6$ DEV. DIA.
Devoir. On nomme ainsi en Bretagne, parti-culièrement dans la Prévôté de Nantes, les droitsqui s’y lèvent pour le Roi, & les octrois qui appar-tiennent a la Ville fur certaines espèces de marchan-dises. .
Le Devoir du Quarantième, est un droit qm íepaye fur les marchandises venant de la mer a Nan-tes, & allant de Nantes a.la mer, en passant parS. Nazaire.
Le Devoir de la vieille Coutume fe paye fur lesblés.
Le Devoir de Qui liage fe lève fur les vaisseauxchargés defdits blés, pourvu qu’il y en ait plus dedix tonneaux.
Le Devoir des Brieux est fur les blés amenés dedehors dans le Comté de Nantes.
II y a aussi des Devoirs de Brieux fur les vaisseaux,qui fe payent suivant leur charge. Voyez Brieux.
Le Devoir de registre ou congé, se lève fur les vins.
Le Devoir de Guimple sur les sels venans de lamer au port de Nantes. Voyez. Guimple.
En un mot presque tous les droits qui fe lèventen Bretagne, particulièrement a Nantes & dans laPrévôté, fe nomment des Devoirs. Voyez, Prévôté’de Nantes.
DËUVE. Etoffe de foie, dont il est parlé dansle Tarif de la Douane de .Lyon de 1632. C’est uneefpéce de satinasse , ou d’ostade.
Les Veuves , Ojìades & Satines , de toutes sortes sfabrique de France > payent à cette Douane 'j f. de lapièce , d!ancienne taxation , & 2 f de nouvelle réapré-ciation.
Celles • de fabrique étrangère payent 6 fols cTanciensdroits , & 2 fols de nouveaux.
DEUX. Nombre pair, qui fuit Un, & qui pré-cédé Trois. C’est par ce nombre qifon commenceles multiplications du Livret. Deux.multiplié par lui-meme fait quatre : deux fois deux font quatre. Deuxen chiffre Arabe fe met ainsi ( 2) ; en chiffre Ro-main, de cette manière (.11) ; 6c en chiffre Fran-çois , de compte, ou de finance, de la forte ( ij ).
DEUXIEME. Adjectif numéral. Ce qui est aprèsle premier, ce qui est au second rang.
DIA C ART AMI. Electuaire composé de diver-ses drogues ; entr’autres, de la semence , ou moel-le du Cartami, qui lui a donné son nom.. Voyez Sa-fran.. ‘
DIACODUM SIMPLE. On appelle ainsi le sucexprimé des têtes de pavots blancs & noirs , qu’onrecueille en quelques endroits dps environs de Pa-ris. Ce suc approche assez de ,1’Opium duLeyant.Voyez Opium.
DIAGREDE. C’est le nom qu’on donne a la Scam-monée , lorfqu’elle a été corrigée de fa trop gran-de force par quelque préparation. Voyez Scammo-ne’e. . '
* DIAMANT. Pierre précieuse, qui tient le pré-mier rang parmi les pierreries, & la plus dure de tou-tes elle est toute transparente. & brillante commel’eau la plus pure. Le Diamant est quelquefoisgâté par une couleur étrangère, blanche, jaune ,ou noire ; ce qui est un défaut.
II s’en trouve qui font teints de jaune, de rou-ge , de bleu & de verd , quoique ces derniers soientfort rares , comme le dit le célébré Woodward , Dis-tribution des Fossiles p. 328.
II ne fe trouve de Diamans qu’aux Indes Orien-tales, & feulement dans les Royaumes-de Golcoii-de , de Vifapour , Sc de Bengale, & dans l’Ifle deBornéo. Ces trois Royaumes ne font pas extrême-ment éloignés de Pondichery, principal établisse-ment des François dans l’Orient. Pour Piste de Bor-néo , elle est située entre Malaca, & les Moluqnes ,s’étendant depuis un degré du côté du Nord , jus-qu’au septième degré au Nord-Est.
