Band 
Tome 2.
JPEG-Download
 

2,97 E S P A L.

la vérification des mesures rondes, qui servent amesurer ies grains, graines, fruits , & légumes secs.

Louis XIV ayant ordonné, par un Edit du moisd’Octobre 1669. la fonte de nouveaux étalons, furlesquels se pussent faire a Pavenir sEspallement desmeíures de bois’, qui ferviroient a la distribution &vente de toute nature de grains par le moyen de latrémie , régla aussi la maniéré de faire cet Efpalie-ment, ou vérification, ainsi qu il s’ensuit.

Le Juré-Mesureur-Estalonneur met d'abord dansla tremie la quantité d’un minot & demi de grainede millet, & non autres , qu’il laisse couler dans l’é-talon du minot a blé , jusqu’k ce qu’il soit comble;Payant ensuite rade , sans laisser grain fur bord , lemillet, qui reste dans cette mesure matrice, est denouveau mis dans la trémie , pour en remplir uneseconde fois le même étalon, où le grain est enco-re radé comme auparavant ; après quoi il est verséaussi par la trémie , dans le minot qui doit être éta-lonné, qui l’est en effet, & marqué de la lettre cou-rante de Pannée, s’il est trouvé de bonne confiden-ce , 6c de la même moisson de l’étalon. L’Espalle-ment des mesures moindres que le minot, se fait kproportion de la même maniéré. Voyez. Mesure.Voyez aujjì Minot.

-f ESPALME , nouveau Verni-Mastic , dont lacomposition a été inventée par le Sr. Maille Bour-geois de Paris, ayant été cherchée en vain depuisplusieurs siécles ; aussi le Roi, après toutes sortesd’épreuves , lui a acordé le 27 Mai 1727. un Privi-lège exclusif pour le composer & faire fabriquer ,vendre & débiter.

Cet Espalme, sans être susceptible d’inflamma-tion, ni sujet a être pénétré, a poisser ni a écailler,comme tout ce dont on s’est servi jusqu’a présent,«'incorpore avec les corps où il est appliqué, mêmefur le fer & fur le verre : ce qui est justifié par lescertificats de Mrs. de P Académie Royale des Scien-ces , des Officiers de Marine, & des Maîtres Cons-tructeurs &c.

II est très nécessaire pour la conjonction parfaitedes pierres, pour garantir d’humidité & de pourri-ture toutes sortes de bois , soit qu’ils soient exposésaux intempéries de Pair, soit qu’ils trempent dansPeau. Í1 garantit de plus les bâtimens de mer de lapiqueure des vers , & dispense de les doubler, gau-dronner & suiffer.

L’usage de ce Mastic procurera encore un avan-tage très considérable, en faisant subsister pendantplusieurs siécles les châssis, auvents, contre vents,remises, hangars, digues, pilotis, ponts de bois ,moulins k eau, barques, bateaux, goutiéres de bois ;faîtes de maisons, leurs couvertures &c.

Maniéré <£employer ce Majïic-Espahne.

II faut le casser par morceaux, le mettre dans unechaudière de fer, dont on aura simplement froté lefond avec du gaudron ordinaire, puis remuer tou-jours au fond avec un bâton équarri.

II faut observer de ne l’appliquer ou couler quebouillant ; que le bois fur lequel on Pappliquera,neuf ou vieux, soit sain, sec, net, sans humidité,& même chaud quand les conjonctures le permet-tent; & alors pour P enduire on se sert de guipons ;comme on fait dans les Ports de mer, eh suivanttoujours le fil du bois; les guipons de la trame láplus fine, comme les pesnes de Draperie d’Elbeuf& Louviers , seront le meilleur effet.

Pour la conjonction des pierres, il réussit beau-coup mieux en Eté, quand les pierres font échaufféespar le Soleil ; il «'incorpore mieux, ne se gèle passi vite, & pénétre plus facilement dans les fentespréparées pour cet effet, ou qui se sont faites par laelée ou par l’intemperie de Pair & qu’on veut re-oucher. L’essentiel est que les pierres , ou toutesautres matières qu’on veut conjoindre, soient bienDitlion. de Commerce. Tom. II.

