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EspATule. Se dit aussi d’un instrument de fer,qui sert aux Chirurgiens a étendre les onguens dontils font des emplâtres; & d’un autre de bois, aveclequel les Apoticaires remuent les drogues qu’ils pré-parent. L’un&l’autre est long, plat & étroit; maisplus large par un bout, que par celui qui lui sert demanche ; à moins que ce ne soit des Eípatules dou-bles , c’est-'a-dire , larges par les deux extrémités.
ESPAULE DE MOUTON. Les Charpentiersappellent ainst les plus grandes cognées , dont ils seservent pour équarrir & dresser leurs bois. VfyezCogne'e.
ESPAULE’E. Terme de Maçonnerie. On dit,Elever un mur, un pignon , par Efpaulée ; poursignifier , qu’cn ne les construit que par -parties. II11e se dit que des réparations & vieux ouvrages, oùil y auroit du péril d’en trop abbattre à la fois.Quelques-uns cependant l’employent, pour signifierla maniéré de faire les fondemens des murs de clôtu-re neufs, qu’on ne remplit que par intervalles & parreprises.
* ESPEAUTRE. Espèce d’orge, dont l’épi n’aque deux rangs de grains. II y a des nations qui met-tent l’Epeaute , ou Epeautre , au rang des espèces defroment, & d’autres qui le mettent à celui des espè-ces d’crge. Voyez, Orge.
Quoi qu’il en soit,cette graine fait de très bon pain.La Ville de Geneve & le pais de Vaud en ont tirébeaucoup de Suabe les années dernières 1747. 1748.& 174p. pour suppléer à la disette du bled.
ESPECES, en terme de Monnoie & de Commer-ce. Se dit des diverses pièces d’or , d’argent, de bil-lon, & de cuivre, qui ayant reçu par les Monnoyeursles façons,légendes & empreintes portées par les Ré-glemens & Ordonnances des Souverains, ont coursdans le public.
■ On appelle Espèces décriées, celles que le Princea défendu qui fulíent reçùes dans le négoce : Espè-ces légères , celles qui ne font pas du poids que laLoi a réglé : Espèces de mauvais aloi, celles qui nefont pas au titre de la Loi : fausses Espèces , cellesqui font d’un autre métal qu’elles ne devroient être :Espèces fourrées, celles où les faux Monnoyeurs ontenfermé une lame de faux métal entre deux lamesde métal légitime : Espèces rognées , celles dont ona ôté de la tranche quelque morceau d’or ou d’argent,avec des cisailles , ou des limes : Espèces altérées,celles où il y a quelque déchet & diminution faiteexprès, & à mauvaise intention ; comme l’a Itéra-tion qu’on fait aux espèces d’or par le moyen del’eau régale, & à celles d’argent, en les trempantdans de l’eau-forte : enfin, Espèces d’or, d’argent,de cuivre, & de billon, celles qui font faites desuns & des autres de ces métaux. Voyez. Monnoie.
Les Espèces n’ont cours en France, qu’après queles Juges Gardes des Hôtels des Monnoies en ontfait la délivrance aux Maîtres des mêmes Monnoies.Voyez. Délivrance.
ESPIEU. Arme faite en forme de hallebarde.
Les Essieux font en France du nombre des marchan-dises de contrebande pour la sortie , conformément àl Ordonnance de 1687.
Ils payent les droits d’entrée, suivant le Taris dea 664. à raison de 30 s la douzaine ; & pour ceux desortie, lorsqu’on en obtient permisson, ou dans les Bu-reaux des Provinces réputées étrangères , 16 f
ESPINAY. On nomme Fil d’Espinay , du filblanc , qui íe fabrique a Liste en Flandre. On rap-pelle aussi parmi les Marchands qui en font le com-merce, Fil bianc-bon-ouvrier. Voyez Fil.
ESPINÇOIR. Gros marteau court & pesant,dont se servent les Paveurs, pour couper ou taillerle pavé de grès, soit fur la carrière, lorsqu’ils dé-bitent ces sortes de pierres, soit lorsqu’ils mettentle pavé en place. La tête de ce marteau est fendueen angles par les deux côtés ; ce qui forme à cha-
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que bout, comme deux coins, ou dents assez tran-chantes. Ou fe sert principalement de l’Espinçoir,quand on veut tailler & équarrir du pavé d’échan-tiilon.
