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Tome 2.
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î 67 DROITS.

Les premiers, fans aucun égard , soit pour la na-ture & la qualité des marchandises, soit pour les ca-pitulations que les Nations Chrétiennes ont obte-nues de la Porte, font levés a 20 pour cent de leurvaleur, qui se régie par estimation. Les autres,qu’on nomme Douane du Divan , font arbitraires ,mais toujours très hauts ; à la réserve de ce qui íêpaye pour le poivre, le cassé , les toiles de coton ,les porcelaines, les vernis de la Chine & du Ja-pon , & les toiles de foie, brocards, & autres étof-fes de la Chine, qui ont leur Tarif particulier.

Outre ces deux Droits, il se paye encore le DroitDoré , qui est le dixième de ce qui a été payé pourla première taxation.

Pour les Droits de sortie , on peut presque direqu’il ne s’en paye aucun,puisqu’ils ne consistent qu’endemi pour cent, qui est plutôt le salaire du Doua-nier que le Droit du Souverain. On rappelle aussiDroit Doré , comme celui qui se paye a l’entrée.

. On peut mettre pareillement au nombre desDroits, qui se payent au Caire, le Droit de Consulat ,qui se paye plus ou moins, suivant qu ils sont ré-glés par chacune des Nations Chrétiennes. Ceux dela Nation Françoise sont de trois pour cent.

Tout ce qu’on vient de dire des Droits d’entrée &de sortie, qui se payent au Caire, à sexception desDroits de la Douane du Divan, doit aussi s’enten-dre d’Alexandrie & de Rosette.

Constantinople, Smyrne,A LE X ANDRE TTE, ALEP, SeïDE,

Chypre, &c.

Les Droits d’entrce & de sortie, qui se payent auxDouanes de toutes ces Echelles, se nomment Droitsd’Ermin.

Les François, quoique les plus anciens alliés dela Porte, les ont long-tems payés fur le pié de5 pour cent j Sc ce n’est que depuis Tannée 1673.que Mr. de Nointel Ambassadeur de France auprèsdu Grand Seigneur, les fit réduire dans le renou-vellement des capitulations, que la Nation Fran-çoise ne les paye plus que fur le pié de 3 pourcent.

C’est aussi fur ce pié que les Anglois, les Hollan-dois, & les Génois payent le Droit d’Ermin. ATégard des Vénitiens , ils continuent de le payerh 5 pour cent, qui est aussi le Tarif réglé pour lesJuifs.

Le Droit Doré, dont on a parlé ci-dessus, se payepareillement à l’entrée Sc à la sortie.

Pour les Droits de Consulats, ils font différons ,non seulement, commeonl’adéja dit, félonies na-tions , mais aussi selon les lieux.

Il n’y a point de Consul François a Constanti-nople; Sc l’Ambassadeur de France, qui en tientlieu, ne lève aucun Droit fur les vaisseaux de la na-tion.

A Smyrne, Sc dans toutes les autres Echelles duLevant, hors les trois qui font fur les côtes d’Egyp-te, les Droits des Consuls de France font de 2 pourcent, Sc ceux de leur Chancellerie de 3 piastres parvaisseaux.

Les Droits des Consuls des autres nations fontsemblables, fi Ton en excepte la Hollandoife , dontle Consul ne léve qu’1111 & demi pour cent sur iesvaisseau# de fa nation , quoiqu’il en fasse payerdeux a ceux qui font le commerce fous leur ban-nière.

II faut remarquer que, quoique le Droit duConsulat, que payent les François, soit dû à rai-son de deux pour cent, il est assez ordinaire &presque tourné en coutume, sur-tout quand íe char-gement d’un vaisseau est considérable, de n’en payerqu’un demi pour cent, Sc fflcme sur une estimationtrès modérée.