E S P A T. 2 9 ì

sèches, & bien nettes de poussière & de fable.

Quand ces fentes seront remplies, il faudra pas-ser dessus un fer chaud , pour ôter ce qui est de trop ,

& polir le reste en le forçant de «'incorporer plusétroitement avec toutes sortes de matières, soit fer*cuivre ou plomb, car il «'attache dessus comme furle bois, après que les endroits qu’on voudra con-joindre de ces métaux y auront été préparés par lalime, & même pour plus de solidité, par quelquespesits trous de poinçon le long des bords : ce quifera ires aisé a faire, parce que la lime les aura ren-du minces.

On pourroit aussi avec du bois enduit de Mastic-Espalme , faire des bassins , réservoirs, citernes, &terrasses, plus durables, moins sujettes a réparations;

& a beaucoup meilleur marché qOe celles faites depierre ou de plomb.

Si l’on veut garantir de la pourriture les poutres& solives, & les empêcher de «'échauffer dans lamuraille , on n’a qu’k les enduire par les bouts , &les endroits enfermés 011 couverts de pierre , de plâ-tre , ou de chaux.

L’exemple de la réparation faite depuis peu kl’appartement de Mr. le Comte de Toulouse, auChâteau de Versailles, y doit déterminer.

Pour avoir de ce Verni-Maitic-Espaane, on s’a-dressera a Mad. de Changy rue des Ramajj'cs à Rouen.On le vendra ioó livres le quintal. Chaque livréenduit trois piés en quarté. * Mercure de France ,juin 1727. p. n 88.

* ESPARDILLES. Mot Catalan : 1 ct se prononce;ii signifie des souliers de corde, lesquels font fort enusage dans la Catalogne , parmi le petit peuple, &généralement chez tous les Chasseurs, de quelquecondition qu’ils soient. Les Miquelets, & leurs Offi-ciers, en portent toujours, tant k la guerre avec leursEfcopettes, qu’autrement, & cela parce qu’ils fonttrès commodes & autant que des escarpins, bons kgrimper les montagnes fans qu’on fente les pierres 4qui font fort abondantes dans cette Province ; &aussi parce qu’ils durent au double que ne font lessouliers ordinaires , & qu’ils font enfin k beaucoupmeilleur marché. Ils font jolis, & bien faits. VoyezCorde.

ËSPÁRGNË. Òn dit en terme de Graveur furbois, Tailler en Efpargnë , pour signifier la manié-ré dont íe fait cètte gravure ; qui n’est pas en inci-sant la planche, mais en laissant en relies, & pourainsi dire, en épargnant les traits qui doivent impri-mer la figure gravée. Voyez Graveur sur Bois;

ESP ART. Espèce de jonc, dont les Marfeilloisfont des paniers & des cabats, pour mettre & embal-ler plusieurs de leurs fruits secs, & diverses autresmarchandises. Ce jonc croît en Espagne , où il s’enfait un assez grand négoce avec les Marchands déMarseille. On en fait aussi des Cordages, dont lesbatimëns Latins fe fervent. Voyez Cabat.

Esparts. Terme de Carrier. Ce font les qua-tre plus petits morceaux de bois, des six dont estcomposé le baquet, ou civière , dont les carriers feservent pour tirer le moélon hors de la carrière. Cesquatre Esparts font emmortoifés dans les deux prin-cipales pièces du baquet ; qu’on nomme k cause décela les Maîtres.

Esparts. Se dit aussi en terme de Charron , destnorceaux de bois plats & larges, qui font emmor-toisés d’espace en espace dans les limons d’une cha-rette, ou dans les brancards d’un chariot, pour eiientretenir & affermir les ridelles.

ESPÁTULE. C’est ainsi que ceux qui fabriquentles fromages dans les montagnes de Gruiére, & déBerne en Suisse , nomment un certain petit sapin déla grosseur d’une bonne canne , qu’on a pelé, &dont on a coupé les branches, ou rameaux, k 2 où3 pouces de long jusqu’au milieu, qui sert a tournerle lait caillé dans la chaudière, pour le défaire ,, & lërompre. N 3 EsPá-