ïo5 DORURE,
îe Coussinet, après que l’Ouvrier pour y faire tenirfur ses deux branches , plus ou moins ouvertes,les portions des feuilles de ce métal , qu'il veutplacer fur la tranche , les a frotées contre se joue ;ce qui leur communique une chaleur suffisante pourhaper For. Ce Compas, qui est de fer , a plusde Pair d’une paire de ciseaux sens anneaux, quede l’outil dont il porte le nom , auquel il ne ressem-ble guéres j le clou , qui en unit les deux bran-ches^ n’étant pas au bout , comme au Compas ;mais au milieu, comme aux ciseaux.
Quand la tranche est dorée , on la fait sécher aufeu, sens la tirer de la presse, après quoi on labrunit. C’est fur cet or ainsi appliqué, qu’on fai-foit autrefois avec de petits fers chauds ces orne-mens, qu’on a voulu renouveller au commencementdu XVIII e . siécle, & dont l’art, par un terme nou-vellement inventé , s’appelle Antiquer. Voyez. An-
La Dorure des Livres fur cuir ne íe tait qu-a-près que la couverture est entièrement achevée.Dans les Relieures ordinaires , on ne dore que ledos des Livres, & les bords extérieurs de la couver-ture. Outre les fleurons, lee roses , les points, & lesétoiles, dont on orne communément le dos des Li-vres , & qui remplissent Fentre-deux de chaque ner-vure , l’on y met en lettres d’or capitales le titre dechaque Livre, & le numéro des tomes j quelquefoisdans l’espace d’une seule nervure , quelques dansdeux nervures, qui font la seconde, & la troisièmed’enhaut.
Les Dorures extraordinaires couvrent souventtoute la couverture extérieure & intérieure du Livre,quand i’intérieure est de peau & non de papier mar-bré j ce qu’on a toujours coutume de faire, lorsequ’on veut une relieyre propre.
Souvent cette Dorure n’est qu’une espèce d’orne-ment en forme de dentelle , & de broderie , qui faitdes enquadremens autour. Mais souvent aussi lesarmes de celui auquel doit appartenir le Livre,augmentent cette magnificence , soit qu’on en mettede petites au dos entre chaque nervure, soit qu’onn’en place qu’une grande au milieu de l’un ct del’autre côté de la couverture.
Tous ces ornemens íe font avec des fers a dorer,qu’en général on nomme de petits fers, & qui enparticulier ont des noms différens , suivant les cho-ses qui y font gravées.
La gravure de ces fers est de relief, soit qu’ellesoit sur la pointe du poinçon, comme aux lettres ,aux points, aux roses, aux étoiles, &c. soit qu’ellesoit faite autour d’un petit cylindre d’acier, commeaux lignes, & aux broderies.
Les Poinçons font leur empreinte en les pressantà plat, & les cylindres en les roulant le long d’unerégie de fer, par le moyen d’une double brancheaussi de fer, dans le milieu de laquelle elles tiennentpar une broche pareillement de fer , qui traverse lemilieu de leur diamètre j les uns & les autres ontdes manches de bois.
Pour appliquer For, on glaire le cuir légèrementavec un pinceau, ou une petite éponge aux endroitsfur lesquels doivent se passer les fers ; & après qu’ilest demi-sec, on place dessus les feuilles d’or tailléesavec un couteau de la largeur convenable, sor les-quelles ensuite on presse les poinçons, ou bien l’onrouie les cylindres, les uns & les autres raisonna-blement chauds. Si ce sont des poinçons d’Armoi-ries, & qu’on veuille que l’empreinte ait beaucoupde íelief, on les frape avec un maillet, ou un mar-teau.
Quand la Dorure est achevée, on recueille avecune brosse médiocrement rude le superflu de For , nerestant de dorés que les endroits où les fers chaudsont fait leur impression ; ce qui n’est pas de si petiteimportance qu’il n’y ait des Doreurs de Livres furBillion, de Commerce. Tom, II,
DOR. D OU. io<$
cuirs, qui ramassent de cet or pour des mille 5 ? dou-ze cens livres par an. Voyez. Fers. Voyez au£i Re-lieur, & Relieure.
