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en ôte une partie de l’éclât.
II y a souvent jusqu’k ÓOOOO personnes, hommes,femmes, & enfans, qui travaillent à cette mine.Lorsque les Mineurs ont reconnu la place, où ilsveulent fouiller, ils en applatissent une autre auxenvirons, un peu plus grande, & la ferment demurailles de'deux pies de haut, réservant d’espaceen espace au pié du mur des ouvertures propres aécouler seau.
Après quelques cérémonies superstitieuses , & uneespèce de festin que le Maître de la mine sait auxOuvriers, pour les encourager, chacun va a fou-rrage , les hommes fouillant la terre de la place quia été auparavant reconnue, & les femmes & les en-fans la portant dans celle qu’on a environnée demurs.
On fouille jusques à 13 & 14 piés de profondeur,& jusques a ce qu’on ait trouvé l’eau. On cessealors de fouiller, & de l’eau qu’on a trouvée, ons 1 en sert pour laver deux ou trois fois la terre, qu’ona tirée, faisant écouler l’eau par les ouvertures ré-servées k cet effet. Cette terre bien lavée & séchée ,on la vanne dans des paniers faits k peu près com-me les vans , dont en Europe on vanne les grains Zelle se bat ensuite & se vanne encore plusieurs fois :& enfin tous les ouvriers la manient, & en tirentles Diamans. Ils font nuds comme a la mine deRaoíconda, & font observés de même par des In-specteurs. Les Diamans s’y pèsent aussi au mêmepoids, & s’y payent de même.
Mine de Soumelpour , ou autrement de la rivièrede Gouel.
Soumelpour est un gros bourg, dont les maisonsne font que de terre, couvertes de branches de cocos.La rivière de Gouel passe au pié; elle vient des hau-tes montagnes, qui font du côté du midi, & vaperdre son nom dans le Gange. C’ell de cette riviè-re que viennent toutes les belles pointes de Diamant,qu’on appelle Pointes naïves. On ne commence ay chercher les Diamans qu’après que les grandespluyes font passées, c’est-a-dire, après le mois deDécembre. On attend même ordinairement que l’eaufe soit éclaircie ; ce qui arrive dans tout le mois deJanvier.
Au commencement de Février, ou fur la fin deJanvier, il fort de Soumelpour, & de quelques vil-lages voisins, environ 8000 personnes, de tout sexe,& de tout âge. Les plus expérimentés reconnoissent& examinent le fable de la rivière, en remontantdepuis Soumelpour, jusques aux montagnes d’oùelle fort. Un signe qu’il doit s’y trouver des Dia-mans , c’est quand on y apperçoit de ces pierres queles Européens appellent communément Pierres deTonnerre. Tout le fable de la rivière, qui est alorsfort basse, bien examiné, on travaille a tirer celuioù l’onui c-rù remarquer qu’il doit se trouver des pier-res : ce*ui se fait de la maniéré suivante.
On entoure les endroits destinés a être fouillés ,de pierres , de fascines, & de terre ; a peu près com-me on fait, quand on veut travailler aux pilotis d’unpont. Lorsque l’eau en a été tirée, & la placemise k sec, on creuse environ deux piés, & toutle sable qui se tire, se porte dans une place aubord de la rivière, entourée de murs, comme il sepratique a Coulour. Tout le reste s’y fait de mê-me , & l’on n’y a pas moins d’attention pour que lesOuvriers ne cachent, ou ne détournent aucune pier-re.
A cette mine de Soumelpour, on pèse les Dia-mans par ratis ; le ratis n’étant que de sept huitiè-mes de carat, c’est-a-dire, de trois grains & demi ;les payemens se font en pagodes neuves.
Mine de l’IJle de Bornéo , autrement de la rivière deSuccadane.
