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Tome 2.
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gog ESSAI.

Il y a deux sortes d’Essai dans le monnoyage;l’un qui se fait devant la fonte, pour mettre les mé-taux à leur titre ; & l’autre âpres la fabrication,pour savoir si le titre de Pespéce est juste.

Pour le premier Estai, les Effayeurs ont coutumede prendre 14 ou i? grains pour for, & demi-grospour l’argent , si c’est Essai de monnoie ; & 18grains de l’un, & un gros de l’autre, si c’est Essaide particulier.

Ces portions d’or ou d’argent Rappellent des Bou-tons, anrès que t’Essai est fait. Voyez, Bouton.

A l’égard de l’Essai des espèces fabriquées , il sefait avec une piéce de la monnoie , dont on veutjuger, qu’on coupe en quatre, dont chaque parties’appelle Peuilles. Voyez, Feuilles -, & Denier deBoete.

Effai de for.

Après que l’Essayeur a pesé exactement la matiè-re d’or, dont il veut juger , du poids de laquelle ilretient une note, il y mêle les deux tiers d’argentfin ; c’est-à-dire , deux parties d’argent fur uned’or, suivant néanmoins le titre que l’or paroît avoir,I’or bas demandant moins d’argent. L’or & l’argentainsi pesés & mêlés s’envelopent dans un morceaude papier, pour qu’il ne s’en perde rien ; ce quiempêcherait que l’Essai ne fut juste.

Pendant que l’Essayeur peste ses matières , on al-lume un feu de réverbéré dans un fourneau garnide fa moufle , & l’on fait recuire les coupelles, danslesquelles l’Essai se doit faire.

Ces coupelles étant suffisamment recuites , on metdans chacune, s’il y en a plusieurs, un morceau deplomb en forme de balle, dont la pesanteur doit êtreproportionnée à la quantité, & à. la qualité de l’ord’Essai.

Lorsque le plomb est bien fondu, & qu’il paraîtbien clair, ce qu’on appelle bien découvert, on metavec de petites pincettes la matière de l’Essai dans lacoupelle, envelopèe comme elle est dans le papier,& on la laisse fondre & bouillir jusqu’à ce qu’elleparoisse de couleur d’opale , & qu’elle ait été fixéeen forme de bouton au fond de la coupelle.

Les coupelles,étant refroidies dans le fourneaumême , de peur que si elles se refroidissaient a Pair,les boutons ne pussent s’écarter, ou, comme ondit, en terme de fart, Veffir , on en détache cesboutons, qu’on nettoye exactement du côté qu’ilstiennent aux coupelles.

Chaque bouton en cet état s’étend fur l’enclume ,ou fur te tasseau, fe recuisant à plusieurs fois furdes charbons ardens , afin de f étendre plus facile-ment. Lorsque le bouton est bien battu, & qu’onl’a coulé en forme de cornet, mais fans le presser ;on le met dans un matras de verre, capable de con-tenir quatre cuillerées d’eau; & y ayant ajouté del’eau forte corrigée, c’est-à-dire, mêlée d’un peu plusd’un tiers d’eau de rivière, on les fait bouillir furun feu de braise, jusqu’à ce que Peau forte ne jetteplus de fumée rouge.

Cette première eau forte étant vuidée par incli-nation , ensorte que le cornet reste seul au fond dumatras, on remplit de nouveau le matras, mais d’eau-forte pure, qu’on vuide encore , quand, après avoirbouilli, les fumées, qui s’en exhalent, font deve-nues blanches; après quoi l’on ne remet dans le ma-tras que de Peau de rivière pour laver le cornet.

Le cornet bien lavé fe met à sec dans un creusetgarni de son couvercle, pour le faire recuire dans lamoufle, jusqu’à ce qu’il prenne un peu plus qu’iinecouleur de cerise ; & lorsqu’il a pris cette couleur ,PEssai est achevé , & il ne reste plus quand il est re-froidi , qu’à le peser avec le même poids de fin, quia servi à faire la pesée avant l’Essai : & en comparantía première pesanteur de l’or, avant qu’il ait été misAu feu & à L’eau forte, avec celle qu’il a, quand il a

E S S A Y. ;o4

soutenu cette épreuve : on juge par le plus ou lemoins de déchet qui fe trouve, de la quantité dePassage qui y étoit mêlé.

