/
/
3?5 ETAP. ETAU.
les marchandises sujettes a l’Etape. De cette dernièreespèce est le droit d’Etape de Dantzick par rapportaux blés. Voyez. íArticle du Commerce de la merBaltique , & des Villes qui en font voisines’, vous y trou-verez. des exemples de tous ces diffèrent droits d’Etape.
ETAT. Compte, ou Mémoire fuccint, qui serth compter avec quelqu’un, ou a faire le recouvre-ment de quelques dettes.
Etat. Signifie auífi le Mémoire exact de tousses effets, biens, meubles, & immeubles, argentcomptant, pierreries, marchandises, lettres, & bil-lets de change , promesses & obligations, contrats,dettes actives & passives , qu’un Négociant, quifait faillite, est obligé de fournir a fes créanciers.
On donne pareillement le nom d’Etat a l’tnven-taire circonstancié, & en détail, que les Directeursdes créanciers dressent de tous les biens, & des det-tes d'un failli, & qu’ils tirent de fes registres & pa-piers. On le nomme autrement Bilan. Voyez. Direc-teurs de Créanciers.
Etat. Se dit encore de la connoissance qu’unecaution doit donner par écrit de ses facultés, afinde faire recevoir son cautionnement en Justice.
On appelle un Bref Etat décomptés un comptequi n’est pas dressé dans toutes les formes, mais quicontient feulement un extrait de la recette & dépensefaites par le Comptable.
ETATS. Voyez. Ouvroir.
ETAU. Qu’on diíbit autrefois ESTAT. Signi-fioit anciennement toutes sortes de boutiques, quoi-que proprement ce ne fut que le devant de la bouti-que , fur lequel on met l’étalage.
Présentement Etau se dit des lieux & places, oùles Marchands Bouchers étalent leur viande dans lesboucheries publiques de Paris.
Etau. Se dit encore des petites Boutiques , soitfixes, soit portatives, où les Marchandes de marée,& d’autres menues denrées font leur négoce dans leshalles : Enfin Etau s’entend des Etalages, ou Ou-vrons des Savetiers & Ravaudeufes, établis auxcoins des rues.
Les Etaux des Bouchers dans les boucheries del’Apport de Paris, & du Cimétiére de S. Jean, ap-partiennent de toute ancienneté a certaines famillesconsidérables parmi ces Marchands, qui y viennenttour a tour par droit d’antiquité : celles même, quiont quitté ce négoce, étant reçues comme les autresà cette espèce de substitution. On en a parlé ailleurs.Voyez. Boucher.
Etau. Est aussi un Outil, ou Machine toute defer, qui sert aux Serruriers, & a tous les autres Ou-vriers , qui travaillent fur les métaux, pour serrer &tenir fermes les pièces, lorqu’ils les veulent limer,ployer, river, &c.
Les principales pièces de l’Etau font les Tiges ,la Jumelle , le Fié , la Vis , P Ecrou , & l’oeil def Etau.
Les Tiges font deux fortes pièces de fer assem-blées par en bas dans la jumelle. La tête, ou lesextrémités de ces deux pièces, s’appellent les Mâ-choires ; & la partie des mâchoires, qui ferre cequ’on met entre deux, se nomme le Mord , à cau-se qu’elle semble mordre les matières cju’el le presse.
-j- Les Mâchoires doivent être & font toujoursacéré es & taillées, pour pouvoir tenir avec plus desolidité les ouvrages qu’on veut perfectionner avecle secours de cet outil.
La Vis traverse les tiges au dessous des mâchoi-res , par l’ouverture qu’on appelle P œil : une verge,ou petite barre de fer, qui a des boutons aux deuxbouts, & qui est engagée dans le trou de la tête dela vis, la ferre, ou la lâche au gré de l’Ouvrier.Et pour faire revenir celle des deux tiges, qui estmobile , il fort de la jumelle un fort ressort, quimonte assez haut entre les deux tiges, & qui les sé-pare , à mesure que la vis quitte son écrou.
ETA. ETI.
