ETABLI.
Etabli. Les Chauderonniers ont aussi un Etablifur le devant de leur boutique , semblable a celuide la plupart des Ouvriers qui travaillent fur la rue :mais outre cet Etabli commun a tant d’Artisans, ilsen ont encore un qui leur est propre, & qui faitune des principales parties de la machine qu’ils ap-pellent Tour à chauderons. On en parle ailleurs. Voyez.Tour des Chauderonniers.
Etablis. Quelques Blanchisseurs de cire nom-ment Etablis de I’herberie ce que d’autres appellentcarres , & d’autres encore des tables. C’est fur cesEtablis que fe tendent les toiles où l’on met blanchirla cire en feuilles. Voyez. íArticle de la Cire , okil est parlé du Blancbijjage d Antony.
Etablis. On nomme ainsi dans les Ifles AntillesFrançoifes de longues tables où l’on met les feuillesde tabac qu’on veut torquer après qu’elles ont étééjambées. Voyez. I Article du Tabac, ok il ejl parlé dela maniéré de le filer .
ETABLIR. Ce terme, aussi-bien que celui d’Eta-blissement, a diverses significations dans le Com-merce, & y estd’un assez grand usage.
Etablir un Commerce avec des Nations sauva-ges. C’est convenir avec elles des conditions fouslesquelles on veut négocier, & des marchandisesqu’on prendra d’eiles, ou de celles qu’on prétendleur donner en échange. La Compagnie d’Occidentvient .d’étabiir un grand Commerce avec les peu-ples de ia Louisiane; on aura toutes leurs pelle-teries.
Etablir une Manufacture. C’est en conséquen-ce de Lettres Patentes qu on a obtenues, rassem-bler des Ouvriers & des matières ; faire construiredes machines ou des métiers convenables aux ouvra-ges qu’on veut entreprendre ; entìn, faire travaillerles Fabriquans , Ouvriers & Artisans, qu’on a aupa-ravant instruits, aux étoffes, & autres choses, pourlesquelles on a obtenu le privilège.
Etablir un Métier. C’est le faire monter, lemettre en état de travailler , y mettre des Ouvriersqui y travaillent actuellement. J’ai déja 400 mé-tiers battans dans ma Manufacture ; j’en veux en-core établir cent.
Etablir un Comptoir, une Loge., une Facto-rie. C’est mettre un Marchand & des Commis avecdes marchandises, dans un lieu propre pour le né-goce.
II fe dit particulièrement des établissemens quefont les Compagnies de Commerce dans les IndesOrientales.
On dit en ce sens : Les Hollandois établissenttous les jours de nouvelles Factories fur la Côte deMalabar ; a peine les François y ont-ils pû établirquelques Loges.
Les Angiois ont fait un armement, pour allerprendre possession d’une Ile que le grand Mogolleur a cédée; iis prétendent y établir un de leurs plusconsidérables Comptoirs.
Etablir. Se dit encore des fonds & des secoursqu’on donne à un jeune Marchand, pour commen-cer son Commerce ; & des prémiers succès qu’il adans le négoce. Son Père l’a bien établi, il lui adonné une partie de son fonds. Ce jeune hommecommence a s’établir , fa boutique s’achalande.
Etablir une Caisse, un Mont de pieté. C’estfaire des fonds pour les payemens ou les prêts quidoivent se faire dans l’une & dans l’autre.
ETABLISSEMENT. II fe dit & il s’entenddans toutes les significations du verbe Etablir. LesPortugais ont fait les premiers Etablissemens queles Nations d’Europe ont eu dans les Indes Orien-tales. Les François ont des Etablissemens assez consi-dérables fur les Côtes de Guinée.
Etabl' s, sement. Signifie quelquefois Fortune.Qui auroit crû que ce Marchand avec des fonds simédiocres eût pû faire un Etablissement si puissant
ETAIN.
dans le négoce , c’est-a-dire, gagner tant de bien ?
