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Tome 2.
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2Z9 ENCENS.

* ENCENS. C’est uns substance résineuse, d’urtjaune pâle ou transparent, en larmes semblables kcelles du mastic, mais plus grosses. L’Encens estsec & dur, d’un goût un peu amer , modérémentacre & résineux, non désagréable , d’une odeurpénétrante. Lorsqu’on le jette sur du feu , il devientauísi-tôt ardent , & répand une flamme vive qui apeine a s’eteindre : il ne coule point comme le mas-tic. Lorsqu’on le met sous les dents, il se met aussi-tôt en petits morceaux ; mais il ne se réunit pas com-me le mastic, & on ne peut pas le rouler comme luidans la bouche. De tout tems il a été consacré a brû-ler dans les Temples, & est autant connu par cetusage de Religion, qu’on connoit peu les arbresqui le produisent, ou les lieux oû ces arbres croissent.

La plus commune opinion a toûjours été, quel’Encens ne s’apportoit que de l’Arabie Heureuse& qu’il s’y trouvoit près de la Ville de Saba, ouplutôt dans la partie de l’Arabie qui porte ce nom ,d’où lui vient en Latin l’épithéte de Sabœum. Cepen-dant le nom d'O liban, que l’on donne aussi a l’En-cens , semble supposer qu’il y a de ces arbres thuri-féres dans la Terre-Sainte, où est le mont Liban ;& il est certain pareillement, félonies Auteurs mo-dernes , qu’il en croît dans les grandes Indes.

L’incertitude n’est pas moins grande fur la for-me & i’espéce de l’arbre, duquel on fait couler cet-te gomme par incision. Pline , dans la curieuse,-mais peu sûre description qu’il en fait au chapitre14 e du XII e Livre de son admirable Histoire Na-turelle, rapporte d’abord que les Grecs le font res-sembler , les uns au poirier , avec de petites feuillesd’un verd gai; les autres aulentisque, avec des feuil-les rouges ; d’autres a l’érable & au laurier ; & enfind’autres ont cru que cet arbre n’est autre que le Té-assbinthe.

Ce que les plus habiles Droguistes d’a présent en.lavent, & en disent, n’est guéres plus afluré : ainsi,ii faut se contenter d’en expliquer ici ce qui peut êtreutile k ceux qui en font le commerce.

L’Oliban, ou Encens mâle , est apporté en Fran-ce par la voie de Marseille : il faut le choisir en bel-les larmes, blanches, un peu dorées, d’un goût amer& désagréable; & qu’étant mâché , il excite la sali-ve , & la rende aussi blanche que du lait 5 sur-toutrejettes celui qui est rempli de poussière, de petites-larmes jaunâtres, & de marrons noirs.

L’Encens des Indes, qui vient par les vaisseauxde la Compagnie Françoise , n’est pas à beaucoupprès si bon que celui d’Arabie , ou du mont Liban.On l’appelle vulgairement Encens de Mocha, quoi-qu’il ne vienne pas de cette Ville d’Arabie. On l’ap-porte en masse, quelquefois en petites larmes , maistoujours fort chargé d’ordures. II est rougeâtre, &d’un goût un peu amer. Quelques Marchands Epi-ciers-Droguistes le donnent pour vrai Oliban: d’au-tres non moins hardis& aussi infidèles, le vendentpour véritable Bdellium.

•f Cet' Encens est le moindre que les pauvres gensamassent de dessus la terre en Arabie. On ne porteguère à Mocha que de celui-la, pour le vendre auxvaisseaux d’Europe qui y mouillent venant des In-des : on aime mieux en Arabie conserver le bon, enfaveur des Caravanes, qui font établies pour letransporter jusques aux ports de la Méditerranée ;car pour le mauvais, il ne vaudroit pas la peine dede châtier par cette voie.

M La Manne ct Encens n’est autre choie, que lespetits grains ronds, clairs & tranfioarens, qu’ontrouve dans l’Oliban ; & comme véritablement c’estde l’Oliban, on peut s’en servir aux mêmes usages.On appelle cependant encore Manne ct Encens , lespetites miettes farineuses de l’Oliban, qui se ren-contrent au fond des sacs , & qui ont été produitespar le mouvement de la voiture.