ESPLETTE, ESPLECTE, ou EXPLECTE.Noms que les Ouvriers & Artisans donnent en quel-ques Provinces de France, aux outils & instrumens,dont ils se fervent pour leurs ouvrages. Voy. Outil.Voyez aussi Instrument.
ESPONTQN. Espèce d’arme en forme'de demi-pique,que portent ordinairement les Officiers d’In-fanterie, & qui sert aussi sur les vaisseaux de guerrepour combattre à l’abordage.
Les Esp ornons font du nombre des marchandisesde contrebande , dont la sortie de France esl défenduepar P Ordonnance de 1687.
ESPOULLE. Terme de Manufacture, qui si-gnifie une partie du fil de la trême d’une étoffe ,dévidée fur un petit tuyau de roseau, ou espècede bobine sans bords , que quelques-uns, particu-lièrement les Amienois, appellent Buhot. L’Ef-poulle se met dans la partie creuse de la navette ,que l’on nomme Roëte, ou Poche. Voyez Navette.
ESPOULLEUR. Ouvrier qui a soin de chargerles espoullins. Voyez Espoullin.
ESPOULLIN. Espèce de petite Navette, dontles Gaziers sc servent pour faire le brocher de leursgazes.
L’Espoullin est moins long, mais un peu plus lar-ge que la véritable navette, dont ces Fabriquanstravaillent, lorsqu’ils lancent leur trême. U a commela navette une boète, ou enfoncement, où se metle canon, qui est un morceau de roseau ou de su-reau, sur lequel sont dévidés l’or, l’argent, ou lessoies de diverses couleurs, qui servent à la brochu-re. Voyez Gaze.
ESPOUTI. Petite paille , ou ordure, qui se trou-ve dans les ouvrages de laineries, particulièrementdans les draps. Voyez les Articles fuïvans.
ESPOUTIER. Terme de Manufacture de dra-perie. C’est ôter & tirer avec de petites pincettes defer les époutis, ou menues pailles, & ordures, quiíe rencontrent dans les draps, après qu’ils ont étédégraissés & dégorgés à la soûlerie, afin de les ren-dre plus propres & plus parfaits.
On dit aussi dans le même sens, mais suivant lesdifférens lieux de fabrique, Espinceler , Espincer , Es-pincher , & Espincheler.
ESPOUTTEUSES. Voyez Esnoueuses.
* ESPRIT. C’est un terme de Chymie, qu i si-gnifie un Elément, ou un des cinq principes ée cetArt. Les Chymistes on trouvé par l’analyse, quetous les corps de la Nature , savoir les Minéraux,les Végétaux, & les Animaux, sont composés decinq sortes de substances, qui sont l 'Esprit , PHuile,le Sel , P Eau la Terre. Les trois premiers sont
nommés actifs , & les deux derniers passifs. La na-ture combine différemment ces cinq substances,dans la génération des corps, dont les différencesse distinguent facilement par les sens.
L’Esprit, qui est le premier principe des corps,est proprement un liquide subtil, ou aérien, péné-trant , qui s’éléve facilement des Animaux, & desVégétaux par la chaleur, & difficilement des Mi-néraux par Ie feu ; mais cet Esprit ordinairementne peut se congéler au froid. II est liquide, & encela il diffère de la terre & du sel. 11 résiste au froid,
& en cela il diffère de l’huile & de l’eau. Enfin il peuts’unir à l’huile & à l’eau, qui ne peuvent se mêlerensemble. Ces distinctions ont forcé plusieurs Chy-mistes k adopter ce principe, contre ce qu’ils s’é-toient proposé de le retrancher d’avec les autres.
Les Esprits sont en général de deux sortes, vo-latils , ou fixes : ceux qui sont volatils, sont laplû- 'part huileux & alkalis ; & ceux qui sont fixes sontordinairement acides ; ils viennent des Minéraux,
desquels
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