Le pié de P Etau est au dessous de la jumelle , &fait partie de la tige qui est immobile.
tnfin, pour attacher l’Etau a l’établi, il y a deuxlarges pattes attachées a la grande tige , qu’on af-fermit avec des vis, qui embrassent la table de ré-tabli par dessus & par dessous.
Etau. Les Ouvriers en marquetterie & en piè-ces de rapport, ont aussi leurs Etaux, mais qui nefont que de bois. On en parle ailleurs. Voyez Mar-
QUETTER 1 E, & PlECES DE RAPPORT.
Etau a Main. C’est un petit Etau, qui sert ktenir les petites pièces qu’on veut limer , arrondir ,polir, &c. & qui font trop fossiles pour foûtenir lemors des gros Etaux. On l’appelle autrement Te-nailles à main.
Les grands Etaux fe font par des Maîtres Serru-'riers , qui ne se mêlent que de ces ouvrages, & parquelques Maîtres Taillandiers. Les petits Etauxviennent de Picardie & du pays de Forez ; ils fontpartie du négoce des Quincailliers.
ETAT. Terme de marine j c’est un gros corda-ge de douze tourons, qui sert a soutenir & a affer-mir un mât du côté de savant, comme les HaubansRaffermissent du côté de l’arriere. Chaque mât a sonEtay; aussi l’on dit, grand Etay, ou Etay du grandmât, Etay de mifene, Etay d’artimon, Etay de per-roquet , &c.
Le faux Etay , est celui qu’on met pour ren-forcer le grand mât, ou pour le remplacer en casqu’il fût coupé par quelque coup de canon.
ETENDOIR. Lieu dans les papeteries, où l’onmet le papier sécher sur des cordes j ces lieux sontdisposés de telle maniéré, que l’air s’y peut commu-niquer plus ou moins, suivant qu’on le juge néces-saire : ce qui se fait par le moyen de certaines ou-vertures faites exprès, qu’on ferme , & qu’on ouvrequand on veut par des coulisses. Voyez Papier.
ETENDOIR. Se dit aussi en terme de Chamoi-feur, de l’endroit où font les cordes, fur lesquel-les ils étendent leurs peaux , pour les faire elíoretou sécher.
ETENDOIR. Signifie encore chez les Imprimeurs ,un bâton q a 5 pies de long, au haut duquel estune espèce de petite planchette, fur laquelle ilsmettent les feuilles des livres, & les estampes qu’ilsviennent d’imprimer, pour les porter fur cordes,pour les y sécher.
ETESTER le tabac, c’est en ôter le sommet pourempêcher que la tige ne s’éléve trop haut. Les ta-bacs qui fe cultivent France, particulièrement en •Guyenne, ont coûtume de s’étester quand ils fontparvenus k la hauteur de trois piés a trois piés âcdemi. Voyez l Article du Tabac.
ETEUF, qu’on prononce ETEU. Espèce de Bal-le , pour jouer & pousser à la main. Les MaîtresPaumiers font appellés Paumiers-Raquettiers, Fai-seurs d’Esteufs, pelotes, & balles. Par leurs Sta-tuts , l’Eteuf doit peser 17 estelins, & doit êtrefait & doublé de bon cuir de mouton, & rembou-ré de bonne bourre de Tondeur aux grandes forces.
II y a encore une autre sorte d’Eteuf, qui sertk jouer a la longue paume. II est fort petit & trèsdur ; la pelote en est faite de rognures de drap bienficellée, & doit être couver te aussi de drap, maisqui soit neuf.
Les Eteufs payent les droits de la Douane de Lyon furle pié de 8 fols la charge , tant d?ancienne que de nou-velle taxation.
-j-ETEUFFIER. Faiseur d’Eteufs ou balles k jouerk la paume. C’est présentement ce qu’on nomme kParis Maître Paumier. Voyez cet Article.
ETIQUETTE. Petit morceau de papier, ou deparchemin, qu’on met fur quelque chose, pour fairesouvenir de son prix , ou de fa qualité.
Dans le commerce d’argent que font les Mar-chands Banquiers, leurs Caissiers ont coûtume de
met-
/
/