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particulière ; ils font du Corps des Maîtres Menui-siers ; où, pour les distinguer de ceux qu’on nom-me Menuisiers d’Assemblage , on les appelle Me-nuisiers de Placage, ou de Marquetterie.
Le nom d’Ebéniste, qu’on leur donne, vient dece qu’autrefoís le bois d’ébéne e'toit celui qu’ils em-ployoient le plus communément, & dont ils faisoientleurs plus beaux ouvrages. Présentement, non-seule-ment ils se servent pour leur placage, de l’ébéne,comme autrefois, & de quantité d’autres bois pré-cieux , tels qu’on les trouve en France, & qu’onles apporte de l’une & l'autre Inde ; comme font lenoyer, l’olivier, le bois violet, l'aloës, le Sainte-Lucie, le cèdre, le santal, le brésil, le fustok, lemerisier, le poirier, &c. mais encore ils ont l’art deles teindre, pour en faire ces excellons ouvrages depièces de rapport, qui imitent les tableaux les plusfins, & du meilleur ton de couleurs. On parle ail-leurs de cet art fous le nom de Marquetterie. Voyez.Marqueterie.
Les Ebenistes font appellés Menuisiers de placa-ge , parce qu’outre qu’ns assemblent les gros boiscomme les Menuisiers d’aiîemblage, ils les couvrentpar dessus de feuilles très minces des divers boisqu’on vient de nommer , qu’ils appliquent & p la-cent les unes contre les autres avec de la colle-for-te, après les avoir taillés & contournés avec la scie,suivant les compartimens du dessein qu’ils veulentimiter. Voyez. Placage.
Les ouvrages les plus ordinaires que font les E-benistes, font des Bureaux, des Commodes, des Ca-binets, des Tables, des Guéridons, des Bibliothè-ques , ou Armoires à Livres, des Ecritoires, desPies <k des Boètes de pendules, des Escabelons pourporter des antiques, des Consoles òt des Tablettespour mettre des porcelaines ; enfin, tous ces autresmeubles de bois de raport, ornés le plus souvent debronze doré, qui fervent a parer les plus riches ap-partemens des Palais & des belles Maisons.
On fait même quelquefois de cette précieuse me-nuiserie , les lambris, les chambranles & les parquetsde quelques-uns de ces appartemens , dont on veutque la magnificence soit plus grande.
C’est des Gobelins que font sortis les plus habilesEbénistes, qui ont paru k Paris depuis un demi-siécle ; & c’est l'a que fous la protection, & par la li-béralité de Louis XIV, k qui cet Hôtel Royal doitson établissement, que cet art a été poussé k sa der-niere perfection. On estime entr’autres les ouvragesdu Sr. Boule , également par la beauté de la mar-quetterie , & par le goût des bronzes excellens dontil les embellissoit.
Ce font les Ebenistes qui posent les bronzes ;mais ce font les Fondeurs, ou Sculpteurs , qui lesjettent en moule, & qui les réparent ; & les Doreursfur métal, qui les dorent, soit d’or en feuille, soit d’ormoulu. A l’égard de l’étain & du éuivre, qui entrentdans la marquetterie, & qui, comme on dit en ter-mes de l’art, en font la partie & la contre-partie, lesEbénistes les préparent & les taillent eux-mêmes.
Les Menuisiers de placage & de marquetterie fefervent de tous les outils des Menuisiers d’assembla-ge, dont on a parlé k l’Article de ces derniers; maisils en ont outre cela beaucoup d’autres, qui leur fontparticuliers.
Ces outils, ou instrumens, font, des Goberges,des Rabots, dont partie du fust est de fer ; d’autres,dont les fers font différemment faits, ou posés au-trement que dans les rabots ordinaires ; des Racloirs;des Scies k refendre , pour débiter leur bois en feuil-lés , ou en bandes ; des Presses, pour tenir le boisquand on le débite ; d’autres petites Presses, pouraffermir l’ouvrage fur Rétabli ; des Scies, autres queíes scies ordinaires; la machine qu’on appelle Outilk onde, pour les moulures; celle qu’on nomme l’A-ne, ou Esteau, pour contourner les pièces ; des
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Pointes pour tracer , des Tanières pointues, desCouteaux k trancher, des Fraifoirs,des Tournevis,des Tirefons, des Fers crochus ; enfin, des Polis-sons. Tous ces outils font décrits k leurs propresArticles ; & l’on en explique l’ufage k celui de laMarquetterie.
