainsi l'on dit ; Je vous ai donne Crédit ; J’ai passé avotre Crédit une telle partie. Voyez. Avoir.

L’on dit quelquefois parmi les Négocians, maisfeulement en maniéré de proverbe, 6cpar dérision:Je vous ferai Crédit depuis la main jufqu’k la bour-se; pour dire, qu il faut payer comptant : Crédit estmort chez moi; pour faire entendre, qu’on veutCtre payé sur le champ.

Crédit. Lettres de Crédit. Voyez Lettre deCrédit.

Crédit. Se dit auffi du cours que les papiers, ouécritures de commerce ont dans le public, 6c parmiles Négocians. O11 dit, que les billets d’une Compa-gnie ont pris Crédit, lorfqu’iís fe reçoivent volon-ti.rs , 6c fans excomptepar les Marchands.

CRED. CREP.

Prendre Crédit, signifie pareillement dans le né-goce des Actions de Compagnie, pour être reçûês6c achetées a plus haut prix qu’elles n’ont été créées.En ce sens, on dit, que les Actions de la Compa-gnie des Indes Orientales de Hollande prennent Cré-dit , quand elles font dans le Commerce à 2 ôc 4 pourcent, ou même davantage, plus qu’elles n’étoient au-paravant.

Discrédit est opposé à Crédit; 6c dire, que les bil-lets demonnoie font tombés dans le discrédit; signi-fie , qu’ils ne valent plus rien, que personne ne s’enveut charger.

CREDITER un Article, ou une partie dansun livre, ou fur un compte. C’est les porter à lapage a droite , qu’on nomme le côté du crédit.On dit : Je vous ai crédité pour la remise de ^00 li-vres , que vous m’avez faite ; pour dire, J’ai char-gé cette somme en crédit fur mon livre. Voyez ci~dejsus.

CREDITEUR. Terme dont les Négocians fe ser-vent assez souvent, pour signifier un créancier, ou ,comme ils disent, celui qui doit avoir. Voyez Cré-dit.

CREER une Rente. C’est en faire la constitution,s’obliger de la payer annuellement, indiquer les fonds,fur lesquels elle doit être établie, 6c les hypothéquerpour la sûreté du payement. Voyez Constitutionde Rente.

CREME. La partie la plus épaisse du lait, dont fafait le beurre. Voyez Beurre.

.Cremede Tartre, qu’on nomme auffi Cris-tal de Tartre. C’est du Tartre préparé de cer-taine maniéré , mais différente suivant que cette dro-gue doit servir, ou a la médecine, ou à la teintu-re. Les Teinturiers du grand teint la mettent aunombre des drogues non colorantes. Voyez Tar-tre.

* La Creme de Tartre paye en France les droits d’en-trée à raison de 3 liv. le cent pesant , & sous Cristal 50fols.

Les droits de la Douane de Lyon font de IO fols J>ar tquintal.

CRENELAGE. .Terme de Monnoyeur. Donnerle Crénelage a une monnoie , c’est faire un cordon,ou grenetis fur l’épaisseur d’une pièce de monnoie , 'du y mettre l’empreinte de la légende ordonnée parles Edits du Prince.

Pour les pièces peu épaisses , comme les louïs &demi-louïs d or, les pièces de 1 ; fols, de 10 fols,& au dessous, le Crénelage ne consiste qu’en gre-netis. Les pièces plus épaisses, comme les écus 6cpièces de 30 fols, ont des légendes pour Créne-lage.

Cette façon qu’on donne aux monnoies , qui estassez nouvelle en France, vient d’Angleterre, où el-le a été inventée, pour empêcher l’altération des es-pèces dans leur contour. On parle ailleurs de lamaniéré de donner le Crénelage , & de la machine ,dont on fe sert pour le donner dans les Hotels desMonnoies de France. Voyez Monnoyage au Mou-lin.

CRENELER une Monnoie. C’est lui donner lecrénelage. Une Monnoie crénelée, c’est celle a qui onl’a donnée.

CREPAGE. Aprêt qu’on donne aux crêpes qu’on.veut crêper, c’est-a-dire, qu’on ne veut pas qui res-tent lisses. Voyez l’Article suivant.

CREPE, qu’on écrit auffi Cresfe. Les Perru-quiers appellent Crêpe , les cheveux qu’ils ont tor-tillés ou. natés dans leur longueur, après les avoirfrisés par enbas, 6c avant de les mettre au four.Cette façon les fait bouffer ; 6c on les employé dansles Perruques ordinaires; mais on n’en met point danscelles qui-imitent le naturel.

On nomme Cheveux crêpés , des cheveux nréoaréscomme ci-desllis, ou ceux qui font naturellement

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