DATTE. DATTE. ìch
dur & ferme ; sa superficie est de la couleur des pe- trois classes, selon leurs trois degrés- de maturité. Lapins de raisins, ou d’un gris plus ou moins déiayé. première est de celles qui font prêtes a mûrir , oûtIntérieurement, la substance est panachée , a peu qui le sont a leur extrémité : la seconde contient cellesprès comme la Noix Muscade ; de figure longue, & qui sont mûres jufqu’k environ la moitié : la troi-quelquefois en toupie , recourbée, convexe d’un íiéme renferme celles qui font entièrement mûres,côté Ôc égale, & partagée de l’autre dans fa longueur On doit cueillir ces trois classes en même tems., depar un sillon. La face convexe est marquée d’une peur qu’elles ne se meurtrissent en tombant d’ellespetite ligne superficielle, qui s'étend dans la Ion- mêmes; on ne peut pas différer de cueillir celles quigueur mitoyenne, au milieu de laquelle on volt un font entièrement mûres; à les autres tomberoient en,point ou une espèce de nombril, qui contient un 2 ou 3 jours si on n’avoit pas foin d’en faire la recol-cartilage blanc, lequel pénétre juíqu’au milieu de la te. Les Païsans montent donc au haut du Palmier, <Scsubstance du noyau , & est la plantule. La moelle cueillent avec la main les Dattes qui sont parvenuesqui est dans ce noyau, n’est pas telle que Rai l’a k l’un de ce^trois degrés de maturité , <3c ils laissentcrû, ni telle qu’il s’est persuadé qu’on pouvoit la sur l’arbre celles qui sont encore vertes , pour les
retirer lors qu’on l’a amolli dans la terre. cueillir une autre fois. Quelques-uns secouent les gra-
Le Palmier se plait dans les Pais brûlans & dans pes ôc font tomber les Dattes dans un filet qui est au-
une terre sabloneufe Ôc limoneuse, légère & nitreu- dessous ; cette manière de faire la récolté des Dattes
se. II s’éléve du noyau ou des racines d’un autre Pal-mier. Lorsqu on sème des noyaux, il en naît desPalmiers mâles ôc femelles : mais lorfqu’on plantedes racines , les Palmiers qui naissent, íuivent le se-xe de leur mère racine. U aime les plaines arroséespar l’eau de fontaine , ou par seau de puits au dé-faut de la première , que l’on détourne, Ôc que l’onfait venir dans les rangs de ces arbres, lorsqu’il estk propos.
On plante dans la terre au Printems ou dansquelque saison que l'on veut, les jeunes poqsses de2 ou z ans, & l’on a soin de les arroser pendant i’Eté.On extirpe celles qui pullulent autour du tronc duPalmier. On a grand soin d’en ôter les teignes, lesfourmis ôc les sauterelles. Ces sortes d’insectes sontfort nuisibles a ces arbres. Lorsqu’ils sont en état deporter des fieurs & des fruits, ceux qui les cultivent,doivent travailler tous les ans pour les rendre fé-conds & en retirer beaucoup de fruits. C’est pour-quoi fur la fin de Février ils cueillent au sommet del’arbre les spathes mâles remplies de fieurs propres arendre fécondes les grapes femelles. Ils ouvrent cesspathes mâles dans leur longueur ; ils en ôtent lesgrapes, dont les fieurs ne sont pas encore épanouies;ils partagent ces grapes en de petites baguettes four-chues autant qu’il se peut, parce que cette figure estplus commode pour l’usage qu’ils en veulent faire,ôc ils les placent fur les grapes femelles. Les uns em-ployeur ces baguettes encore vertes , ôc les placentauffi-tôt fur les grapes femelles qui commencent aparoître : d’autres sèchent auparavant ces baguettes<& les gardent jufqu’au mois de Mars, tems auquelles matrices sont toutes ouvertes, ác deviennent fé-condes par la feule Ôc même opération. Ils placenttransversalement ces baguettes fourchues, au milieude la grape femelle : ou bien ils les attachent de fa-çon que les vents ne puissent pas les emporter, maisde sorte qu’elles y restent quelque tems, jufques-k-ce qu’elles ayent communiqué toute leur vertu auxgrapes femelles , ôc que les jeunes embryons ayentacquis de la vigueur, étant couverts de la poussièreséminale des petites fleurs dont sont chargées les ba-guettes fourchues. Les habitans des deserts réitèrentquelquefois cette opération : mais les Perses ôc tousles Arabes se contentent de la faire une feule fois avec'soin. Les grapes femelles deviennent encore fécon-des fans le secours de l’homme, par le moyen de Pairqui transporte la poussière féconde du Palmier mâlesur le Palmier femelle qui n’en est pas éloigné. Ainsi,quoique ceux qui cultivent les Palmiers 4 distribuentces baguettes fur tous les Palmiers femelles, ceuxqui sont autour des Palmiers mâles, reçoivent enco-re fans le secours de l’art la poussière des fleurs.
