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ou de lin, qu’on fait cuire jusqu’a ce qu’elle soitréduite en consistence de sirop , qu’on dégraisseen jettant dedans 2 livres de gros pain, & envi-ron une douzaine d’oignons ; puis on prend 30ou 3Ç livres de térébentine , qu on fait cuire sé-parément , jufqu’a ce que l’on s’aperçoive qu’enen faisant refroidir un peu fur du papier, elle secasse net comme du verre , sans fe mettre en pou-dre ; car si elle fe pulverifoit facilement, ce feroitune marque qu’eíle feroit brûlée, défaut qui lui ôtetoute fa bonne qualité.
Après que l’huiíe & la térébentine ont été cuitesà propos, on verse doucement l’huile k demi froidedans la térébenthine, en la remuant toûjours avecun bâton, jufqu’a-ce que l’une & l’autre soient bienmêlées, ôz ne fassent qu’un seul & même corps ; en-suite on passe le tout dans une ferpiliére, ou gros-se toile ; & alors cette composition, que les Im-primeurs nomment Vernis , est mise dans des potsde grès, pour la mieux conserver, & s’en servir kmesure qu’on en a besoin.
Pour faire l’Encre, on tire du pot une portionde ce vernis, que l’on met fur une espèce de plan-che quarrée a rebords, que l’on appelle Encrier ,k laquelle on joint une certaine quantité de noir defumée ( dont le meilleur est celui qui provient de lavapeur de la résine brûlée ) qu’on broyé bien avecun broyon , ou espèce de molette de bois, jusqu’ace que le vernis & le noir soient bien incorporés l’unavec l’autre, & réduits en maniéré de bouillie unpeu épaisse, qui pour lors est appeilée Encre à im -primer .
L’épaisseur ou la force de l’Encre doit être pro-portionnée k la qualité du papier que l’on veut im-primer ; car a du papier fort, il faut de l’Encre for-te; &a du papier foible , il en faut de la foible. Lefort ou le foible de l’Encre vient du plus ou du moinsde noir, ou de ce que le vernis a été plus ou moinscuit ; car plus le vernis est cuit, & plus il est épais.
L’Encre a imprimer est admirable pour poncerou marquer les toiles, les basins, les futaines , &autres semblables marchandises qu’on envoye dansles blanchisseries, soit pour y être blanchies, soitpour y être dégorgées, afin de les pouvoir plusfacilement reconnoître au retour de ces apprêts ;car plusieurs lessives ne font pas capables de fairedifparoître les marques faites avec cette espèced’Encre.
II y a une autre sorte d’Encre k imprimer , quiest rouge. On employé pour sa composition le mê-me vernis que pour l’Encre noire, pourvû que cesoit du foible ; & au lieu de noir de fumée, on yjoint une quantité proportionnée de vermillon, quel’on broyé bien avec ce vernis sur un encrier par-ticulier. Quelques-uns prétendent, que mêlant &incorporant dans cette Encre la grosseur d’une noixde colle de poisson délayée dans de l’eau de vie,le vermillon en a plus d’éclat. C’esl de cette derniè-re Encre dont les Imprimeurs fe fervent pour ornerles frontispices ou titres de leurs Livres, & faire lesRubriques des Livres d’Eglife.
Encre a imprimer en taille-douce. Elle estdifférente de celle des Imprimeurs en lettres. Voyez .Imprimeur en taille-douce.
ENCRIER. Petit vaisseau où l’on met l’encrepour écrire, qui quelquefois fait partie d’une écri-toire, & qui d autres fois en est tout-k-fait séparé.II y a des Encriers de toutes formes, & de toutesmatières. L’or, l’argent, le plomb, l’étain , le cui-vre y font employés : souvent ils ne sont que deverre ou defayence. Les Marchands Papetiers & lesMarchands Merciers en vendent de toutes fortes.Voyez , Merciers & Papetiers.
