n DICTAME;
aromatique, brûlant. On les apporte de fille de Crète,où certe plante vient d’elle-même parmi les fentesdes rochers. II faut choisir celles qui font récentes ,bien nourries, entières , qui ne font point moisies ,également velues, d’un goût brûlant, & qui font odo-rantes.
Les Anciens eslimoient beaucoup cette plante,que leurs fables , & leurs Poètes avoient rendu fa-meuse ; ils la croyoient spécifique pour les blessuresdes flèches , qu’eíle faifoit sortir des playes avec fa-cilité ; & selon eux, elle ne croilïoit que dans i’issede Crète, encore n étoit-ce que dans un coin assezreculé.
II n’est pas bien sûr qu’ils’en trouve encore pré-sentement en Candie; voici néanmoins la descrip-tion que les Auteurs ont faite du Diffame de Crète.
Cette plante a quantité de tiges entassées, & cou-vertes d’un coton fort blanc, & touffu; ses feuilles,qui font aussi cotoneufes, font rondes & épaisses ;ses fleurs* qui neparoissent qu’au sommet des tiges ,font purpurines, & semblables aux violettes, maisd’un violet plus clair -. fa semence se trouve dans lecalice de la fleur, quand elle est passée.
Le Dictame des Modernes , qu’on nomme DiPta-5 m e blanc , ou Fraxinelle , a cause de ses feuilles sem-blables a celles du frêne, appellé en latin Fraxinus ,n’est guéres moins estimé, ni moins précieux que ce-lui des Anciens. II se trouve dans les forêts deProvence & de Languedoc : fa racine, dans laquel-le réside toute fa vertu, n’est guéres plus grosseque le doigt ; quelquefois elle est branchue , & di-visée en quantité de petits rameaux; fa couleur estblanche ; son goût amer ; son odeur forte , & sen-tant le bouquin : elle pousse des tiges de deux piésde haut, rougeâtres, & chargées de feuilles , com-me on l’a dit, semblables a celles dufrêne; au hautdes tiges s’éléve la fleur, en manière d’épi , de 'couleur approchant d’un gris de lin, mêlé de pour-pre ; au milieu de ces fleurs est placé un pistile char-gé de cinq petites têtes , où fe trouve la semence ,qui est noire, luisante, ovale , & pointue par unbout.
La racine de ce Dictame est estimée fort excel-lente contre la morsure des bêtes venimeuses, con-tre les vers qui s’engendrent dans le corps humain,contre la colique, *&c. II faut choisir cette racineblanche dedans, & dehors, fans fibres, & bien mon-dée.
L’écorce de cette racine, dont on fait principale-ment usage, est un peu épaisse , blanche, roulée com-me la canelle , d’un goût un peu amer, avec.unelégére acreté; d’une odeur agréable & forte lorsqu’el-le est récente.
Le P. Labat dit que cette plante, de même qu’uneinfinité d’autres médicinales , croît en abondance &en perfection dans la Calabre.
Il y a encore plusieurs fortes de Dictâmes, maismoins estimés, & de peu d’ufage ; comme le Dic-tame bâtard, qui a la feuille plus petite ; le Dictamesauvage, qui ne porte ni fleur , ni fruit ; & un autredont les feuilles sont semblables au Sifmbrium , & lesfleurs a l’Origan.
Dictame de Virginié. Plante qui est un contre-poison. Voyez. Serpentaire de Virginie.
Tous ces Dictâmes, k la réserve du Dictame deCrète, qui n’est plus guéres connu en France que par- son ancienne réputation, quoique pourtant on en fas-se passer quelques-uns fous ce nom, font une partiedu négoce des Epiciers-Droguistes.
Le Ditlame en fleur paye en France les droits d’en-trée , a raison de q liv. du cent pesant , conformémentau Tarif de i66q. ou il es appellé Dictamum, & la ra-cine de Dictame .3 liv.
A íégard des droits de la Douane de Lyon, le Dic-temus commun ( iles ains nomme dans le Tarif de cettéVille de 1632. ) paye 12 f le cjuintal d!ancienne taxa-Diblitìn. de Commerce. Tom. II.
