i 79 EAU.
Les 30 verges d’Eau-de-vie de Cognac Racket-tent , année commune, réglée fur celle de 1622.
91. 4 de gros.
Celles de Nantes, 8 4
Celles de Bayonne, 8 4
Celles de la Rochelle, 8 |
Celles de Bourdeaux, 8 4
Celles de Languedoc, 7 4
Celles de Provence, depuis 7 I. \ jusqu’à 7 !• ICelles de Barcelone auffi, 74 7 á
A l’égard des Eaux-de-vie de grains, dont la plusgrande quantité í'e fait a Amsterdam même, ellesíe vendent a l’aam, qui contient 128 mingles.
L’aam de l’Eau-de-vie de grains se vend ordinaire-ment 23 florins 4, un peu plus, un peu moins, sui-vant ia variété ou l’abondance des grains. Toutesles Eaux-de-vie, tant de vin que de grain, déduisentun pour cent pour le bon payement.
C’est toujours le Vendeur qui fait verger ses Eaux-de-vie a ses dépens, ce qui lui conte suivant l’Or-donnauce de 1704. pour une piéce jusqu’à 50 ver-ges 3 f., pour une piéce depuis 51 jufqu’à 79 ver-ges ó f., & pour une piéce depuis 80 verges & au-deiTus 12 fols.
Si l’Acheteur trouve la piéce mal vergée après sa-voir vu idée, il peut la faire mesurer par un Mesu-reur Juré , qui la mesure avec de l’eau ; & st le ver-geâge n’est pas juste, le Vendeur est obligé d’en in-demniser l’Acheteur.
Eaux-de-vie diversement f r e p a-re'es, qui servent de boisson.
O11 compose avec l’Eau-de-vie, soit simple, soitrectifiée, diverses sortes de liqueurs fortes, où l’onfait entrer íe sucre & les épices avec des fleurs, oudes fruits, & autres ingrédiens, qu’on clarifie ensui-te , en les passant à la chausse, ou en les filtrant àtravers se papier gris.
Ce font les Epiciers, les Limonadiers, les Vinai-griers , les Distillateurs, & tous ceux qui ont ledroit de faire des Eaux-de-vie, qui ont auffi celuide composer & de vendre ces liqueurs : mais ordi-nairement la plus grande quantité en vient de Mont-pellier , où elles íè font mieux qu’en lieu du mon-de : & c’est là que ses Cassés, où il s’en fait à Parisla plus grande consommation, ont coutume de s’enfournir 3 soit qu’ils les fassent venir en droiture deLanguedoc pour leur compte ; soit qu’ils ses pren-nent dans la rue de la Huchette, où le magasin envst établi depuis plusieurs années. Les principales- de ces Eaux , font :
Les Eaux de Cette. Les Eaux de Canelle.
Les Eaux d’Anis. Les Eaux de Coriandre.
Les Eaux de Franchi- Les Eaux de Genièvre.
panne. Les Eaux de Citronelle.
Les Eaux Angéliques. Les Eaux de Mille-fleurs.Les Eaux Clairettes. Les Eaux Divines.
Les Eaux de Selleri. Les Eaux de Cassé.
Les Eaux de Fenouillette. Enfin, les Eaux des Bar-bades : mais celles-ci, pour être excellentes , dol-ent venir d’Angleterre, & être vrayes Barbades ;es Apoticaires & Distillateurs de Montpellier11’ayant pû encore parvenir à ses bien imiter.
Outre ces liqueurs , composées d’Eau-de-vie,qui ont conserve le nom d’Eau, il y en a encorequelques autres , à qui, ou les fruits qui y entrent,ou le caprice- de l’Artiste, ont donné des noms, quileur servent , pour ainsi dire, de nom propres : tel-les font, les Rossolis, le Persicot, le Ratafia, leVatté, 1 e Sec de muscat, & quelques autres.
•{* Les droits d’entrée de ces liqueurs de Montpellierfont fixés à 30 f le cent pesant par Arrêt du 23 OSo-bre 1703.
