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-257 CRAV. CRAY,
CRAVO DE MARENHAN. Voyez. Canellegirofle'e.
CRAYE. Pierre Hanche, & très tendre , ou Ter-re compacte qui se peut changer en caillou, & quisert a blanchir la vaisselle, les cuirs, les étoffes de lai-ne. Quantité d’ouvriers Pemployent aussi à marquer,ou a dessiner leurs ouvrages.
Cette Craye vient de Champagne, dont elle porte'le nom, n’étant connue chez les Marchands Epiciers,& autres qui la vendent, que fous celui de Craye deChampagne.
Quoique cettè pierre soit íì tendre qu’elle laisse &imprime sa couleur sur tout ce qui l’aproche ou latouche, on ne laisse pas cependant d’en faire des bâ-timens très solides ; & la Ville de Reims en Cham-pagne en est presque toute bâtie, aussi-bien que laplupart des villages des environs.
-j- II y a des Carrières de Craye en Angleterre, aKent, Surrey, Essex, Hartford, Bark, Exford &Wiit:
La Craye des Anciens venoit de Piste de Crete ,©u Candie ; d’où le nom de Creta , que cette Isteporte en Latin, avoit été donné a cette forte de pier-re. Ils en distinguoient de trois sortes * de blan-che , de verdâtre, & de noire; mais ils ne se ser-voient que de la blanche en Médecine.
Les Modernes en font aussi quelque usage pour laguérison des maladies , soit appliquée en remède to-pique , soit intérieurement, & prise avec le véhicu-le de quelque liqueur. Qu P estime au dehors dessé-chante , détersive, & propre a cicatriser les playes &les ulcères ; au dedans elle est bonne contre les ar-deurs de Pestomac.
Craye de Briançon. Espèce de pierre assezapprochante de la nature du talc; a la réserve qu essen’est pas si écailleuse , & qu’elle est plus dure.
IIy a deux fortes de Craye de Briahçon, la blanche,& la verte. Toutes deux fervent a ôter les taches degraisse de dessus les étoffes de foie.
Les Tailleurs, Tapissiers, Couturières, & autressemblables ouvriers & ouvrières travaillant en coutu-re, s’en fervent aussi pour marquer leur ouvrage.
Cette Craye se tire de quelques carrières des envi-rons de Briançon , Ville,de Dauphine, d’où elle a• pris son nom.
Craye rouge. Es éee de bol Arménien com-mun, mais en tout inférieur au véritable bol d’Armé-nie , étant très frêle, dc très aisé k rompre. La meil-leure croît en Egypte, & autour de Carthage : onén trouve aussi aux Indes Occidentales; mais la plu-part de celle qui en vient, n’est que de l’ocre brûlé &converti en craye.
LesCharpentiers, & autres ouvriers en bois, feserve ient anciennement de Craye rouge, pour mar-quer les différentes pièces des assemblages , auxquelsils travailloient ; & c’est de-lk que cette Craye s’ap-pelloit en latin Rubrica fabrilis. Présentement ces ou-vriers n’employent plus a cet usage que la pierre noi-se & la Craye blanche.
La Craye blanche & autres , que le Tarif de Lyonappelle Croyes, payent les droits de la Douane de cetteVille fur le pié de 2 fols 6 deniers d?ancienne taxation ,& i fol pàur la nouvelle réapréciation ; la noire z fols lequintal.
Craye. Se dit aussi parmi les Charpentiers & Me-nuisiers, des marques qu’ils font fur leur bois, avecde la Craye blanche.
CRAYON. On appelle ainsi toutes les pierres;terres , & minéraux de couleur dont on fe sert, ou adessiner, ou a peindre en pastel, soit qu’elles ayent étébroyées & réduites en pâtes , soit cession les employédans leur consistence de pierre, âpres les avoir feule-ment sciées, ou coupées en petits morceaux longs &étroits.