DID. DÎN. 7-4
tion, & ÎO f.'de nouvelle réapréaciation ; & eûcore IZf. z d. pour les anciens quatre pour cent, & 2$ fl pourleur réapréciation.
DIDEAUX. Sorte de grands filets, qu’on sus-pend aux arches des ponts & aux pertuis des mou-lins , pour y arrêter tout ce qui y passe & que seauy charie. Comme ces filets fervent auffi a la pêchedu poisson, on met ordinairement au fond du Di-deau des bires ou nasses d’osierdans les tems ordinai-res , & seulement des sacs ou chausses des filets , dansla saison de la Fraye.
Les articles VIII & IX du titre XXXI de l’Or-donnance de 1669. fur le fait des Eaux & Forêts, rè-glent également le moule des chausses & des sacs, &•la distance des verges, des bires , & des nasses d’o-sier. Voyez Pescheur.
f DIDRAGME. Voyez Dragme.
DIFFERENT. Terme de Monnoyâgé. C’estuìiémarque que les Tailleurs particuliers des Monnoiesde France, auffi-bien que chaque Maître des mêmesMonnoies, doivent avoir s pour faire reconnoître lesespèces, dont les uns ont gravé les poinçons, & lesautres ont conduit la fabrique , afin d’en répondreen cas de contravention aux Ordonnances. Ces Dif-ferens font suivant leur fantaisie, un soleil , un. croissant, une étoile, un animal, un fruit, & au-tres choses semblables ; & se mettent a leur choix ducôté de l’effigie, ou dû côté de l’écusson. Voyez Mon-noie , ó’Monnoyage. Voyez auffi Tailleurs , oúGraveurs en Acier.
DIFFINITIF, ou DEFINITIF. Terme de Manu-facture de lainerie. Il se dit chez les Tondeurs dedraps , du tuilage des étoffes ; c’est-a-dire, de cettedernière façon qu’ils donnent, après qu’elles ont étéentièrement tondues, rangées & couchées avec lecardinal & la brosse. Ils appellent cette façon Tuila-ge Diffinitif, parce que c’est la fin de leur ouvrage,c’est-a-dire, la dernière façon qu’ils dorment a l’é-toffe. Voyez Tuile.
DILIGENCE. Voiture publique paf eau, ou parterre , qui va en moins de tems que les voitures or-dinaires dans des Villes de grand commerce. Telle estla Diligence de Paris a Lyon , & de Lyon a Paris 5celle de Lyon a Geneve & de Geneve à Lyon , Szc.Voyez Coche.
Ces voitures font très commodes dans le négoce ,soit pour les marchandises, soit pour les Marchands.Les Maîtres, ou Fermiers des Diligences, font obli-gés a donner les mêmes sûretés ordonnées pour lesvoituriers ordinaires, tant pour leurs registres , quôpour leurs feuilles & leurs lettres de voiture. VoyezVoituriers.
Diligences, au pluriel. Se dit en général detoutes les poursuites qui se sont en Justice, pour sefaire payer de quelque somme , ou se maintenir dansquelque droit.
Diligences, en fait de Commerce. S’entenddesprotests qu’on est obligé de faire, faute d’aeceptation,ou faute de payement d’une Lettre de Change, pourassurer son recours fur le Tireur, ou Endosseur , 011pour faire payer l’Accepteur.
On fait aussi des Diligences pour des billets deChange; mais ce ne font que de simples sommations,& non des protests : on péiit voir cette différenced’ufage dans le Chapitre VII. du Livre III. de la pre-mière Partie du Parfait Négociant de M. Savary , aufiì-bien que les tems fixés par l’Ordonnance , pour lesfaire, & pour les dénoncer & signifier, & a qui. VoyezProtest.
DlMlTE. C’est une des deux espèces de toilede coton, qui se fabriquent dans l’ífie de Sipbantol’une des Ifles de l’Archipel elle est croisée & d’untrès bon usage. Gest vraisemblablement la mêmeque Demi te.
DINANDERIE. Marchandise de cuivre ouvré,qu’on appelle plus communément Chauderonnerie ,
I) pares'