II n’y a que quatre mines, ou plutôt deux mines
Diamant. ss
& deux rivières , d’où l’on tire les Diamans. Lesmines font; i°. Celle de Raolconda dans la provin-ce de Carnatica,'a 7 journées de Golconde, & à 8 ou9 de Vifapour ; elle n’est découverte que depuis en-viron 200 ans.
2. 0 . Celle de Gani en langue du pais, ou Coulouren langue Persienne , a 7 journées de Golconde, ti-rant droit au Levant. Cette mine fut découverte il ya environ 120 ans par un pauvre homme, qui tra-vaillant a la terre, trouva une pointe naïve de 2;carats.
3 0 . Celle de Soumelpour , qui est un gros bourgdu Royaume de Bengale, assez -près du lieu où fetrouvent les Diamans; elle est la plus ancienne detoutes. Il faudroit plutôt l’appeller Goiiel , qui est ienom de la rivière, dans le gravier de laquelle cespierres fe cherchent & fe rencontrent. Enfin la qua-trième mine , ou plus proprement la seconde rivière,est celle de Succadane dans l’Ifle Bornéo.
Mine de Raolconda.
Aux environs de cette mine, la terre est sablon-neuse & pleine de roches & de taillis. 11 fe trouvedans ces roches plusieurs petites veines d’un demi-doigt, & quelquefois d’un doigt. de large , d’oùavec de petits fers crochus, les Mineurs tirent lefable , ou la terre, dans laquelle font les Diamans,brisant les roches , quand la veine finit, afin d’en re-trouver & continues la trace.
Quand on a tiré une quantité de terre , ou de fa-ble suffisante , qu’on met dans des vaisseaux propresa cet usage, on la lave deux ou trois fois, & l’on ensépare les pierres.
Les Mineurs font absolument nuds, k la réserved’un très petit linge, qui les couvrepardevant. Ou-tre cette précaution des Diamantaires, ils ont enco-re des Inspecteurs, pour empêcher qu’on ne leurcache quelque pierre ; ce qui malgré leur attention
6 leurs foins, ne laisse pas quelquefois d’arriver.Ces Mineurs , quand ils ne font pas bien observés,en avalent souvent d’une grosseur assez raisonna-ble. .
O11 pèse les Diamans a cette mine par mangelins,le mangelin pesant un carat | de carat, c’est-a-dire,
7 grains. Le payement s’en fait en pagodes neuves,qui tantôt valent trois roupies & tantôt trois roupiesòt demie.
Depuis que le Mogol a fait la conquête du Royau-me de Vifapour, les mines de Diamans lui appar-tiennent. On payoit autrefois au Roi de Golcondeune pagode d’or pour avoir le droit d’y fouiller pen-dant une heure, soit qu’il fe trouvât des Diamans ,soit qu il ne s’en trouvât point; présentement leMogol les afferme, a la réserve d’une feule qu’il s’estréservée , qui est assez abondante ; mais comme il yfait travailler plus de 6000 ouvriers, les fraix em-portent la plus grande partie du profit, oâe quemalgré toutes les précautions qu’on prend, ces tra-vailleurs ne manquent pas d’adresse pour détournerles plus belles pierres , qu’ils vendent ensuite auxEtrangers.
Mine de Gani , ou Coulour.
11 fe trouve dans cette mine quantité de pierres,depuis 10 jufqu’k 40 carats, même de plus grandes;& c’est où s’est trouvée cette fameuse pi erre d’Au-reng-zeb, Empereur du Mogol, qui avant d’êtretaillée, pefoit 907 ratis, caii font 793 carats, &£de carat.
Les pierres n’y font pas nettes, ôc leur eau y tientordinairement de la qualité du terroir, où elles fetrouvent ; noire, s’il est marécageux ; rougeâtre,s’il tire fur le rouge ; & quelquefois verte , ou jau-; .ne, s’il est jaune, ou verd. Un autre défaut encoreassez considérable, est une efpéce de graisse, quiparoît fur le Diamant, quand il est taillé , & qui
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