Dorures fausses. Ce sont des étoffes , quiviennent de la Chine , d’une fabrique extrêmementingénieuse, & tout à fait inconnue en Europe. El-les sont de satin a fleurs d’or , ou d’argent ; mais For,ou l’argent, qui composent ces fleurs, ne sont pointdes fils fins, ou faux tirés de ces métaux : ce ne sontque de petits morceaux de papier doré ou argenté ,coupés en filets longs & étroits , qui ont tant d’é-clat , que For de Lyon , ou de Milan , qu’on em-ployé dans les étoffes de France, n en ont guéresdavantage. Cette fabrique est plus curieuse qu’utile,lapluye, ou Fhumidité les gâtent, en les amollis-sent ; & un usage assez court les use, & les perdabsolument.
Dorures fines. C’est ainsi que les Commis em-ployés dans le Commerce de la Chine, appellent engénéral toutes les riches étoffes d’or & d’argent ,dont ils font mention dans leurs factures, commepour en faire une opposition avec les Dorures faus-ses , dont il est parlé ci-destus.
Dorures de Nanquin. Ce sont des satins de laChine à fleurs d’or, appellés ainsi d’une des principa-les Villes de ce vaste Empire, dont For est plus beau,& les Ouvriers plus habiles que ceux des autres Pro-vinces.
DOS. Terme de Manufacture de Lainerie. Onappelle le Dos d’un drap, d’une serge, ou d’une au-tre étoffe de laine, la partie qui est opposée aux li-sières, quand la pièce est pliée en deux dans fa lon-gueur. Les Fabriquans & les Manufacturiers l’ap-pellent plus ordinairement le Faîte d’une étoffe.Voyez. Faîte.
Dos. Se dit encore dans les arts & métiers , dedifférentes choses qui ont un devant & un derrière ,le Dos étant toujours ce qui est opposé au devant.Le Dos d’un Livre, le Dos d’un Couteau, le Dosd’une serpe , & de quantité d’autres choses.
Un peigne a Dos , est un peigne quin’a point dechamp , c’est-a-dire, qui n’a des dents que d’un cô-té. Voyez. Peigne.
Laver a Dos. Se dit des toisons des brebis &des moutons , qu’on lave fur le Dos de Filmai, a-vant de les couper. Voyez Laine.
DOUANE. Bureau établi sor les frontières d’unEtat, ou dans quelques-unes de ses principales Vil-les, pour la perception des droits d’entrée & de sor-tie , imposés fur îes marchandises par l’autorité duPrince, & réglés par ses Tarifs.
11 y a en France quantité de ces Bureaux, nonseulement sur les frontières du Royaume , mais en-core a Feutrée des Provinces réputées étrangères ;mais il n’y en a néanmoins proprement que trois ,auxquels par distinction on a conservé le nom deDouane; les autres s’appeliant plus ordinairementBureaux des cinq grosses Fermes, ou plus simple-ment Bureaux des Fermes, ou de la Ferme.
Ces trois Douanes sont, celle de Paris, la princi-pale de toutes ; celle de Lyon ; & celle de Valence.Les droits sc payent dans les deux dernières suivantleursTarifs particuliers, ct dans celle de Paris, aussi-bien que dans tous les autres Bureaux du Royau-me, conformément aux Tarifs'de 166.j.. & de 1667.& encore suivant divers Edits, Déclarations, & Ar-rêts du Conseil, donnés depuis pour F augmenta-tion , ou diminution des droits d’entrée & de sor-tie sor certaines marchandises, lesquels nouveauxTarifs, particulièrement celui de 1667. doivent aussiêtre suivis dans les Douanes de Lyon & de Valen-ce. Voyez Tarif.
On ne parlera ici que de la Douane de Paris,comme de la plus considéfttble du Royaume ; ce quisuffira pour donner une idée de toutes les autres,qui ne sont guéres différentes que par le nombre
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