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Manufactures de draperie , aux Ouvrières qui ma-nient & épluchent les laines, avant de les carder, oude les filer.
- Eplucheuse. Se dit aussi chez les Maîtres Cha-peliers , des femmes qu’ils employent k tirer le jar-re de dessus les peaux de castor. Voyez Jarre.
EPLUCHOIR. Terme de Vanier. C’est l’outil,dont les Vaniers se servent pour éplucher la mar-chandise , quand elle est faite j c'est-à-dire, pourcouper tous les bouts d’osier, qui sortent au de-hors de l’ouvrage.
L’Epluchoir a le manche de bois, avec la virolede fer, & une petite, mais forte lame d’acier, deforme triangulaire, un peu arrondie vers la pointe.II y en a de plus ou de moins longs suivant l’ou-vrage, mais ordinairement depuis 2 pouces, jus-qu’a -> pouces de lame.
* EPONGE. Espèce de plante marine, qui sem-ble approcher du Champignon, ou Fmigus ; mais quien diffère dans toute fa insistance, laquelle n’est pointcharnue comme celle des champignons. C’est pro-prement un corps entièrement a poils, ou lanugi-neux, presque formé en tuf, celluleux ôc poreux,qu’on trouve attaché sur des rochers vers ìes bordsde la mer. La plupart des Anciens ont pris ce corpspour une espèce d’animai, parce qu’il leur sembloitavoir un peu de mouvement sur son lieu lorsqu’onie touchoit, & sur-tout celui de se retirer vers sonprincipe quand on i’en vouloir arracher. Pline, parcette raison, a crû. devoir le placer au milieu desanimaux marins. D’autres Naturalistes, qui ont cruqu’il y avoir des êtres dans le Monde, dont la na-ture étoit moitié plante, & moitié animal, leur ontdonné le nom général de Zoophytes , ( qui signifieAnimaux plantes ) pour les distinguer des autres ê-tres. Ils ont mis, suivant cette opinion, l’Epongeau rang des Zoophytes. Mais c’est une erreur ; iln’y a point dans la nature de semblables êtres. Sil’Eponge semble avoir quelque mouvement dans lamer, étant encore plantée fur son lieu, c’est par leressort de ses poils, qu’elle se contracte par i’attou-chement, ouïes impressions un peu fortes qu’ellereçoit, de forte que Peau qui remplit ses cellules,étant obligée de sortir, ce même ressort se resserrek mesure que l’eau prend son issue, & se resserred’autant plus, qu’il trouve alors moins de résistan-ce au dedans. C’est la structure de ces poils, & deces cellules, qui fait tout le jeu de cette plante, é-rant fur son pié, & aidée des mouvemens de l’eaude la mer. On pourroit regarder l’Eponge, dansce cas, comme une sensitive marine.
On a accoutumé de tout tems, tant dans les usa-ges de l’Eponge , que dans le commerce qu’on enlait, de la distinguer en deux sortes, savoir , enfine ôc en grossière. Les Anciens nommoient la pre-mière , mâle, & la seconde femelle j mais ces nomsimaginaires ne font plus usités, parce qu’ils n’ontpoint de sens.
La plupart des Eponges viennent de la Mer Mé-diterranée , & sur-tout du Levant. Les plus fines sepêchent dans les Isies de P Archipel, & en particu-lier aux environs de Piste de Nicaria , au Sud-Ouestde Smyrme, entre celles de Sam os & Tine. Onapporte les plus grosses de la Barbarie, particuliè-rement de Tunis ôc d’AIger. On les reçoit enFrance ordinairement par la voie de Marseille.
Les plus fines iont blondes , ou jaunâtres, lé-gères, leurs pores petits & ferrés. A l’égard desgrosses, elles disterent en bonté, suivant la gran-deur de leurs pores ; plus elles les ont grands, Ôcplus elles s’éloignent de la bonté des fines, & kpetits trous.
On fait différens usages des Eponges, en plu-sieurs Arts. Les fines fervent aux Anatomistes dansles dissections ; aux Chirurgiens pour la dilationdes fistules , & contre les hémorragies ; aux Apofi-caires pour composer des poudres, ou des tablettes
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contre le goè'tre. Les grosses fervent beaucoup auxPalfreniers pour panser les Chevaux. Les Impri-meurs s’en servent pour mettre de l’eau sur leursformes lorsqu’ils veulent les décomposer.
