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Tome 2.
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áS'; ERA. ERM.

suivaient; c’est-à-dire, pour la même valeur enmarchandises du Pays.

ERABLE. Sorte d’arbre de haute futaye, qui sedistingue en mâle & en femelle. Son bois, qui esttrès dur, & souvent tacheté ou marqueté de cer-taines figures, qui ont beaucoup de rapport à celledes yeux, est fort recherché des Ebenistes, qui s’enfervent dans leurs ouvrages de marqueterie. Les Ar-muriers en employeur auílì beaucoup pour la mon-ture des armes de conséquence : & les Tourneursen font des ouvrages très beaux j y en ayant qui letravaillent avec tantd’art, qu’ils en font des gobe-lets auífi déliés que des feuilles de papier.

Les vieux Erables loupeux & nouailleux, qui setrouvent bien sains, font les plus estimés pour tou-tes ces sortes d’ouvrages.

Ils se débitent ordinairement dans les forêts parcarrelles, ou petites planches de 3 , 4 & 5 poucesd’épaisseur. II s’en envoye néanmoins beaucoup engrume, c’est-a-dire, en grosses bûches, ou rondinsrevêtus de leur écorce, que les Ouvriers qui les doi-vent employer, coupent, ou scient eux-mêmes,suivant les choses a quoi ils les destinent.

-j- L’Erafale est un genre de plante a fleur penta-petale & rosacée, c’est-a-dire, dont les pétales, quisontau nombre de cinq, sont disposées en rose. IIapartient a la 21 e classe de Botanique de Mr. Tour-nefort. Ce genre en renferme 9 espèces, dont trois fontAméricaines. Leur fruit est composé de deux capsulesailées ou membraneuses à bouts pendans, qui ren-ferment chacune une semence ronde. Ce genre d’ar-bre est appellé par les Latins Acer.

On fait en Canada une espèce de sucre gris, dela fève qu’on tire de cet arbre. * Mémoire MSS. deMr. Garcin.

Le bois d’Erable paye en France les droits cfentrée,comme bois dlOlivier , à raison de 20s. le cent pesant ;Û ceitx de sortie , comme Ebène , 1 6 s

ERAILLER , ou ERRAILLER. Tirer avec ef-fort une toile, ou une étoffe, en telle forte que lesfils s’entrouvrent, se séparent, & se relâchent. Lecrêpe, la gaze, & la mousseline sont sujets à dé-railler. II y a même du danger d’érailler un drap,quand on le tire trop fort a la rame.

BRAILLERE. Endroit d’une étoffe , ou d’unetoile, qui a été éraillé, qui a souffert quelque vio-lente tension ; ensorte que son tissu s’eít séparé dansla chaîne ou dans la trame.

ERGOT. Espèce de seigle long, noirâtre & cor-nu , qui croît quelquefois parmi le bon seigle. Safarine est blanche j mais l’usage en est pernicieux,& cause, a ce qu’on croit, cette maladie populaire& épidémique, qu’on nomme Feu S. Antoine.

-j- II cause ordinairement la gangrène aux piés; onen a un exemple arrivé dans l’Orléanois & dans leBlaisois en 1709. lequel est raporté dans l’Histoirede l’Académie Royale des Sciences, année 1710.Ce qu’il y avoit d’étonnant, c’est que cette maladien’étoit point pour les femmes. Ce blé est appelléErgot , parce qu’effectivement il aproche de la figured’un Ergot de Coq. Ce grain monstrueux est causépar une humidité maligne qui vient de certainsbrouillards, laquelle pourrit la peau qui couvre legrain, l’altére & la noircit, ce qui donne lieu a lafève de s’y porter d’autant plus abondamment, qu’el-le ne se trouve plus resserrée par la peau dans lesbornes ordinaires, & occasionne par lk un accrois-sement extraordinaire dans le grain. Les poules n’enveulent point manger, quoiqu’ii ne leur fasse pointde mal en apparence.

ERMAILLE. Nom que les Suisses donnent a ce-lui qui travaille en chef k la fabrique des fromagesdans les montagnes de Gruyere & de Berne. Voy.Fromage de Gruyères.