DRO. DUC. 168

Une autre remarque, qui regarde les DouaniersTurcs, est que quoi qu’on diíe des avaniesqu’ilsfont souvent aux Marchands Chrétiens, ils fonten bien des choses moins sévères que les Commisdes Douanes de plusieurs Etats Chrétiens , sur-toutpour les fausses déclarations de la quantité , ou dupoids des marchandises, qui n’en portent pas laconfiscation, mais qui seulement, outre le payementde ce qui n’a pas été déclaré, empêchent qu’ils nefastent aucune remise par les Douaniers : ce qui au-trement leur est allez ordinaire.

On n’entrera ici dans aucun détail des Droitsd’entrée & de sortie , qui se payent dans les troisautres parties du monde, où les Européens portentleur commerce.

i°. Parce qu’a l’égard des côtes d’Afrique, onen a parlé a T Article des Coutumes, qui est lenom qu’on donne a ces Droits, Sc qu’il en est ou-tre cela traité amplement à l’Article général du Com-merce.

2 0 . Parce qu’on n’a pas non plus oublié au mê-me endroit de rapporter tous les Droits , dont on apû avoir connoissance, qui se payent en Perse, danstoutes les Indes, au Japon, Sc a la Chine.

3 0 . Enfin parce que, pour ce qui regarde l’A-mérique, les diverses nations qui la partagent nefaisant guére entr’elles qu’un commerce de con-trebande , Sc pour ainsi dire incognito , ce détail ,quand on en auroit pû faire aisément la décou-verte , ne seroit pas d’un grand usage, vû T in-terdiction réciproque de négoce, qu’il y a entretoutes les nations d’Europe dans ce grand Conti-nent.

DROMADAIRE. Espèce de Chameau plus pe-tit Sc plus foible que le vrai Chameau. Voyez. Cha-meau.

DROUINE. Les Chauderonniers, qui courentla campagne, nomment ainsi une espèce de havre-sac de cuir avec des bretelles, dans lequel ils por-tent fur leur dos leurs outils , Sc une partie de leursmenus ouvrages. Voyez. Chauderonnier.

DROUINEUR. Les Chauderonniers en bouti-que nomment ainsi par dérision ceux de leur métier,qui vont par les villages, la Drouine fur le dos,raccommoder la vieille chauderonnerie.

Les mots de Drouine Sc de Drouineur viennentd’Auvergne, province de France, d’où il fort tousles ans quantité de ces petits Chauderonniers.

DROUSSER, DROSSER , ou TROUSSERLA LAINE. Terme de Manufacture de draps.Voyez rjrticle suivant.

DROUSSEURS, DROSSEURS, ou TROUS-SEURS. Ce font les divers noms qu’on donne dansles fabriques de draperies a certains Ouvriers, dontla feule occupation est d’engraisser les laines avecde Thuile d’olive, ou de navette, & de les carderavec de grandes cardes de fer, posées fur un che-valet de bois, disposé en talus, en maniéré de pu-pitre. Les laines, au sortir des mains des Drous-íeurs, font mises en celles des Fileurs, pour les car-der de nouveau fur le genou, avec de petites car-des fines, & ensuite les filer au rouet.

* DUBBELTIE’. Mot Hollandois pour désignerle doublesoû, ou la piéce de 2 fols. C’est une petitemonnoie qui a le plus de cours dans les sept Pro-vinces-Unies des Pays-bas ; elle est fort commode,après les Escalins de f 4 fols, Sc de 6 fols. On n’yvoit presque plus courir aujourd’hui les anciennespièces de r o fols , de 8 fols , de 4 & de 3 4 fols, quiétoient plus embarrassantes que les Dubbeltws ouDoubletiés, lesquels font présentement presque neufs,y ayant peu d’années qu’on les a renouvellés.

* DUCAT. Monnoie d’or, qui a cours damplusieurs Etats de l’Europe. II y en avoit autrefoisde frapés en Espagne , qui se mettoient pour 6 îiv.4 s. monnoie de France. Le double Ducat, qui fut

frayé