7 ï DIAMANT.
«détendue, le défaut de couleur, ou de forme, les.glaces, ;es pointes rouges ou noires, & autr#s sem-blables défectuosités, qui fe rencontrent assez souventdans ces fortes de pierres précieuses, en peuvent di-minuer ie prix, souvent d’un tiers, & quelquefois de1& moitié.
Pour ce qui est des Diamans épais, ou brillans,le prix en est toujours moins fort d’un tiers queceux qui font a facettes d’étendue, quoiqu’ils soientdes mêmes poids ; & cela parce que les derniers,à cause de leur étendue, paroiiîent beaucoup plusque les autres, lorfqu’ils font mis en oeuvre dans■leurs chatons.
Vente des Diamans à Amsterdam.
Les gros Diamans fe vendent a Amsterdam a tantde florins la piéce, suivant leur grosseur & leurbeauté.
Pour les netits ils fe vendent au carat, a tant deflorins le ca at. Ils donnent les uns & les autres ,pour toute déduction pour le promt payement, unpour cent.
Il faut observer que quatre grains font un carat :ainsi qumd on rarle d’un Diamant de 60 grains,cela veut dire qu’il réí'e 15 carats; il en est de memedes autres qui pèsent plus ou moins de grains.
f Mr. Elliot, a donné un Mémoire dans lesTransUJ. F kilos, de la Société Royale de Londres, A.iyq.ç. fur la gravité spécifique des Diamans ,dont le climat, la grosseur, & la transparence aif-féroient. Ces différences n’en produisent pas fur lagravité, une de T ' w . La gravité spécifique desDiamans du Brésil est a celle des Diamans de l’O-rient, comme 3 j 13 est a 3 s" 17-
11 est permis à toutes sortes de personnes de faire en-trer des Diamans en France, en payant les droits d en-trée fur le pié de cinq pour cent de leur valeur. 11 n enest pas de même pouf la sortie, où ils font réputés decontrebande, Ù comme tels sujets à être saisis & con-fisqués , à moins qu ils ne soient accompagnés d un pas-seport du Roi , auquel cas ils doivent payer fix pour centde leur valeur , suivant P estimation .qui en est faite ,supposé que le passeport ne porte point d exemption aedroits. Cejl le Tarif de 1664. qui a ainsi réglé lesdroits T entrée & de sortie des Diamans > fous le titrede Pierreries.
On appelle Diamans de Baffa d’assez belles pierresqui fe trouvent dans les montagnes du voisinage deBaffa, gros bourg ou petite ville de i’Ifle de Clnpre :elles font assez estimées , & peuvent aisément passerpour de véritables diamans, quoique les connoifleursy trouvent quelque différence.
L’art qui imite la nature en tant de choses, a vou-lu aussi imiter cette admirable production ; mais il11e l’a fait qu’imparíaitement ; les faux Diamans,qu’on appelle en France Diamans du Temple , a Cau-se du Temple de Paris, où s’en est fait la meilleu-re fabrique, n’approchant nullement des véritables :aussi ne font-ils de presque aucun prix. II s’en faitpourtant un assez grand négoce pour les habits demasque, & particu iérement pour ceux des Acteursdes O eras, Tragédies, & Comédies.
Les Diamans d Alençon font encore une autreforte de faux Diamans ; ils fe font de pierres , oude cristaux, qui fe trouvent prés d’Alençon Villede Normandie. Le vissage où ils croissent, & quiest a deux lieues de cette Ville, fe nomme Her-tré ; le terroir est plein de fable luisant, & de ro-ches dures & prises. 11 v a de ces Diamans si nets ,ik si brillans, que quelques-uns s’y font trouvés trom-pé».
II fe rencontre aussi fur les Côtes de Medoc cer-tains caillons durs & tranfparens , lesquels étanttaillés comme il faut, ne laissent pas de fe distin-guer parmi les Diamans faux, s’en trouvant de trèsdurs, & de très brillans.
DIA. DIC. 7 1
Diamant. On íe sert du Diamant dans les Ma-nufactures des glaces, pour les équarrir 3 & chez lesVitriers pour couper leur verre.