ERMJN. C’est ainsi qifon nomme dans les E-chelles du Levant, & particulièrement a Smyrne,

ERM. ESC. 388

le droit de Douane, qu’on paye pour l’entrée &la sortie des marchandises. Les François ont long-tems payé cinq pour cent de droit d’Ermin, tandisque les Anglois n’en payoient que trois : mais envertu des Capitulations entre la France & la Porte ,renouvellées par M. deNointel en 1673. ce droit a étéréduit aussi a trois pour cent en faveur des François *& de ceux qui vont au Levant fous la bannièrede France. II se paye outre cela un droit qu’onappelle le Droit doré , qui va environ a un quartpar cent.

' ERMINE. Voyez HERMINE.

ERMINETTE. Espèce de hache un peu recourebée, dont les Menuisiers se servent a dégrossir &unir leur bois. Quelques-uns la confondent avec unautre instrument, qu’on nomme Essette.

ERRATA. Terme d’Imprimerie. Mot Latin, de-venu en quelque forte François, qui signifie & quiindique les fautes d’impreffion qui se trouvent dansun Livre.

L’Errata se met au commencement ou a la fin duLivre, a la volonté de l’Auteur , ou de l’Impri-meur; & contient, outre les fautes, leurs correc-tions , les chiffres de la page , & le nombre des li-gnes où ces fautes se rencontrent. Voyez Impri-merie.

ERRES. Voyez Arrhes.

ERREUR. Défaut de calcul, omission de partie ,article mal porté sur un livre, dans un compte , oudans une facture.

On dit dans tous ces sens : Il y a Erreur en cet-te addition ; vous vous êtes trompé dans la factureque vous m’avez envoyée le tel jour; vous tirez enligne 1677 liv. 10 f. au lieu de 16^7 liv. 10 f. pour130 aunes de drapa 12 liv. 15 f. c’est une Erreur de20 liv. qui doit tourner k mon profit. J’ai trouvéplusieurs Erreurs dans votre compte ; l’article portéen crédit le 1 Juillet pour is'40 liv. ne doit être quede 1530 liv. Vous me débitez le 21 Aoùt de 422 liv.pour ma traite du 3 dudit a Lambert, je n’en ai pointde connoissance.

Dans l’arrêté des comptes que les Marchands &Négocians soldent ensemble, ils ne doivent pasomettre la clause, Sauf Erreur de calcul, ou omis-sion de parties.

On dit en manière de proverbe, Qu’Erreur n’estpas compte; pour faire entendre, que quoiqu’uncompte soit soldé, si l’on y trouve quelque défautde calcul, ou omission de parties, on s’en doit réci-proquement faire raison.

ESBOURRIER. Oter la bourre. Terme de Cour*royeur. On est,outre les peaux de mouton avec l’esstire , c’est-a-dire, qu’on leur ôte la bourre, outannée, qui leur est restée au sortir de la main duTanneur. Voyez Courroyer.

ESCADES. Sorte de marchandise dont il est par-lé dans le chapi tre II. de la pancarte de la Prévôtéde Nantes ; elles font du nombre de celles qui ne pa-yent pas le devoir du Quarantième, mais dont ledroit est fixé k 2 f. 6 d. par ballot de ijo livres pe-sant.

ESCAIT. Mesure servant k l’arpentage, qui esten usage en divers endroits de la Généralité de Bour-deaux ; elle est plus ou moins grande suivant leslieux.

Aux deux Tonneins, Clerac, Meolle, la Parade ,la Fitte, Favillet, Aiguillon & Colleigne, elle a12 piés mesure d’Agen , qui est plus grand que ce-lui de Roi d’environ trois lignes.

A Damasan, Puche, de Gontault, laCallonge& Monhurt, elle est de 14 piés 8 pouces mesure deRoi, qui font 14 piés ç pouces 4 lignes d’Agen.

A Verteuil, Villeton & Grate-loup, elle est com-posée de 12 piés de Roi, faisant u piés 9 poucesd’Agen.

A la Gruerre elle n’a que 9 piés j de Roi, fai-sant