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Tome 2.
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m ETAMINE.

pour les teintures en grand & bon teint.

Les Etamines foulées font des Etamines qu’on afait passer par le foulon , après quelles ont été le-vées de dessus le métier ; ce qui les a rendu pluscouvertes de poil, & plus fortes que les autres. LesEtamines foulées font pour l’ordinaire toutes de lame,tant en chaîne qu’en tréme.

íi fe fabricme k Reims , & en Auvergne, parti-culièrement a Olliergues, aCunlhac, à Sauxillan-ges , & k Thiers, quantité de petites Etamines toutesde laine très claires, tendues & inégales, qui fer-vent principalement a bluter ou fasse r la farine , &à passer des bouillons, du lait, & autres semblablesliqueurs.

Ces deux usages les ont fait appeller Bluteaux &Bottillons ; quoique pourtant elles s’employent aussia faire des banderoles pour les vaisseaux, & desceintures aux Matelots, après qu’elles ont été teintesen bleu , en rouge, ou autres couleurs.

Les bluteaux ou bouillons , fe font de sept lar-geurs différentes , qui fe distinguent par numéros ;celles n° 6, ont un quart d’aune de large ; celles n°•q . un tiers ; celles n° 13, demi-aune &. un pouce deRoi ; celles n° 1 ? , un quart & demi ; celles n° 18 ,demi-aune moins un douze ; celles n° 20 , demi-au-ne & un douze4 & celles n° 30, demi-aune demi-quart. De chaque numéro il y en a de grosses , demoyennes, & de fines.

Ces fortes d’Etamines ne font point assujettiesaux longueurs & largeurs prescrites par les Régle-mens généraux des Manufactures , non plus qu’auxvisites & marques des jurés & Gardes; en ayantété déchargées par un Arrêt du Conseil d’Etat duRoi, du 13 Mai 1673. rendu en faveur des Mar-chands & Ouvriers de la Province. Les longueursles plus ordinaires font néanmoins de if a 16 aunes.

Quoique les bluteaux & les bouillons ne soientpas de grand prix , ils ne laissent pas cependant defaire un objet assez important pour le négoce ; s’enfaisant une très grande consommation dans le Royau-me , & des envois considérables dans les Pais étran-gers , particulièrement en Allemagne , par la voiede Lyon.

II fe fabrique encore a Reims & a Lyon , certai-nes Etamines de foie crue , qui fervent a bluter dela farine , a fasser de l’Amidon , & k passer des li-queurs. Celles de Reims ont pour Pordinaire un tiers& un pouce de large ; & celles de Lyon, demi-aunedemi-quart ; les pièces plus ou moins longues ; sui-vant qu’on le juge à propos.

Suivant le saris de 16Ó4. les Etamines de Reims ,Ù (tailleurs , doivent payer les droits de sortie duRoyaume , & des Provinces réputées étrangères , fur lepie de 6 liv. du cent pesant', & celles £ Auvergne,à raison de 4 liv. aujfi du cent pesant. A ïégard deVentrée , il n y a que celles d’Auvergne qui soient tari~fées , & dont les droits soient fixés à 3 liv. du cent pe-sant. Les Etamines qui viennent £ ailleurs , doiventêtre acquittées fur le pié de cinq pour cent de leilr va-leur , suivant £ estimation , comme marchandises ìioncomprises dans le Tarif ; ce qui doit s'entendre feule-ment pour celles manufacturées dans le Royaume ; carpour les autres qui viennent des Pays étrangers , le Ta-ris veut quelles payent dix pour cent de leur va-leur.

Les droits que les Etamines payent à la Douane deLyon , font , savoir :

Le s Etamines £ Auvergne , pour tous droits d’an-cienne Û de nouvelle taxation , Z2 J. de la charge, ouB f du ballon.

Les Etamines de Reims , <jf de la pièce.

Et les Etamines avec foie , la pièce de dix aunes , 7f. 6 den.

Etamine des Indes. Les Etamines qui vien-nent des Indes, par les vaisseaux de la Compagniede France , font des Etoffes de foie de deux aunes &

ETAM. ETAP. ss4

demie de longueur fur sept seize de largeur.