Eaux Médicinales. Les Eaux qu’on a ci-def-sus qualifiées d’Eaux Médicinales, & dont ses meil-leures viennent auffi de Montpellier, font :
EAU. 180
L’eau de Melisse, qu’on surnomme Eau des Car-mes ; parce que c’est dans l’Apoticairerie des Car-mes Déchaussés du Fauxbourg 8. Germain, à Pa-ris , que la composition en a d’abord été inventée.
L’Eau de la Reine de Hongrie, ou pure, ou à labergamotte.
L’Eau de Thym.
L’Eau Impériale.
L’Eau Vulnéraire, qu’on nomme auffi Eau d’Ar-quebusade.
L’Eau Stiptique; l’Eau de Myrthe; enfin, l’Eaude Lavande.
Quelques-unes de ces Eaux font préparées avecl’Eau-de-vie rectifiée & des simples ; les autres seu-lement avec des simples, & l’Eau commune diverse-ment préparée.
Eaux de Senteur. Ce sont les Parfumeurs deParis, qui ont droit de faire & de vendre ces for-tes d’Eaux. On en tire cependant quantité de Lan-guedoc & de Provence, & encore de Rome, & dequelques autres endroits d’Italie. Les principalesíont ses Eaux de Fleurs d’orange, ou de Naphe ,celles de Mille-fleurs, celles de Nard, & ses Eauxde Rose.
Les Eaux de Nard & de Naphe payent en Fran -ce les droits dé entrée, conformément au Tarif de 1664.à raison de $ o fi le cent pesant j & four ceux de sor-tie, z liv.
Les Droits de la Douane de Lyon pour les mêmesEaux , fie payent fur le pié de 30 f de la charge. AVégard des Eaux de fleurs dor ange , & autres Eauxde senteur de toutes fortes, les droitsfont également pourla sortie & pour l entrée, de 3 liv. du cent pesant, fuì< ,vant le même Tarif de 1664. & conformément a. celuide la Douane de Lyon , Ufie paye 1 y fi de la caisse d*an-ciens droits ,& 2. f de nouvelle riapréciation. \
Eau-forte. Eau ainsi nommée , de la force ex-traordinaire avec laquelle elle agit fur tous les mé-taux , hors fur l’or.
II y a plusieurs fortes d’Eaux-fortes , à qui le vi-triol, l’alun , ou le salpêtre distillés, servent ordi-nairement de base.
Les Monnoyeurs, Orfèvres, Fourbi fleurs , &c„même les Teinturiers du grand teint pour leurs é-carlates & couleurs de feu, en font une assez gran-de consommation.
Celle dont se servent les Graveurs, est ou blanche,ou verte. La blanche, qu’on appelle, Eau d’AfFi-neur, est l’E,au-forte commune: la verte est faite,avec du vinaigre, du sel commun, du sel armo-niac , & du verd-de-gris.
La plupart des Eaux-fortes qui se consomment kParis, & dans le Royaume, viennent de Hollande.Ce ne font pas néanmoins les meilleures, n’étantque médiocrement déflegmées ; outre qu’on y faitentrer beaucoup d’alun, ce qui ne convient pas ala plupart des Ouvriers qui s’en servent, particuliè-rement aux Teinturiers. Celles qui se font à Pa-ris , à Lyon, à Bourdeaux, & dans quelques autresVilles de France, font beaucoup plus estimées.L’Eau-forte se conserve & se transporte dans desbouteilles de grès, ou de gros verre, bien bou-chées.
L’invention de cette Eau si utile n’est pas bienancienne; & quoique quelques Chymistes préten-dent voir dans les Saintes Ecritures, que Moyse enavoit connoissance, il y a bien plus d’apparencequ’elle n’a commencé d’être connue que vers leXIV e . siécle; n’y ayant point d’Auteur qui en aitparlé avant ce tems-lk.
f La consommation des Eaux-fortes pour le Dé-part , est un objet de Commerce assez considérable.
II y a même eu des terris où elles étoient montéesà un très haut prix, íur-tout vers la fin de la der-nière Guerre, ( on écrit ceci en 1728.) où l’on pou-vait k peine trouver du salpêtre pour la fabrication