La Suye cf Encens est cette dernière forte de man-

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ne d’Encens, brûlée de la maniéré qu’on brûle far-cançon, pour faire du noir de fumée.

L’écorce d’Encens, est l’écorce de l’arbre qui leproduit : elle a presque les mêmes qualités & lamême odeur que l’Encens; aussi le fait-on entrerdans la composition des pastilles, & des parfumsinflammables.

Bien des habiles Droguistes eroyent que toute l’é-corce d’Encens, qu’on volt en France , n’est au-tre chose que ce qu’on appelle vulgairement En-cens des Juifs, qui est une écorce qui vient desIndes , & qui est bien différente de la véritable écor-ce d’Encens, tant pour le prix, que pour l’odeur& les propriétés.

Le Galipot s’appelle gros Encens, k la différencede l’Oliban, qu’on appelle Encens fin. On ne faitpas trop pourquoi ce dernier est aussi nommé En-cens mâle ^ du moins on ne voit point dans les Au-teurs. , qu’il y ait d’Encens femelle ; ce qui faudroit,ce semble, qui fût, pour avoir donné lieu a cettedénomination.

L’Encens blanc, l’Encens commun , ou Encensde village, font aussi des noms soqs lesquels on vendle Galipot. Voyez Galipot.

L’Encens Marbré , ou Madré, comme l’appellentles Provençaux, est une des espèces de Barras. Voy.Barras-

Ce qu’on nomme Encens des Juifs, n’est autre cho-se que le Storax rouge. Voyez Storax.

L’Encens mâle, ou Oliban , entre dans plusieurscompositions galéniques & chimiques. On s’en sertaussi pour appaifer la douleur des dents ; mais ce n’estpas fans courir risque de gâter celles qui font saines v& de ne guéres soulager le mal que causent cellesqui font gâtées.

-j- L! Oliban ? ou Encens fin, paye en France les droitset entrée à raison de y o s. du cent pesant, suivant leTarif de 1664. ^ ^ commun 12 fi.

V Encens de toutes sortes , est du nombre des mar-chandises venant du Levant , Barbarie , & autresPays Û Terres de la Domination du Roi de Perse ,& d Italie ,. fur lesquelles il ejl ordonné être levé vingtpour cent de leur valeur, conformément à t Arrêt duConseil du 15 Août i68y.

-j :Les droits de la Douane de Lyon pour ÎOlilansontde z liv. par quintal pour tous droits.

La livre d’Encens fe vend a Amsterdam depuis9 jufqu’k n fols. On convient ordinairement pourla tare ; k l’égard des déductions pour le bon poids &pour le promt payement, le premier donne troispour cent, & l’autre feulement un.

J- Les Auteurs modernes paroissent plus embar-rassés fur la vraie origine de l’Encens, que ne Pontjamais été les Anciens. Thêophrajle , Diofcoride , Pli-ne , & plusieurs autres , ont toujours assuré que cetaromate,. du moins le véritable, ne vient que del’Arabie feule ; c’est pour cette raison que dans i’an-tiquité , on lui donnoit souvent le surnom de Thu-rij'ére , qui veut dire P Encenfìére, ou la terre qui pro-duit l’Encens. Ces Naturalistes en cela ne fe fontpoint trompés ; car en effet, toutes les Nations voi-sines de P Arabie ne Pont jamais tiré pour leurs be-soins , ni ne le tirent encore aujourd’hui , que dumilieu de cette contrée, où véritablement on le trou-ve, & comme n’étanfque le seul endroit qui puissele produire. C’est de quoi je me fuis très bien in-formé de plusieurs Marchands Droguistes parmi lesBanians à Surate , k Mascate Port d’Arabie , & kGameron ou Bender-Abasss en Perse.

Je n’ai pû aprendre de même, ni le genre, ni lanature de l’arbre d’où cette résine découle ; & jus-ques ici aucun étranger ne Pa connue, du moinsdepuis le tems que des Rois d’Egypte & de la Nato-lie en firent transplanter quelques piés dans leursjardins avec beaucoup de dépense & pour sa-tisfaire leur curiosité, ainsi que Pline le raporte.

Peut-

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