O11 conwoit peu cette mine; la Reine qui com-
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mande dans la partie de cette grande Isle, où elle fetrouve, ne permettant pas aux étrangers d’empor-ter , & de trafiquer de ces pierres. II s’en voit pour-tant d’assez belles a Batavia, que les Insulaires y ap-portent , & y vendent en cachette : on les croyokautrefois moins dures que celles des autres mines ;mais fexpérience a fait connoître qu’elles ne leurcédoient en rien. Voyez, le Commerce de Cljle de Bor-néo.
Outre ces quatre mines de Diamans, il s’en étoitencore découvert deux autres ; l’une entre Coulour& Raoíconda ; òt.l’autre dans un endroit de la Pro-vince de Carnatica : mais l’une & l’autre ont étéfermées presque auffi-tôt que découvertes ; celle deCarnatica, parce que les pierres en étoient toutesnoires, ou jaunes qu’il n’y en avoit pas une debonne eau ; & l’autre, parce que les pierres, lorsequ’on les égrisoit, se mettoient en morceaux, &qu’elles ne pouvoient résister a la roue.
-j- Les Portugais ont découvert, dans le commen-cement de ce siécle, au Brésil, la plus riche mine deDiamans qui soit au Monde, d’où ils en peuventtirer ce qu’il s veulent : mais le Roi, qui en est leMaître, & qui a accordé de nouveau en 1740. laferme de cette mine a la Compagnie de Rio-Ja-neiro pour 13800 cruzades, y a mis des bornes con-venables, par la condition de n’y employer que 600esclaves. Ces mines du Brésil réparent í’épuisementde celles du Pegu §c de Golconde.
Le Diamant est la plus parfaite, & la plus duredes pierres précieuses. II ne se peut tailler que parsoi-même, & par sa propre matière.
Pour les porter a cette perfection, qui en aug-mente si fort le prix, on commence par les égriser*Egrifer des Diamans, c’est les froter l’un contrel’autre, quand ils font encore bruts, après les avoitmastiqués au bout de deux bâtons assez gros pourles tenir k la main. C’est de la poudre, qui fortdes deux Diamans qu’on égrise, & qui se reçoitdans une petite boète , qu’on nomme Grisoir , ouEgrisoir - dont on se sert pour les dégrossir & pour lespolir.
Les Diamans fe taillent, & fe polissent par lemoyen d’un moulin, qui fait tourner une roue defer doux, qu’on arrose de poudre de Diamant dé-layée avec de l’huile d’olive. On se sert aussi de lamême poudre bien broyée, & délayée dans de l’eau& du vinaigre, pour scier les Diamans ; ce qui sefait avec un fil de fer, ou de lcton aussi délié qu’uncheveu. •
Ces machines, & le moyen de s’en servir, sepeuvent voir dans le savant ouvrage de M. Félibienle Père, où il traite de l’Architecture, Peinture,& Sculpture, & des Arts qui en dépendent.
Quelquefois au lieu de scier le Diamant, on leclive, fur-tout quand il y a de grandes glaces. Cli-ver une pierre , c’est la fendre. Les Européens iso-lent guéres le risquer, crainte de la briser ; les Dia-mantaires Indiens le font hardiment & heureuse-ment.
Le Diamant brut doit être choisi uni, de bonneforme , fans être baroque, ni plein de glaces, transeparent, & qu’il ne soit pas d’un blanc cristalin.
II y a des Diamans sales, noirs, glaceux, pleinsde filandres, & de veines ; enfin de nature k nepouvoir être taillés : on les broie dans un mortierd’acier fait exprès ; & lorsqu’ils font réduits en pou-dre, ils fervent a scig:, tailler , & polir les Diamans.
Les glaces viennent au Diamant, de ce que lesMineurs pour le tirer plus facilement de la veine ,qui serpente entre deux roches, cassent les rochesavec un fort levier de fer ; ce qui étonne la pierre,6c la remplit de glace.
La perfection du Diamant consiste dans son eau,dans son lustre, & dans son poids ; ses défauts fontles glaces, les pointes de fable rouges, ou noires.En Europe, les Jouailliers examinent au jour l’eau
des
DIAMANT.