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quelle on fasse commerce. Cette racine, pour êtrebonne ,'doit être nouvelle, rougeâtre, bien mon-dée, & d’un goût acre , & assez désagréable. Avantque de l’employer, on la fait infuser dans du vinai-gre. On en peut tirer des extraits, qui fervent pour' l’hydropisie.
* Cette plante est une efpéce de Tithymale de laremiére classe de Tournefort ; ses feuilles ressem-ant st fort a celles de la Linaire, qu’on s’y trom-perait assez souvent, lorfqu’elle n’est pas en fleur,st ce n’étoit son lait qui fort en la rompant, ce quene fait pas la Linaire qui n'a point de suc laiteux,Sa fleur est tetrapetale - selon Mr. Lmnœus , & sonfruit est a trois coques.
Elle croit le long des champs & des chemins. Onemployé en Médecine l’écorce de fa racine, qu’onenvoyé sèche de la Provence & du Languedoc.L’Efule purge fortement la pituite ; & c’est pourcela qu’on Pappelle la rhubarbe des Paysans. On lamet infuser pendant trois jours dans de bon vinai-gre rosat, pour corriger son acrimonie. Quelques-uns ne la font infuser que 24 heures , d’autres re-nouvellent le vinaigre tous les jours, & d’autres en-fin employeur diffe'rens correctifs. On ne la donnejamais qu’en infusion. Elle purge violemment parles selles, la pituite, les sérosités & l’humeur mé-lancolique. On s’en sert aussi dans i’hydropilîe, laléthargie, la phrénésie, & dans les maladies causéespar les humeurs grossières. Cette plante entre dansle négoce des Epiciers-Droguistes & des Herboristes.
UEsule paye en France les\droits dentrée àraison de50 sols du cent pesant ,conformément an Tarif de 1664.
ETABLAGË. Droit que les Seigneurs lèvent enquelques endroits fur les Marchands, pour leur per-mettre de mettre en vente leurs marchandises dansles halles & marchés.
ETABLI, ou ETABLIE. Grande table fur la-quelle divers Artisans & Ouvriers mettent les outilsqui leur fervent actuellement, disposent <k préparentleurs ouvrages, les travaillent, & les achèvent. LesPlombiers, Menuisiers , Serruriers , Maréchaux ,Taillandiers , Fondeurs , Eperonniers , &c. ont desEtablis, mais faits différemment , & diversementplacés dans leurs boutiques & leurs atteliers.
L’Etabli des Serruriers, & de tous les Ouvriers enfer, est ordinairement appliqué contre la muraillede leur boutique, au dessous de l’ouverture qui dou-ne fur la rue. C’est à cet Etabli qu on attache lesgrands & moyens étaux, & fur quoi fe placent lestasseaux & les bigornes, que pour leur petitesse,& le lieu où on les met , on appelle Tasseaux &Bigornes d? Etabli.
L’Etabli des Menuisiers fe place au milieu de làboutique ; ous’il y en a plusieurs dans le même at-telier, on les dispose en forte, que les Compagnonsqui travaillent, puissent facilement tourner autourde celui où chacun d’eux a son ouvrage. Le dessusde cet Etabli est de bois de chêne, d’un demi-piéau moins d’épaiífeur, de 7 à 8 piés de longueur, &de 18 a 20 pouces de largeur : quatre forts piés,aussi de bois, joints par quatre traverses emmortoi-fées , soutiennent cette table, de laquelle le dessous,qui est plancheyé, sert pour poser divers gros outils,qui doivent le plus être a la main, comme le mail-let, les valets, &c.
A un des bouts de la table est le crochet, instru-ment de fer dentelé, enchâssé dans un morceau debois carré, qui fe hausse & qui fe baisse a traversd’une entaille percée dans toute l’épaisseur de cettetable. Ce-crochet sert k retenir le bois qu’on ap-puyé contre, quand on le veut dresser, courroyer,ou raboter.
Plusieurs trous, parsemés de distance en distancefur la table, fervent a mettre la queue des valets <koutils de fer, dont le bec affermit l’ouvrage fur l’E-tabli : d’autres trous également espacés le long desDislion . de Commerce. Tom. I I.
