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Tome 2.
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où l’on pousse avec le marteau un coin qui a unelanguette de chaque côté.

EMBOUCHURE. Terme de Tireur d’or. Ilsnomment ainsi le côté le plus large du permis d’u-ne filière, par où l’on commence à faire passer lelingot ou le fil du métal qu’on veut tirer. Voyez. Fi-lière.

Les Verriers appellent l’Embouchure d’un verreà boire, & l’Embouchure d’une bouteille, l’ouver-ture par où l’on y met la liqueur. Chez les Chau-deronniers & Potiers de terre, c’est l’entrée deleurs Pots, Marmites, Caffetiéres , Chauderons,Chaudières, & autres tels Ouvrages. Chez les Fron-deurs de canons, c’est ce que d’autres nomment laBouche du canon; & chez les Maîtres Selìiers-Epe-ronniers, il se dit de la partie du mors d’un che-val qui lui assujettit la bouche.

EMBOURBER. Terme de Potier de Terre. C’estboucher & cacher les défauts de quelque ouvragede Poterie avec une composition de chaux & deterre paîtries ensemble avec de l’eau. Cet embour-rement est défendu par les Statuts. Voyez. Potjerde Terre..

Embourrer. Terme de Sellier. C’est garnir debourre, de laine ou de crin, une Selle de cheval,ou un Bât de mulet.

Les Tapiffiers le disent aussi dans la mêmé signi-fication, des garnitures qu’ils mettent à quelquesmeubles qui servent a s’asseoir, entre la sangle &la toile d’embourrure.

EMBOURRURE. On appelle Toile d’Embour-rure une grosse toile dont les Tapissiers couvrentla bourre ou autres matières dont ils garnissent lesTabourets, Chaises, Fauteuils, Banquettes, So-fas , Canapés, & autres tels meubles. C’est fur cet-te toile que se met ensuite l’étoffe.

* EMBOUTI. II se dit des ouvrages d’or, d’argent,de cuivre, ou de fer, qui ont du relief, en forte qu’uncôté soit convexe, & l’autre concave , particulière-ment de ceux des Orfèvres & des Chauderonniers.Voyez, ci-aptes Emboutir.

Tete Emboutie. C’est la plus grosse forte debroguette qui se débite & se fasse par les Cloutiers ;ainsi nommée de ce que la tête en est relevée & arron-die. Voyez. Broquette.

Broderie Emboutie. Voyez. Broderie .EMBOUTIR. Relever un ouvrage en bosse, enconservant le dessous concave, lui donner du relief,le tourner en rond. Les Orfèvres emboutissent laplupart de la. vaisselle qu’ils fabriquent, particuliè-rement les Jattes, les Aiguières , les Cuvettes , lesCompotiers, &c. Ce qu’ils font en les enfonçant, &relevant fur l’enclume avec le marteau a emboutir,soit à chaud, soit a froid.

Emboutir. Est aussi un terme de Chauderon-nier, qui signifie presque la. même chose que chezles Orfèvres. Les Chauderonniers emboutissent lecuivre qu’ils travaillent après savoir recuit, & fefervent quelquefois de marteau de fer, & d’autresfois de marteau de bois, avec lesquels ils creusentleurs ouvrages, les tournent en rond, ou leur don-nent telle autre figure qui leur convient en les fra-pant fur le bec d’une Bigorne. Les Fondeurs, au lieudu terme d’Emboutir, fe fervent de celui de Rétrein-dre, qui a la même signification.

On a remarqué que le Cuivre rouge, particuliè-rement celui qu’on appelle Monnoie de Suéde, estplus propre que le jaune pour les Ouvrages qu’il fautemboutir, a cause qu’il est très doux, & par con-séquent très dudtile & très malléable.

