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Ces Flûtes, ou petites Villes flotantes, ont leursMagistrats & leur police. Chaque bateau est com-me une maison, qui a ses magasins & fa boutique,avec son enseigne, pour faire connoître aux Ache-teurs quelle sorte de marchandise on y vend. Aussices sortes de Marchands n’ont-ils point d'autre de-meure. Ordinairement ils y sont nés ; & pour l’or-dinaire ils y meurent.
Ce ne sont point les habitans de ces maisons a-quatiques, qui vont solliciter les habitans de la terre,de venir acheter : ceux-ci les vont trouver dans depetites nacelles, mais seulement pendant le jour ;les avenues des rues étant fermées durant la nuit.
On voit aussi quelques-unes de ces Flûtes fur laCôte de Sumatra ; mais ce ne sont que des hameaux,en comparaison de celles de la Chine.
FLOTE'. On appelle Bois floté , le bois dechaufage, qui vient en flotant fur les rivières.
FLOTER. Se dit des bois de charpente & dechaufage, qu’on fait descendre sur les rivières, aprèsen avoir fait des espèces de radeaux, qu’on appellecommunément des Trains. Voyez. Bois A brûler.
FLOTILLE, comme qui diroit PETITE FLO-TE. Les Espagnols nomment ainsi quelques vais-seaux, qui devancent leur ftotede la Vera-Cruz auretour, & qui viennent donner avis en Espagne deson départ, & de son chargement.
FLÛTISTES. On nomme ainsi en Espagne,ceux qui font le Commerce de P Amérique, par lesvaisseaux de la flote, pour les distinguer de ceuxqui le font par les gabions , qsson appelle Gallio-nistes.
FLOTRES. Voyez. Feutres.
FLUANT. Sorte de papier, qui n’est pas collé.Voyez. Papier.
FLUTE. Espèce de navette, dont se servent lesBasie-liffiers, & fur laquelle sont dévidées les lai-nes , ou autres matières, qu’ils employeur a leurstapisseries. La Flûte est un bâton fait au tour, enforme de petit cylindre ; mais dont vers le milieu ,le diamètre est moins grand qu’aux deux bouts. 11 aordinairement 3 ou 4 pouces de long , & 4 ou y li-gnes d’épaisseur. Voyez. Basse-lisse.
•f Flûtes. Sont des vaisseaux longs & étroits parle haut, dont les bouts sont ronds, & fort relevés,par rapport a leur milieu, ayant leur fond plat, cequi les rend fort propres a porter de grandes char-ges de marchandises, & beaucoup plus que les vais-seaux ordinaires, parce qu’ils ne prennent pas beau-coup d’eau. Leur port est de 3 a 400 tonneaux.Ces Bâtimens ( qu’on appelle aussi Fioques , suivantMr. Savary ) sont d’un grand usage pour faire destransports de vivres, de munitions, & de troupes,dans les escadres de navires de guerre ; de mêmeque pour transporter des marchandises, & des den-rées dans les tems de paix. Le mot de Flûte , usitéen François, vient du Hollandois Fluit , qui est lenom propre de ce Vaisseau. Fluit se prononce encette langue , comme s’il étoit écrit Fleuite en 2 syl-labes. Les Anglois le nomment Fink , & quelquefoismême Fly-boat.
FOANG. VoyezFovkïHG.
FOIBLAGE. Terme de Monnoie. C’est la mêmechose que Remède de poids , c’est-a-dire, un affoi-blissement du poids des espèces, permis par les Or-donnances aux Maîtres de Monnoies.
Foiblage. Se dit aussi, quand les espèces nefont pas précisément du poids porté par les Ordon-nances.
Dans ce sens, il y a de deux sortes de Foiblage;dont l’un est dans le remède, lorsque les Maîtresn’excédent pas les remèdes permis ; & l’autre horsdes remèdes, lorfqu’il l’excéde. Dans le cas duFoiblage dans le remède, les Maîtres ne sont tenusqu’krestituer au Roi le Foiblage , c’est-a-dire , cequi manque au poids des espèces.- dans l’autre cas ,
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outre la restitution , les Maîtres sont condamnés al’amende, & quelquefois a de plus grandes peines ,suivant la qualité du Foiblage. Voyez. Remede , &,Poids.