Essai de Vargent.

Tout fe fait, jusqu’à un certain point, pour l’Es-sai de Pargent comme pour l’Essai cW for ; mais l’o-pération n’en est ni si longue, ni si difficile.

On pèse Pargent aussi exactement que l’or : mêmefourneau, même charbon, même feu , mêmes mou-fles, & mêmes coupelles y font employés; & c’estaussi du plomb qu’on met dans les coupelles, propor-tionné ainsi qu’à Pcr, à la qualité, & à la quantitéde l’argent d’Essai.

Lorsque le plomb est bien fondu & bien décou-vert , en un mot dans le même état que celui qu’onemployé pour PEssai de l’or, 011 y met Pargent d’Es-sai ; & après qu’en fondant il a pris la couleur d’o-pale, qu’il est fixé en forme de bouton, ce qui fefait environ en une demi-heure; Sc qu’il est refroidi& nettoyé, on le pèse de nouveau de même que l’or;& sur sa diminution, on estime le plus ou le moinsd’alliage qu’il y avoit; & par ce calcul, dont on peutvoir des exemples dans le chapitre 26 e du Traité desMonnaies de M. Boisard, on Le réduit à son vérita-ble titre.

Ejsai du plomb.

L’Elîai de l’or Sc de Pargent se faisant par le moyendu plomb, il est très important que le plomb, donton fe sert, ne tienne d’aucun de ces deux métaux,sans quoi l’Essai ne pourrait être juste, l’or ou Par-gent , dont le plomb ferait mêlé , ne s’évaporantpas comme les autres alliages , Sc s’unissant à celuides deux métaux , dont on ferait PEssai dans la cou-pelle.

Pour éviter ce désordre, Sc assurer l’opération del’Essai, l’Ordonnance des Monnoies de 1343. por-te, Que le général Efayeur, ou l’Essayeur particu-lier , auroìit plomb bon Ó* net , & dont ils auront faitf Effai.

Cet Essai du plomb íè fait aux mêmes fourneaux,Sc dans les mêmes coupelles, qui fervent à l’or & à,l’argent ; mais il est infiniment plus simple que celuide ces deux métaux. 11 suffit, quand les coupellesfont recuites, d’y mettre un morceau du plomb donton veut se servir aux Essais : si ce plomb s’évaporeentièrement, il est bon à cet usage ; si au contrai-re il reste au fond des coupelles quelque petit graind’argent, il faut le rejetter.

Essai. On appelle Or d?Effai, Argent d’Essai, Porou Pargent, qui font à leur plus haut titre; c’est-à-dire , l’or approchant de 24 carats , Sc Pargent envi-ron à 11 deniers 23 grains.

Essai. Les Peintres fur verre appellent des Es-sais, de petits morceaux de verre coloré, qu'ils met-tent dans leur fourneau en même tems que le verrepeint qu’ils font cuire, Sc qu’ils en tirent de temsen tems par une ouverture ménagée exprès, pourvoir si les couleurs font assez parfondues & incor-porées au verre. Voyez Peintre sur Verre.

ESSAYE. Racine dont on fe sert dans les IndesOrientales pour teindre en écarlate.

La meilleure se trouve sur la côte de Coroman-del ; on peut en connoître la bonté de deux maniè-res , ou en la rompant, ou en la mâchant quelquetems : dans la première épreuve, fa couleur intérieu-re doit être d’un rouge obscur, Sc dans la secondeson goût doit tirer sur celui du nitre.

L’Essaye qui croît à Pepapoul près de Massulipa-tan, fait une couleur si vive., qu’il en faut diminuerl’éclat en la mêlant, ou comme disent les Teintu-riers François, en la rabattant avec une autre quiait moins de vivacité.

Pour savoir si une étoffe est teinte avec la vérita-ble Essaye, il faut en froter un bout avec du jus de

cèdre ;