Emboutir. Ce terme a deux significations dif-férentes parmi les Ouvriers qui fabriquent des bou-tons de métal. II signifie quelquefois fraper une pe-tite lame de métal coupée en rond avec ún Empor-te-piéce, dans un creux d’acier poli , avec l’outilqu’ils appellent Bouterole , jufqu’a ce qu’elle soit assez

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convexe pour être frapée dans un autre creux gra-vé en dedans, qu’on nomme le Tas, où elle doitprendre son empreinte. Le terme d’Emboutir s’en-tend aussi de la dernière façon , qu’on donne à cet-te lame , lors qu’elle est emboutie de cette premiè-re manière, en la frapant dans le tas avec une au-tre bouterole, une plaque de plomb entre deux ; en-sorte qu’elle prenne l’empreinte de la gravûre dutas. Voyez. Tas. Voyez aujfi Boutons de Métal.

EMERAUDE, ou ESMERAUDE. Pierre pré-cieuse d’un verd de pré, & transparente, la plus du-re après le rubis.

Pline comptoir de douze espèces d’Emeraudes, &leur donnoit à chacune le nom des Provinces, ouRoyaumes, d’où il croyois qu’eiles fussent tirées ;comme les Scythiques, les Bactrianes , les Egyptien-nes , les Persiques, &c. Aujourd’hui les MarchandsJouailliers n’en commissent que de deux sortes, l’O-rientale, & la Peruviane.

S’il en faut croire Tavernier dans son Traité desPierres de couleurs , qui fe trouvent aux grandes In-des, qu’il a inféré dans le deuxième Tome de ses Voya-ges , ces deux espèces doivent encore fe réduire aunefeule , qui est celle du Perou. II prétend en effet ,qu’il n’y a aucune mine d’Emeraude , qu’il n’y ena jamais eu dans aucun endroit des Indes Orientales,& qu’elles y ont de tout tems été portées du Peroupar la mer du Sud, par laquelle^ dit-il,même avant làdécouverte du Perou par les Espagnols, les Habitansnaturels de ce grand Continent avoient commerceavec Itzs Istes , depuis appellées Philippines, où ilsportoient quantité d’Emeraudes, qui sont certaine-ment très communes au Perou.

-j- C’est une rêverie de ce fameux voyageur ; caroutre qu’il y a une différence assez considérable entreles Emeraudes Orientales, & celles du Perou , quifait voir qu’elles ne viennent pas d’une même source,on connoit trop bien l’incapacité qu’ont toujours eules Américains pour les grandes navigations , &pour trouver la route des grandes mers, qui est trèsdifférente tant dans Palier, que dans le retour , deforte qu’on fera toujours obligé de croire , qu’ilsn’ont jamais voyagé en Asie depuis le Perou pour lecommerce, & que les Emeraudes Orientales ontleur source dans quelque lieu des grandes Indes , queTavernier n’a pù aprendre a connoitre, n’ayant pasparcouru le quart de leur étendue , ni entendu assezles langues de ses habitans pour en être instruit.

II y avoit autrefois des Emeraudes , qu’on nom-moit, de la vieille Roche , mais il n’en est plusprésentement mention.

On tient l’Emeraude Orientale plus dure , plusbrillante, & plus transparente que la Péruviane,qui le plus souvent a quelques nuages, & jettemoins de feu : d’ailleurs il en vient une si grandequantité du Pérou, par la voie de Carthagéne,qu’elles sont beaucoup baissées de prix & de réputa-tion.

On trouve aussi des Emeraudes dans l’Isle deChypre, & ‘dans la grande Bretagne ; mai s c’estpeu de chose, si même ce sont de véritables Eme-raudes. •

Les mines d’Emeraudes qui fe trouvent dans l’A-mérique, fe tirent principalement de la Vallée deTunia ou Tomana assez près de la Nouvelle Car-thage , & entre les montagnes de Grenade & de Po-payan ; & c’est de l'a qu’il s’en transporte a Car-thagéne une si grande quantité tous les ans. Ce futde ces fortes d’Emeraudes, qui ne font pas néanmoinsextrêmement fines, que nos François firent un sigrand butin , lorsque pendant les dernières guerresM. de Pointis & M. Ducasse s’emparéreut de cetteVille.

Mr. d’Herbelot dans fa Bibliothèque Orientale , enparlant de la Ville d’Afuan située dans la GrandeEgypte , rapporte qu’on tient que c’est aux environs

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