2Z7 EMPL. EMPO.
EMPLOYER. Se servir de quelqu’un, ou dequelque chose. En fait de compte, il se dit pourmettre quelque partie, quelque article en recette,ou en dépense. Avez-vous employé ces 20 pièces dedrap, ces tooo liv. dans vôtre bref-état, d arts votrecompte.
EMPOINTE’E. Etoffe empointée, est celle dontles plis font arrêtés par quelques points d’aiguilleavec de la foie, du fil, ou de la ficelle. Voyez, ci-après Empointer.
EMPOINTER, APPOINTER, ou POINTERune piéce d’étoffe. C’est y faire quelques points d’ai-gutlle avec de la foie, du fil, ou de la ficelle, pourla contenir dans la forme qu’elle a été pliée , &i’empêcher de prendre de mauvais plis. Ce drap,cette serge, cette étamine est pliée , il ne reste plusqu’a l’empointer.
On .ne peut bien voir, ni bien examiner une pié-ce d’étoffe, qu’elle ne soit defempointée, c’est-à-di-re , qu’on n’en ait coupé les points pour là déplier& l’étendre.
Le Règlement du 7 Avril 1693. concernant les toi-les qui fe fabriquent dans les Généralités de Caën &d’Alençon, défend très expressément aux Tisserans &Marchands, d’empointer aucune piéce de toile, pourl’expofer en vente ; ne leur étant permis seulementque de les lier a nœud coulant avec de la ficelle.
EMPOIS. Espèce de colle très légére, dont lesTisserans , Lingères & Blanchisseuses fe fervent pourempeser & affermir les toiles fines qui doivent êtreclaires & avoir de la confidence.
II y a de deux fortes d’Empois ; le blanc, qui fefait avec l’amidon seul ; & ie bleu, où l’on ajoute dubleu, ou émail de Hollande.
EMPOISER. Voyez. Empeser.
EMPOISEfJR. Celui qui empèse les toiles. Dansl’usage commun on dit & on écrit Empeseur ; maisles termes d’Erupoiser & d’Empoifeur fe font main-tenus dans les fabriques de toiles, & dans les Manu-factures des étoffes de laine, où l’on encolle les filsde la chaîne. Voyez. Empeser.
EMPORTE-PIECE. Outil de fer, ou d'âcíer,très tranchant, dont plusieurs Artisans fe ferventpour découper les différentes matières qui fervent àleurs ouvrages. II est ainsi nommé, parce que non-feulement il coupe & entaille, mais encore qu’il en-lève avec foi, lorfqu’on le retire, la piéce qu’il acoupée.
Emporte-piece, Les Faiseurs de boutons demétal appellent ainsi un outil d’acier, dont ils sefervent pour couper & débiter les lames d’or, d’ar-gent, de cuivre & d’étain, dont ils couvrent lesmoules de ces fortes de boutons.
C’est une espèce de gros poinçon , rond , de 4ou 5 pouces de hauteur, dont le bout d’en - bas,qui est concave, & enfoncé environ d’un demi-pouce, est très acéré & fort tranchant. Le dia-mètre de cette cavité est plus ou moins grand, sui-vant que les boutons doivent être plus ou moins gros.
Pour s’en servir, on étend la lame du métal qu’onveut tailler, fur une table de plomb, posée surun fort billot, & tenant l’outil d’une main, & unmarteau raisonnablement pesant de l’autre, on fra-pe sur la tête du poinçon, qui est large & forte, au-tant qu’il le faut pour soutenir l’effort du coup. Voyez.Bouton de métal en lame.
LesEmporte-piéces des Découpetirs & des Rai-deurs de mouches, font de petits fers de diverses fi-gures , creux, coupans ôz acérés ; les uns avec desmanches, & les autres fans manches ; dont ils cou-pent , ou seulement égratignent les étoffes qu’ilsemployent à leurs mouches & découpures. II y en adont on fe sert a la main, & quelques-uns qu’on fra-pe avec un petit marteau. Voyez Decoupeur.