EBERTAUDER. Terme de Tondeur de draps ,qui signifie, tondre un drap, une ratine , ou autreétoffe de laine, en première coupe, en premièrevoye , ou en première façon, trois manières d’expri-mer la même chose.
Ce mot est particulièrement en usage dans lesManufactures des draperies de Rouen, Louviers,& Elbeuf. En Berry, on dit, Bertauder.
EBOUQUEUSES. Voyez. Esnoueuses.
EBOUSINER, Terme de Tailleur de pierre. C’esttailler la pierre jufqu’au vif, pour en ôter le bou-lin. Voyez Bousin.
ECACHER L’OR ET L’ARGENT, autrementdit, le battre, ou mettre en lame. C’est, aprèsqu’il a été réduit en fil trait de ia grosseur d’un che-veu , le faire passer entre deux petits rouleaux d’a-cier, très serrés l’un contre l’autre fur leur épais-seur , pour l’applatir de telle sorte, qu’il puisse fa-cilement se filer sur la soie, & la couvrir de façonqu’on ne la puisse plus apercevoir. Voyez Or; vousy trouverez les différentes manières de tirer Por & P ar-gent , tant fin que faux , pour le disposer à être employéen trait , en lame, ou en filé.
ECACHEUR D’OR ET D’ARGENT. VoyezTireur d’or et d’argent.
ECAILLE DE TORTUE, ou CARET. VoyezTortue.
Ecaille de Bronze. Voyez Bronze.
Ecaille. Espèce de tapisserie de Bergame, ainsinommée, de ce que les façons dont les Ouvriers lesembellissent, imitent les écailles dë poisson. VoyezBergame.
Huîtres a l’Ecaille. Voyez Huître.
ECAILL1ER, ou ECAILLËUR. Celui qui venden détail les huîtres k l’ccaille, & qui les ouvre.Voyez comme dejjus.
ECAQUEUR , ou ESTESTEUR. Voyez Caquer.
ECARLATE, ou ESCARLATE. Une des septfortes de bons rouges. 11 y a de deux espèces d’E-carlate ; VEcarlate de France , ou des Gobelins, quife fait avec de la graine d’Ecarlate , autrement Ver-millon; & l 'Ecarlate de Hollande , qui fe fait avec lacochenille. Voyez Rouge.
* Ecarlate. C’est une drogue d’un usage desplus anciens dans la Médecine, mais principalementdans la teinture, parce qu’elle donne la belle cou-leur d’Ecarlate, propriété qui en a rendu le Com-merce , depuis un tems immémorial, toujours trèsconsidérable. Mais depuis quelques années, l’ufagede la cochenille l’a fort diminué, parce que la mê-me couleur qu’elle donne la surpasse, fans compterque la cochenille fe conserve mieux chez les Dro-guistes , que ne fait la graine d’Ecarlate. Celle-cia toujours passé pour une graine , ou coque, k cau-se de sa forme, de sa couleur, & de sa grosseur,qui ne surpasse guère celle d’un pois sec. Elle estronde, lisse, luisante, & brune tirant fur le noir,couverte d’un duvet cendré. On la trouve toujoursattachée indifféremment fur la tige & les branchesde la plus petite espèce de Yeuse , ou de Chêne-verd-,que C. Bauhin nomme en Latin , llex aculeata, Coc-ci-glandifera.
C’est un íbus-arbrislèau qui ne croît qu’a la hau-teur de deux piés, ou environ, dans les pays chauds,fur-tout dans ceux qui entourent la mer Méditerra-née. II s’y multiplie facilement dans des endroitsincultes & parmi des bruyères, formant des petitsbois touffus, qui assez souvent occupent beaucoupde place. On appelle ces petits bois, Gangues , enProvence & en Languedoc. Ce petit chêne porte
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