Ce que nous venons de dire en abrégé fur la ma-nière de rendre les Palmiers féconds est suffisant ; ilfaut parler maintenant de la récolté des Dattes, dela maniéré dont on les sèche , .de leur expression ôcde leur conservation.
Lorsque les Dattes sont mures , on en distingue
s’observe pour les Palmiers qui sont les moins hauts;On fait la récolté des Dattes en Automne en 2 ou 3fois, jusques a ce qu’on les ait toutes recueillies dansl’efpace de trois mois.
On fait trois classes de ces fruits, selon les degrésde leur maturité, & on les expose au Soleil sur desnattes faites de feuilles de Palmier, pour achever deles sécher. De cette maniéré elles deviennent «sa-bord molles , ôc se changent en pulpe : bientôt aprèselles s’épaiffissent de plus en plus, jusqu’a ce qu ellesne soient plus sujettes a fe pourrir. Leur humiditéabondante se dissipe ; fans quoi on ne pourroit lesconserver si facilement ; au contraire elles fe moisi-roient «Sc deviendroient aigres.
Voici la manière de conserver les Dattes. Aprèsqu’elles sont féchées , ou on les met au pressoir pouren tirer le suc mielleux , & on les renferme dans desoutres de peaux de chèvres, de veaux, de moutons;dans de longs paniers faits de feuilles de Palmiers sau-vages en forme de sacs ; ces sortes de Dattes serventde nourriture au peuple : ou bien après en avoir ti-ré le suc , on les arrose encore avec ce même siteavant que de les renfermer ; ou enfin on ne les pres-se point, & on les renferme dans des cruches avecune grande quantité de fyrop. Tous ces différensfruits s’appelient par les Médecins Latins Caryotœ ,par où ils les distinguent de celles qui font sèches ôcridées, que l’on apporte de Syrie ôc d’Egypte en Eu-rope ; lesquelles ont été féchées fur l’arbre même ;ou que l’on a cueillies lorfqu’elles étoient prêtes Umeurir, que l’on a percées, enfilées Ôc suspendues ;pour les faire sécher.
Après avoir fait la récolté de ces Dattes, ôc lesavoir féchées de la manière que nous venons de le di-re , on en tire par l’expreifion un fyrop qui tient lieiide beurre, étant gras & doux, & qui sert de sauce& d’assaisonnement dans les nourritures. On tire cefyrop de plusieurs façons car les uns mettent uneclaye d’osier fur une table de pierre ou de bois incli-née , «St font un creux au plancher pour y placer unvase de terre, propre k recevoir le fyrop. Ensuiteils chargent ces clayes d’autant de Dattes sèchesqu’elles en peuvent contenir; lesquelles étant presséespar leur propre poids, «St macérées pendant quelquesjours par la chaleur, ( car on fait cette opération eriplein air, ) laissent échaper beaucoup de liqueur, quicoule dans le vase de terre. Ceux qui veulent avoirune,plus grande quantité de fyrop, serrent dé temsen tems lès clayes avec des cordes , & mettent des-sus de grosses pierres. Ces Dattes étant ainsi dépouil-lées entièrement ou de la plus grande partie de leurmiel, sont renfermées dans des instrumens propresà les conserver. On réitéré cette opération, jusquesk ce qu’on ait exprimé le suc de toutes les Dattes.Les Basréens ôc les autres Arabes, qui ont une plusgrande quantité de Palmiers, ont bien plutôt fait :car k la place de pressoir, ils se fervent de chambresouvertes par le haut , planchées ou couvertes deplâtre battit, dont les murailles font enduites dé
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