Les Cordonniers ont aussi des Emporte-piéces,qui font de petites viroles de fer, percées a jour ,
E.MP. ENC. M
Sc tranchantes, avec une queue de fer, emmanchéeordinairement dans du buis. Ils s’en fervent a lamain, pour faire aux souliers, particulièrement desenfans , des trous pour y passer les cordons dont onles lie. Ce font les Marchands de crefpin qui lesvendent. x
Les Pâtissiers, qui fònt ce qu’on appelle du Painà chanter, c’est-à-dire, cette espèce de pain sans le-vain , dont on fe sert parmi les Catholiques pour lacélébration de la Messe, ont pareillement des Em-porte-piéces ; les uns grands, pour le grand pain ;les autres moindres , pour le petit pain j & d’autresencore plus petits , pour celui dont on se sert àcacheter les lettres. Les uns & les autres font deforme sphérique, faits d’une bande d’acier bien tran-chante , de quelques pouces de largeur, avec unepetite queue de fer, qui tient dans un manche debuis. Voyez. Pain a chanter.
On se sert ausiì,dans la fabrication des monnoies,d’une espèce de machine à vis, que quelques-uns ap-pellent Emporte-piéce, mais improprement, son vé-ritable nom étant Coupoir. Voyez Monnoyage.
EMPRïMERIE. Les Tanneurs nomment ainstune forte de grande cuve de bois, dans laquelle ilsmettent rougir leurs cuirs; ce qui s’appelle, les met-tre en coudrement. Voyez Tanneur.
EMPRUNT. Argent qu’on prend fur la place *ou dans la bourse de ses amis, k la charge de le ren-dre dans un certain teins, & d’en payer les intérêts.On le dit auffi des marchandises qui se prennent àcrédit.
11 est presque impossible d’entreprendre & de sou-tenir un grand commerce, sans se servir quelquefoisde l’un ou de l’autre de ces Emprunts ; mais tousdeux font capables de déeréditer ceux qui s’en ser-vent, & de les ruiner, s’ils ne font pas exacts às’acquitter aux échéances; fur-tout dans les Em-prunts d’argent, dont les intérêts emportent presquetoujours, s’ils font fréquens, tous les profits qu’onpourroit tirer de son négoce.
EMPRUNTER. Prendre de'l’argent a intérêt, oitdes marchandises a crédit.
Emprunter. Se dit auss, en termes d’Arithmé-tique , lorsque dans la régie, qu’on appelle Soustrac-tion , on veut soustraire un grand nombre d’un pluspetit : car alors, pour augmenter le moindre nom-bre , on emprunte une dizaine d’un caractère voisin*dont la valeur est diminuée d’autant. Voyez Sous-traction.
ENARRHEMENT, ENARRHER. Voyez Ar-
R.HEMENT , ARRHER , A ARRHES.
ENCAISSE', E'E. Du vin encaissé. De la mar-chandise encaissée; c’est du vin en bouteilles, ou de lamarchandise, qu’on a mis dans une caisse, pour en fa-ciliter le transport. Ce vin est bien encaissé : Cettemarchandise est encaissée comme il faut.
ENCAISSEMENT. Action Rencaisser. Pour bienfaire,il faut que les Marchands soient présens k l’En-Caissement de leurs marchandises.
ENCAISSER. Mettre des marchandises dáns unecaisse , pour les envoyer dehors.
Encaisser. Se dit aussi de l’argent qù’ort met dansune caisse, ou coffre fort, a part, pour le garder, dansla vûe de l’employer aux avances & fraix de quelqueentreprise qu’on aura médité de faire.
ENCAN. Vente publique de marchandises, oude meubles , qui se fait par autorité de JustiCe, attzplus offrant & dernier Enchérisseur. C’est ordinai-rement un Huiffier-Priscur qui fait ces sortes deventes.
ENCAQUER LE HARENG. C’est le mettre &l’arranger dans la caque , ou baril, après qu’il a étéapprêté & salé. Voyez Hareng.
ENCAVER. Terme de Tonnelier. C’est descen-dre du vin, ou autres liqueurs en tonneau, dans unecave. Voyez Tonnelier;
* ENCENS,