Je 11e veux point d’autre Etablissement pour monfils, que ma boutique & mon crédit ; pour dire ,qu’il fera assez riche avec cela. Voyez, ci - dessus Eta-blir.
* ETAIM , qu’on écrit aussi ETAIN. Métalblanc , brillant, avec une certaine lividité , fragile,sonore, & craquant,lorsqu’on le plie de différentesfaçons, moins dur que l’argent, mais beaucoupplus dur que le plomb. C’est le plus leger de tousles métaux. Sa pesanteur est a celle de l’or , un peuplus de 3 a 8.
Les Chymistes le traitent de Métal imparfait, ala formation duquel deux différentes semences con-tribuent , celle de l’argent, & celle du plomb ; cequi en quelque forte fait un composé, qui tient del’un & de l’autre.
-j- L’Etainn’est originairement qu’un plomb blanc:il est comme le plomb un métal mollasse, ductile,fort pesant, & dont 011 varie beaucoup les qualités& les usages en le mêlant avec d’autres métaux,comme la rosette & le léton , ou avec d’autres ma-tières métalliques , comme le zinc & le bismuth.
L’Etain néanmoins a ses propres mines, quoiquepourtant il s’en trouve aussi dans les mines d’argent& de plomb.
•j- O11 en retire de plusieurs pays : mais les plusriches mines de ce métal fe trouvent en Angleterre ,dans les Provinces de Cornouaille & de Devonshire.
-f- Quoique l’on n’en trouve pas dans les mines quiait fa véritable couleur, cependant on en retire depur par la fonte de quelques petites pierres tantôtnoires, tantôt jaunes, tantôt blanches, & quelque-fois transparentes, mais très rarement. II se rencon-tre très souvent impur, & quelquefois mêlé avec unepierre très blanche, entremêlé de lignes de couleurd’argent, & quelquefois mêlé de pierres noires. Lapierre k laquelle il est attaché est quelquefois trèsmolle & très friable , & quelquefois si dure qu’il fautfe servir du feu pour la briser.
Le travail des mines d’Etain est très rude, & trèsdifficile , non-feulement a cause de la profondeurextraordinaire jusqu’où les filons ont coutume des’étendre, mais encore a cause que la roche , a tra-vers de laquelle il faut assez souvent se faire pas-sage pour les suivre, est quelquefois si dure, qu’unOuvrier en peut k peine rompre un pié en 8 jours.
La terre molle & tremblante, qui se trouve aussidans les mines d’Etain, n’est guéres plus commodeaux Etamiers , soit par les vapeurs puantes & ma-lignes qu’elle exhale , soit par les courans d’eau quiy font ordinaires ; de forte que toutes ces incom-modités empêchent que les Ouvriers qui y travail-lent , puissent durer plus de 4 heures de fuite a ba-telier.
Quand on a coupé la pierre d’où fe tire l’Etain ,ou, pour parler le langage des mines , la glèbe mé-tallique , & qu’elle a été, ou tirée, ou portée en-haut, elle y est d’abord concassée avec de gros mail-lets de fer ; ensuite elle est mise au moulin, pourla battre encore plus menue ; puis on la sèche furle feu dans des bouilloirs de fer ; au sortir des bouil-loirs , elle est réduite en poudre très fine : enfin ,on la lave a l’eau, pour en séparer la terre. La mineen cet état est ce qu’on appelle Etain noir.
Pour la convertir en Etain blanc , il faut qu’ellepasse par la fonderie : la , a force de feu entretenuavec du charbon de bois, & excité par de longs &pesans soufflets , que beau fait mouvoir , elle fe li-quéfie ; & quand elle a reçû toutes ces façons, &que l’Etain est refroidi, on le forge; & c’est la der-nière main qu’il reçoit des Etamiers, dans les ate-liers des mines.
Dans les mines de Helfíon , en Cornouaille , Pro-vince d’Angleterre, si renommée par son excellentEtain, deux livres de bon Etain noir, rendent a la
fonderie