Etable
piés, reçoivent aussi les mêmes valets, pour soute-nir les planches, dont on veut faire les joints, oupousser les languettes & les rainures ; & pour lesmieux affermir, on en appuyé un bout contre untasseau armé de pointes, qui est au pié de devant del’Etabli. Enfin, une tringle de bois, attachée k cô-té de la table fur deux petits tasseaux, qui y laissentune ouverture d’un pouce , sert a ficher le fermoir *les ciseaux, les becs-d’âne, la râpe , le compas, &autres semblables outils, pour en débarrasser l’Eta-bli quand on y travaille,
j- Les Etablis de Menuisier, Ebéniste & autres ,font ordinairement de Chêne , mais on n’employe cebois qu’k défaut de meilleur. On doit préférer pourla construction de ces instrumens les bois de Noyer,Poirier, Ormeau, & autres bois durs. II est en-core d’une grande commodité d’ajouter auX bancsde Menuisier, nommés Etablis , une presse a côtéavec deux vis, en bois, ou terraude : Pour cet effetou fait k une des extrémités du banc, deux vis enbois d’environ deux pouces de grosseur, qui con-viennent k l’écroue, & joignant une planche de l’é-paisseur de l’Etabli a ces deux vis, cela forme unepresse, qui est d’un usage infini pour toutes ces pro-fessions.
L’Etabli des Plombiers est une forte table de bois,soutenue de tréteaux de distance en distance, II aa un des bouts un moulinet, avec uhe sangle au-tour , garnie d’un crochet de fer. Cesl sur cet Eta-bli que se fondent les tuyaux sans soudure ; & c’estavec le moulinet & la sangle, que quand la fon-te est faite, on tire des moules le bouton, qui y sertde noyau. On met cet Etabli près de la poêle defonte, ou du fourneau, où l’on met en fusion leplomb. Voyez. Plombier.,
Etabli. C’est aussi la longue & large table desTailleurs d’habits, fur laquelle ils taillent leurs étof-fes , & fur laquelle, après que leur ouvrage est tail-lé, ils montent & fe mettent les jambes croiséesfous eux, pour le joindre , le coudre , & l’achever,
L’Etabli des Bourreliers & des Selliers n’est qu’undessus de table, de 4 piés de long, de i8 poucesde large , & de 4 a ? pouces d’épais , qui est mobi-le, & qui couvre uhe efpéce de grand bahut de bois,où ils jettent les rognures de leur cuir. C’est furcet Etabli qu’ils débitent leur cuir avec le couteaua pié. Comme il n’est ni pesant, ni embarrassant,ces Ouvriers le placent tous les matins fur le de-vant de leur boutique, & tous les soirs le retirenten dedans.
Etabli , en terme de Chandélier. Signifie uneeípéce de grande cage a deux étages, de 12 piésde long , de 2 de'large, & de 6 de haut, faite debois de charpente, avec des traverses au milieu : aubas de l’Etabli est une grande auge mobile, aussilongue & aussi large que l’Etabli même ; mais dontles bords ont seulement 3 k 4 pouces de hauteur ,qu’on nomme Egoutoir : c’est fur cet Etabli que seposent, pour s’essuyer , toutes les brochées de chan-déles communes, après chaque couche de fuifqu’el-les ont reçue dans l’abîme ; avec cette différencequ’après chacune des trois premières, elles fe met-tant au rang d’en-bas, précisément sur l’égoutoir :& que celles qui ont leur dernière trempe, fe met-tent au rang d’en-haut.
Etabli. Les Maîtres Vaniers ont aussi Une es-pèce d’Etabli. Ce qu’ils nomment de la forte , estune grande table fans piés, qu’ils mettent a terredans les atteliers, A dans les caves où ils travaillentde leur métier. Ils y font quelquefois assis k la ma-niéré des Tailleurs, & ont alors leur ouvrage de-vant eux. Quelquefois assis k plat ils tiennent l’ou-vrage entre leurs jambes entr’ouvertes, & quelque-fois encore ils font k demi couchés fur l’Etabli,lorfqu’ils travaillent ; ce qui dépend des dissérensouvrages de vanerie, qu’ils dressent, ou qu’ils fa-briquent. O Eta-