On se sert de la pierre de mine, de la sanguine ,& de la pierre Noire, de cette dernière maniéré. LesDiClion. de Commerce. Tom. I.
CRA. C RE. 1 2 5 §
Crayons de toutes les autres couleurs font au contrai-re des compositions de terre : il en vient de Hollande& d’Angleterre.
Crayon. Se dit plus particulièrement de la minede plomb ; & c’est ainsi que cette pierre minérales’appelle chez les Marchands Epiciers-Droguistes,óc dans les Tarifs des Entrées. Voyez. Mi ne dePlomb.
Les Crayons payent en France les droits d'entrée fur ;le pié de 20 f le cent pesant.
Crayon. On appelle Marchands de Crayons,des petits Marchands étalés a Paris fur les parapetsdu Pont-neuf, qui achetent en gros des Epiciers laCraye, la sanguine, la pierre noire, & la mine deplomb, & qui les revendent en détail aux Peintres& Dessinateurs, après les avoir sciés , coupés & ai-guisés par le bout.
Ce font aussi eux qui préparent & qui composentles divers Crayons, qui fervent a peindre en pas-tel , qui ne sont autre chose que divers bois , ou ter-res de couleurs pulvérisées, & réduites en pâte, avecun peu d’eau gommée. Voyez. Pastel.
Ces petits Marchands vendent pareillement desPorte-Crayons de cuivre, des compas de même mé-tal , des coquilles pour mettre détremper des cou-leurs en mignature, des pinceaux, & quelques au-tres petits instrumens , qui servent aux jeunes élèvesqui commencent a dessiner.
Crayon. On nomme aussi Crayons, de petitesbaguettes, ou brochettes de bois de *7 k 8 poucesde longueur, creusées en dedans, or remplies de mi-ne de plomb. Les meilleurs viennent d’Angleterre,a cause de la bonté de la mine, qui vient de ce aïs-lh. Ceux de Paris font moins bons; ce font les dé-railleurs de Crayon qui font ceux-ci, & qui vendentles uns & les autres.
Porte-Crayon. Petit instrument qui sert k te-nir le Crayon par un bout, lorsqu’on veut s’en ser-vir. II y en a d’argent, de cuivre, & de cornes ;les uns k vis, les autres fans vss.
Crayon. Se dit encore des desseins; & portraitsqu’on fait avec du Crayon.
CRAYONNER. Tracer, faire quelque desseinavec du crayon. Voyez Peintre & Peinture,
CREANCE. Titre d’une somme dûè par un dé-biteur k un créancier.
Lettre de Creance. Voyez Lettre deCrédit.
CREANCIER. Celui a qui il est dû quelque som-me , soit par çontrat de constitution , obìu-ation ,promesse, ou autrement. Les ioix des XII Tables,qui ont toujours servi de fondement k la Jurispru-dence des Romains, permettoient au Créancier demettre son débiteur en pièces.
On admet en France diverses fortes de Créan-ciers; les uns se nomment Créanciers hypothécai-res’ privilégiés ; les autres s’appellent simplementCréanciers hypothécaires ; & les derniers font nom-més Créanciers chirographaires.
Les Créanciers hypothécaires privilégiés , fontceux qui ont des privilèges particuliers, affectés parun contrat fur certains immeubles, par lesquels ilsfont regardés comme leurs propres gages, par pré-férence a tous autres. Ces fortes de Créanciers fontcolloqués en ordre , suivant la qualité de leur pri-vilège.
Les Créanciers simplement hypothécaires \ fontceux dont les contrats de constitution, obligation ,sentence de condamnation, ou autres titres, fontrevêtus des formalités nécessaires, pour emportertine hypothèque générale fur tous les biens des dé-biteurs. Ceux-ci fe colloquent en ordre, suivantla datte du titre de leur créance.
Les Créanciers chirographaires, font ceux quin’ont d’autre titre pour se faire payer, que de sim-ples promesses, ou billets fous signatures privées.
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