Encr'Er. Les Imprimeurs appellent Encrier,une espèce de table ou de planche quarrée, qui
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a des bords de trois côtés , fur laquelle ils broyentle vernis & le noir de fumée, dont ils font leur en-cre. C’est aussi fur l’Encrier qu’ils prennent avec leursballes l’encre dont ils noircissent les formes pour im-primer. Voyez Imprimerie.
Encrier. Les’Imprimeurs en taille-douce, &en taille de bois , fe servent aussi d’un Encrier pourbroyer ou conserver leur encre, qui n’est guéres dif-férent de l’Encrier pour l’impression des Livres. VoyezImprimeur en taille-douce, ou la description deleurs Prejfes à P Article des Presses.
ENCROUE’. Voyez Bois encroue’.
ENCUVER. Mettre dans une cuve. Les Blanchitfeurs-Buandiers disent, Encuver les toiles; & lesTanneurs, Encuver les cuirs ; pour signifier, lesplacer <k les arranger dans les cuves, dont chacund’eux fe sert dans les tanneries & les buanderies.On dit aussi , Encuver la vendange.
ENDETTE’. *Qui doit beaucoup, qui a con-tracté quantité de dettes.
ENDETTER une Compagnie, une Société.C’est contracter en leur nom des dettes considéra-bles. La Compagnie de.est abîmée; ses
Directeurs l’ont endettée a n’en jamais revenir. No-tre Société est endettée bien au-delk de ses fonds.
S’Endetter. Faire des dettes en son propre 65privé nom. Je me suis endetté de tous côtés.
ENDOSSEMENT. Se dit de l’Ecriture, qui femet au dos d’une Lettre de Change, par celui quien est le Propriétaire, ou le Porteur, soit pour enfaire transport k quelqu’un, soit pour la rendrepayable k l’ordre d’un autre , soit encore pour ser-vir de quittance.
II faut remarquer que lorsque l’Endossement d’u-ne Lettre de Change est fait pour la rendre payablek l’ordre d’un autre, on lui donne le nom d’Ordre;Voyez Ordre.
Dans le Tit. V. de t Ordonnance du mois de Mars1673. il y a quatre articles, qui prescrivent eaquelle forme les ordres, qu’on met au dos desLettres de Change, doivent être conçûs, & k quiles Lettres endossées doivent appartenir.
i°. Par l’article 23 , les signatures au dos desLettres de Change ne doivent servir que d’Endof-sement, & non d’ordre, s’il n’est daté, & ne con-tient le nom de celui qui a-payé la valeur en ar-gent, marchandise, ou autrement.
2 0 . Par l’article 24, les Lettres de Change, en-dossées dans les formes prescrites par l’Article pré-cédent , appartiennent k çelui du nom duquel l’or-dre est rempli, fans qu’il ait besoin de transport*ni de signification.
3 0 . L’article 25 veut, qu’au cas que l’Endosse-ment ne soit pas dans la forme ci-dessus, les Let-tres soient réputées appartenir a celui qui les a en-dossées , & puissent être saisies par ses créanciers, &compensées par ses redevables.
4 0 . Ensin l’article 26 défend expressément d’an-tidater les ordres, k peine de faux.
Les Banquiers, Marchands, Négocians, & au-tres personnes qui endossent des Lettres de Chan-ge, pour les envoyer recevoir k leur échéance;c’est-à-dire, qui mettent leur simple signature audos des Lettres, laisiant du blanc au dessus, pourremplir le reçît; doivent observer de mettre ou kcôté, ou au dessous de leur signature• ces mots;Pour servir d Endossement, ou Pour acquit.
On en doit user ainsi, afin que ceux entre lesmains de qui les Lettres doivent rester, après quele payement en a été fait, ne puissent changer ladisposition de la signature, ( qui ne doit servir quepour quittance, ) en un ordre de payer k un autrele contenu de la Lettre ; ce qui pourroit se faire fa-cilement , sans la précaution ci-dessus marquée,supposé que celui, «ntre les mains de qui la Lettre