Ces Diamans font néanmoins montés diversement,
& ont différons noms.
Le Diamant pour les glaces , qui sert aussi auverre de Lorraine, fe nomme Diamant à rabot :celui des Vitriers s’appelle Diamant à queue. L’un& l’autre font enchâssés dans une virole de fer de 'deux pouces de longueur , & de 2 ou 3 lignes dediamètre. De l’étain fondu remplit le creux de lavirole, & y affermit le Diamant. Quand au boutde cette virole, il y a un manche de buis , ou d’é-béne, environ de six pouces de long , on l’appelleDiamant à queue ; s’il n’y a point de manche, &que la virole traverse un morceau de buis, en formede petit rabot, doublé par dessous d’une plaquede cuivre, il prend le nom de Diamant à rabot. Onfe sert de tous les deux, en les appuyant íùr la glace,ou fur le verre , le long d’une régie de fer, cu debois. Voyez Glace , & P Article du Verre.
DIAMANTAIRE. C’est un Lapidaire, ou Ou-vrier, qui taille les Diamans, qui s’y connoît,&qui en fait trafic. Voyez Lapidaire.
Les Diamantaires Indiens font fort adroits a ca-cher les défauts de leurs Diamans; & les Européens,qui vont aux mines, doivent être toujours fur leurgarde avec eux. S’rl y a quelque glace, quelquespoints, ou quelque petit fable noir ou rouge, ilscouvrent toute la pierre de petites facettes, iìs lafont brûler, pour faire noircir les points qui fontrouges , ces derniers la rendant plus défectueuse ;
& ont encore mille autres inventions pour tromperles étrangers.
Pour ce qui est du poids , on n’y peut être trom-pé , a moins qu’on ne les achète en cachette ; lesPrinces dans les Etats defquels font les mines deDiamans, y ayant établi des Officiers a leurs gages,qui les pèlent avec grande fidélité.
Ce Commerce caché, dans lequel on peut êtresurpris au poids par le Vendeur, est défendu fousde grandes peines, ne fe faisant que de pierres,qu’on a cachées aux Commis du Prince, ou queles Mineurs ont eu l’adresse de mettre à part, fansêtre aperçus. Mais le profit est si considérable , queles Européens font ce Commerce de contrebandeautant qu’il leur est possible ; les Indiens de leurpart fe fiant plus au secret des étrangers , qùa ce-lui de leurs propres Compatriotes.
DIAPÁSON. Terme de Fondeur. Instrument quisert a connoître la grandeur, l’épaisseur & le poidsdes cloches qu’ils sondent ; on l’appelle aussi Echel-le Campaneiie, Régie, Bâton, ou Brochette. Voyez.Fondeur de grands Ouvrages.
Diapason. Les Faiseurs d’instrumens de musi-que , a vent, comme orgues, flûtes, trompettes ,flageolets, hautbois, & autres semblables, cnt aussileur régie, ou Diapason, sur laquelle ils propor-tionnent les grosseurs, longueurs, & ouvertures deleurs tuyaux óc instrumens, pour trouver les justesdégradations des tons, femitons, & autres consonan-ces.
DIAPHORETTQUE D’ETAIN. Voyez Etain,Vers le commencement de P Article.
* DICTAME. Plante Médicinale. C’est, selonM. de Tournefort , une efpéce d’Origan, qui a lesfeuilles rondes & couvertes d’un velu blanc. L’ori-gan est un genre de plante a f eur labiée ou engueu-le , de la 4 e . classe des Institutions Botaniques deM. de Tournefort.
-j- On trouve sous ce nom dans les Boutiques desfeuilles arrondies, de la longueur d’un pouce, tirantfur le verd , couvertes de duvet ôc d’un poil épais ,soutenues souvent fur de petites tiges, du sommetdesquelles pendent des espèces d’épis formés de feuil-les en maniéré d’écaille , de couleur de pourpre ,d’une odeur pénétrante & agréable, d’un goût acre,
suroma-