Foiblage d’Aloi. C’est quand la monnoie n’estpas au titre requis. Voyez. Monnoyage.
FOIBLE. Qui est débile , qui a peu de force.
On le dit dans le Commerce, en différens sens ,qui tous font entendre, qu’une marchandise, unedenrée, ou toute autre chose qui entre dans le né-goce , a quelque défaut, ou n’est pas de la qualitérequise.
O11 appelle du Vin foible , du vin peu spiritueux ,plat, & sans force , qui n’est ni de bonne garde, nide bonne vente. Voyez. V 1 n.
Les chevaux foibles, sont ceux de peu de force ,
& qui ne sont propres qu a porter de légers far-deaux. Voyez. Cheval.
De la monnoie foible, est de la monnoie légère ,ou rognée, qui ne peut avoir cours dans le Commer-ce. Voyez Monnoie.
Dans la balance Romaine, on nomme le Foible „le côté le plus éloigné du centre de la balance, quisert à peser les marchandises les moins pesantes. II ya un des membres de cette balance, qu’on appelle laGarde-foible. Voyez Balance.
On dit, qu’un poids est trop foible, lorsqu’il n’estpas juste, & qu’il pèse moins qu’ii ne doit.
En fait de teinture, un drap foible de guêde, estuu drap où le Teinturier n’a pas employé toutesles drogues nécessaires, pour lui donner un bon pisde bleu. Les noirs foibles de guêde sont estimés lesmoins bons. Voyez Teinture.
Lorsqu’on dit, qu’une marchandise a été ven-due, le fort portant le foible ; cela doit s’entendrequ’elle a été vendue toute fur un même pié , fans xqu’on ait fait de distinction de celle qui est supérieu-re , d’avec celle qui est inférieure en bonté, ou enqualité.
FOIN. Herbe sèche des prés , qui sert de nourri-ture aux bestiaux.
Cette herbe, après avoir été fauchée , fe fane ,fe ramasse en veillotes , & ensuite se met enmeule.
Aux environs de Paris, & en plusieurs autreslieux, quand l’herbe de ces meules est raisonnable-ment sèche , on en sait des botes avec trois liens depaille, ou du Foin même, pour ensuite les serrer dansdes granges & greniers. Ailleurs, on laisse les meulespasser 1 ,’hiver a la campagne ; la maniéré de les faireles sauvant des pluyes & des eaux de neige , qui negâtent au plus que la superficie.
Le Foin en bote se vend au millier, au cent ; àpar les Regratiers qui en font le détail, à la bote.Le Foin en meule fe débite au chariot, a la charetée,
& a la charge, ou somme : dans quelques endroits,au quintal, ou cent pesant.
Le Foin est un des principaux Commerces del’Iste de France, ék des Provinces voisines de la Sei-ne , de la Marne, de l’Oise & de l’Yonne, par les-quelles arrivent a Paris les provisions de cette mar-chandise , qui lui sont nécessaires ; dont on estimequ’années communes il s’y en débite près de six mil-lions de botes.
Le Foin qui vient a Paris, en descendant la riviè-re de Seine, qu’on appelle le Pays d’Amont, se tiredes prairies de Chelles, de Lagny, de Corbeil, deMelun, de Moret, de Montereau, de Bray, deNogent fur Seine , de Gravon, & de Pont fur Yon-ne. Tous ces Foins doivent arriver aux Ports deGrève, de la Tournelle, & de l’ïïle-Louvier.
Les Foins qui viennent du Pais d’Aval , c’est-a-dire , en remontant la Seine, sont de Poissy , dePontoise, de flíle-Adam, & de Beaumont fur Oise:ceux-ci abordent au Port de l’Ecole.
II entre aussi par terre à Paris quantité de Foins ,
qu’on