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Tome 2.
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ii DATTE.

vers l’horizon j au dessous de ces dernières il y ena souvent de vieilles qui sont fanées, & pendantes,si l'on a négligé de les couper. Des aisselles des bran-ches feuillées sortent des grapes branchues, qui ontchacune leur fpathe ou envelope, & qui portent desfleurs dans le Palmier mâle, & des fruits dans lePalmier femelle.

La branche feuillée est très grande, longue d’en-viron trois brasses, composée de feuilles semblablesà celles du Roseau, disposées fur une côte de cha-que côté dans toute la longueur.

Cette côte a trois brasses de longueur : elle est d’a-bord large & applatie vers son origine, & diminueinsensiblement jufqu’a son extrémité : elle est verte ,lisse, luisante, & jaunâtre a sa base lorsqu’elle estvieille; convexe en dessus, concave en dessous versson origine , & comme creusée en goutiére dans lereste de fa longueur. Elle est de même substance quele tronc, mais plus légére & moins compacte, en-tremêlée de fibres plus blanches & plus déliées.

Les épines sont les jeunes feuilles qui sortent dechaque côté de la côte : les premières sont cou/tes &plus écartées ; les autres sont plus longues & plusprès les unes des autres, jufqu’a ce qu'ayant acquisla longueur d’une coudée - elles prennent peu apeu la forme dé feuille. Ces épines sont de la fi-gure d’un cône irrégulier & anguleux, épaisses,dures, & en quelque façon ligneuses : leur superficieest luisante, 6c d’un yerd tirant sur le jaune pâle,creusées en goutiére a la face supérieure ; leur poin-te est arrondie & brune ; & enfin elles s’étendent &fe changent peu-a-peu en feuilles.

Ces feuilles durent toujours : elles font ailées,de la figure de celles du Roseau, en très grand nom-bre, courtes d’abord, & ensuite longues d’un em-pan , & bientôt après beaucoup plus longues, pla-cées jufqu’a i’extrémité de la côte, qui est terminéepar une pointe. Elles sont soutenues fur des espècesde queues, écartées les unes des autres d’un demi»pouce d’intervalle, ligneuses, épaisses, de la lon-gueur d’environ un pouce, de figure irréguliére,& presque quarrée, fortement attachées a la côte,dont on ne peut les arracher qu’avec violence. Cesfeuilles sont situées obliquement fur une même li-gne & alternativement ; elles sont longues d’envi-ron une coudée, larges de deux pouces, fort poin-tues, pliées en dessus par le milieu dans toute leurlongueur, d’un verd pâle des deux côtés, un peu ca-rrelées. De plus elles sont dures , tendues, roides,sèches, ayant des nervures grosses & fermes danstoute leur longueur.

Le Palmier qui nait de lui-même des racines d’unautre, comme dans son sein maternel, commence àdonner des fruits quatre ans après qu’on l’a trans-planté, lorsque le terroir est fertile; 6c 6 ou 7 ansaprès, s’il fe trouve dans un lieu stérile : mais celuiqui vient d’un noyau, est bien plus long-tems adonner du fruit. Le Palmier ne porte des fruits qu’auhaut de son tronc, aux aisselles des branches feuil-lées , qui sont garnies de grandes grapes en formede balais ; lesquelles étant encore jeunes, sont ren-fermées & envelopées chacune dans une gaîne pres-que coriace.

On ne sauroit distinguer par P extérieur la grapedu Palmier mâle d’avec celle du Palmier femelle,lorsqu’elles sont encore cachées dans leurs gaines ;car ces gaines ont la même figure : & ce qu’elles con-tiennent alors , est très blanc intérieurement, lisse 6cluisant de toute part extérieurement, & forme uneespèce de truffe solide, de la figure d’une gaine ; le-quel corps solide est composé de petits bourgeons& de leurs pédicules encore fort tendres, charnus& bons a manger.