O11 trouve dans les grosses Eponges une forte depierres , qu’on nomme Cyjìhoelithres , qu’on croîtpropres pour les vers des jeunes enfans , broyées,& prises en poudre ; pour leur choix, il faut s’enfier a quelques Marchands Epieiers-Droguistes deconscience , qui Tes ayent tirées eux - mêmes desEponges.
Les Botanistes comptent dans le genre d’Epon-ge, encore 15 espèces, de plus que tes deux sortesdont on vient de parler, & qui ne peuvent servircomme celles-la. Les unes font rondes, d’autres creu-ses, d’autres de la forme d’un entonnoir, quelques-unes qui ressemblent a des gaines,d’autres qui font é-pineuses ; & enfin diverses autres , qui font rameusescomme des branches d’arbres ; dont une bonne par-tie se trouvent en Amérique.
Les droits d!entrée, qui fe payent en France pourles Eponges de toutes Jortes , font de 50 fols le centpesant ; U ceux de sortie de 20 sols, conformément aieTarif de 1664.
Outre les droits d’entrée marqués ci dessus > les Epon-ges de Levant payent encore 20 pour cent de leur va-leur 1 suivant íArrêt du iy Août 1685. comme étantdu nombre des marchandises, qui fe tirent des Etatsdu grand Seigneur , & de Barbarie.
Les Eponges Pyrotechniques , ou faciles k s’en-flammer,ne font autre chose que la mèche d’Allema-gne, ou amadou. Voyez Amadou.
Eponges. Terme de Plomberie. Ce sont lesbords du châssis qui environnent la table, ou mou-le, fur laquelle les Plombiers versent ôc coulentleur plomb.
Le Rable, qui sert k pousser le métal liquide jus.qu’au bout du moule^ & a lui donner son épais-seur , est appuyé par ses deux extrémités fur ceâEgonges, où il est comme enchâssé par deux entail-les , qui le tiennent en état, & qui l’ernpêchent devarier & de se détourner , quand le Plombier lepoulie. Voyez Plombier , ou il efì parlé de la ma-niéré de couler les grandes tables de plomb.
EPOUSSETTE. Petite brosse, ou vergeîte , quisert k ôter la poussière de dessus les meubles ôc leshabits. Voyez Vergette.
Les Epoujfettes payent en France les droits ct entrée& de sortie fur le pié de mercerie ; Fefl-d-dire , 10liv. du cent pesant pour t entrée , & 2 liv: pour la sortie ,quand elles font déclarées pour aller à t étranger , le toutconformément à l Arrêt du 3 Juillet 1692.
Epoussette. Les Graveurs en eau forte appel-lent Epoussette, une brosse , ou gros pinceau fait dela queue de l’animal, qu’on nomme Petit-gris. Ilss’en servent pour ôter de dessus la planche de cuivrevernisée les ordures que laisse le vernis, lorsqu’onl’enléve avec les pointes, ou autres petits outils,dont on se sert a la gravùre k l’eau forte. QuelquesGraveurs ne se servent que de plumes liées ensemble.Voyez Graveur a l’Eau forte.
EPOUTI. Voyez Espouti.
EPREUVE. Terme d’Imprimerie. 11 se dit despremières feuilles qui se tirent de chaque forme , surlesquelles le Correcteur fait ses corrections.
* Dans les ouvrages de conséquence, on en tireordinairement jusqu’k trois, dont la dernière se cor-rige, ou par l’Auteur, ou par le Libraire. II seroiík souhaiter que tous les Libraires voulussent ou fias-sent en état de corriger & de conférer eux - mêmes ,au moins les dernières Epreuves , comme faisoientles anciens Imprimeurs ; les impressions en seroientplus exactes, ôc par conséquent plus estimées. VoyezImprimerie.
Epreuve. II se dit aussi des premières Estampes,qu’on fait tirer de dessus une planche gravée. Lespremières Epreuves font toujours les plus belles ôcles plus noires. EPROU-