ETAMINÎER. Celui qui fabrique ou qui venddes étamines a Reims. On distingue deux sortes d’E-taminiers, savoir les Etaminiers ordinaires & les E-taminiers Bourgeois ; ceux-ci ne font pas du corpsdes Etaminiers Facturiers , mais font des espèces déPrivilégiés. II y en a quatre k Reims de cette forte.

ETAMURE. II fe dit de FEtain, dont les Chau-deronniers fe fervent pour étamer les divers utenci-ciles de cuivre , qu’ils fabriquent pour Tissage de lacuisine. L’Etamure n’a pas bien pris fur cette casse-role. L’Etamure de cette marmite est toute usée.

Etamure. Signifie aussi Faction d’étamer.

ETAPE. Place publique, où les Marchands fontobligés d’apporter leurs marchandises, pour être ache-tées par le peuple.

La place de Grève, òu plutôt les lieux circonvoi-sins le long de la rivière de Seine, fervent d’Etape ala Ville de Paris , particulièrement pour les vins &les blés.

Les autres places & marchés ; où les Marchandsforains font tenus de décharger leurs marchandises &denrées, pour y être visitées, puis loties & vendues ,font encore comme autant d’Etapes.

L’Etape aux .vins de la Ville de Paris etoit autre-fois placée aux Halles où les vins fe vendoient engros , de même que les blés & les autres vivres.

Les Halles ayant depuis été trouvées trop petitespour les contenir, k cause de la quantité qui en ar~rivoit journellement des Provinces , le Roi CharlesVI ordonna par ses Lettres Patentes du mois d’Oc-tobre 1413. qu’elle feroit transférée k la place déGrève, où une partie des vins resteroit fur les quais ,& F autre feroit encavée dans les souterrains de l’Hô-tel de Ville.

Ce secours n’étant pas encore suffisant, & l’aug-mentation des habítans de cette Capitale ayant k pro-portion augmenté la provision des vins, Louis XíVpermit par fes Lettres du mois de Mai i6<j6. de cons-truire une nouvelle Halle près la porte de S v Bernard*pour y enchanteler les vins des Marchands a mesureque les bateaux ou leurs charettes arrivent, pour yrester jlífqu’k ce qu’ils puissent être vendus fous lesConditions portées par cette concession, en outre depayer 10 fols par chaque muid.

"Etape. Se dit aussi de quelques Villes de grandcommerce, cù arrivent, fe ramassent, & fe vendentcertaines marchandises étrangères.

En ce sens, Amsterdam est regardé comme l’E-tape générale de toutes les marchandises des IndesOrientales, de FEspagne, de la mer Méditerranée,■& de la mer Baltique ; Flessingue, de celles des In-des Occidentales ; Middelbourg , des vins de Fian-ce ; Dordrecht du vin du Rhin,"& des draps d’Angle-terre ; Veere en Zelande, des marchandises cfe-cosse, &c.

Etape. Est encore un Droit, qu’ont certaines Vil-les , de faire décharger dans leurs magasins publics oùparticuliers les marchandises qui arrivent dans leursports, fans que les Marchands puissent les vendre abord de leurs vaisseaux, ou les débiter dans les ter-res & lieux circonvoisins.

Les Villes Hanféatiques, au moins les plus consi-dérables , jouissent de ce droit, mais diversement ;les unes n’ont que le droit de la décharge des mar-chandises, que les Marchands ont ensuite la libertéde vendre, soit aux Bourgeois , soit aux étrangers,ou de remporter , s’ils n’en trouvent pas le débit ;d’autres jouissent du droit de préférence fur les mar-chandises déchargées chez elles , qui ne peuvent êtrevendues qu’k des Bourgeois ; d’autres ne permettentpas aux étrangers de mettre k terre leurs marchandi-ses , que les Bourgeois ne s’en soient fournis ; &d’autres encore ont pareillement cette préférence d’a-chatíùr les marchandises déchargées chez elles ;maisdoivent aussi de leur part acheter a certain prix toutes

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