Les Palmiers , soit mâle, soit femelle, gardentl’ordre suivant dans la production de leurs différentesfleurs.. Au commencement de Février, 6c peut-être

DATTE.

plutôt, ces arbres poussent leurs boutons dans lesaisselles des branches feuillées; savoir des spathesdroites appuyées fur le tronc par leur face applatie,mais encore cachées fous le réseau, ou envelopéesdes branches feuillées : d’où ces spathes sortent 6ccroissent peu à peu, 6c grossissent tellement par laquantité de fleurs qu’elles portent, que le mois sui-vant elles s’entrouvent dans leur longueur , 6c lais-sent sortir ce corps solide qui ressemble a une truffe,par cette fente qui est a l’un des côtés, & rarementdans tous les deux ; lequel étant ainsi dégagé de sonenvelope, prend bien-tòt la figure d’une grape com-posée d’un très grand nombre de pédicules , qui sou-tiennent les petites fleurs dans le mâle, 6c des espè-ces de petites prunes dans le Palmier femelle, pla-cées dans toute la longueur fans ordre 6c séparément.Les fleurs fervent a rendre fécond le Palmier femel-le , dont les fruits mûrissent lentement 6c seulementdans l’efpace de cinq mois. Les spathes durentpeu de tems ; elles le fanent & fe sèchent , 6cdoivent être retranchées par ceux qui cultivent soi-gneusement ces arbres, 6c qui veulent leur conser-ver une forme agréable. Les jeunes arbres, & ceuxqui sont fort vieux , ne donnent qu’un petit nom-bre de grapes ; mais ceux qui font dans leur vigueuren donnent 8 ou 10.

La grape mâle est parsemée d’un grand nombre depetites fleurs : elle porte 200 pédicules, dont lesplus courts supportent 40 petites fleurs, les moyens60 , les plus longs 80. Ces petites fleurs sont moinsgrandes que celles du muguet, oblongues, k troispétales, a une couleur blanchâtre tirant fur le jaunepâle , 6c d’une odeur désagréable ; elles n’ont pointde pédicule propre, mais un principe charnu de cou-leur herbacée. Les pétales de ces petites fleurs sontdroits, oblongs , concaves , terminés en pointesmousses, pleins de suc , charnus , fermes. Les éta-mines sont velues, roides , très courtes, blanchâ-tres , terminées par de petits sommets remplis depoussière très fine.

Sur la fin de Février 6c au commencement ddMars les spathes fe rompent, les grapes femelles pa-rodient d’abord ; 6c peu de jours après ayant quittéleurs envelopes, elles font nues, portant les em-bryons des fruits envelopés de deux petites mem-branes ou petits calyces, dont l’un est extérieur 6cplus court, 6c l’autre est intérieur, qui envelope im-médiatement le fruit presque tout entier. L’un 6cl’autre caiyce a un bord inégal 6c une superficie unpeu rude. Ces embryons font en très grand nombrefus une grape ; ils ressemblent aux grains de Poivrepour la grosseur 6c la rondeur; leur superficie estluisante & blanche ; leur goût est acerbe. Dans lemois de Mai ces fruits acquièrent la grosseur de nosCérifes, 6c ils sont d’une couleur herbacée. Au com-mencement de Juin ils ressemblent a des Olives pourla figure 6c la grosseur : leurs osselets fe durcissent,6c leur chair perd de son humidité 6c devient plus so-lide: mais le goût 6c la couleur n’en sont point chan-gés. Ils mentissent dans le mois d’Août : ils ne Ramol-lissent pas dans toute leur substance; mais ils acquiè-rent d’abord, le plus souvent k leur extrémité, unetache molle comme celle d’une Pomme qui se pour-rit : cette tache s’étend peu k peu ; 6c toute la sub-stance qui étoit verte, fe change en peu de jours enune pulpe fort douce.

Ces fruits murs , ou ces Dattes , ont le plus sou-vent la figure des glands de Chêne : mais elles sontplus grosses ordinairement , revêtues d’une pellicu-le mince, transparente , luisante, de différente cou-leur, selon celle de la pulpe. Elles contiennent beau-coup de chair , grasse, pulpeuse , d’un goût vineux,très douce, peu attachée k son noyau, dont elle estséparée par une petite membrane blanchâtre, ten-dre , molle comme de la foie, 6c divisée en plusieurspédicules. Le noyau est solide comme de la corne ,