FOIRE.
Les principales font; la Foire de S. Germain,qui fe tient k Paris le lendemain de la Chandeleur.On en parle ci-après.
Les quatre Foires de Lyon , qui s’ouvrent ; l’une ,le premier Lundi après la Fête des Rois ; l’autre lepremier Lundi après la Quasimodo ; la troisième ,le 4 e jour d’Août; ôc la quatrième, le 3 e jour deNovembre.
Rheims a aussi quatre Foires ; la première, le len-demain des Rois ; la seconde, le Jeudi d’après Pâ-ques; la troisième, au mois de Juillet, le Lundi avantla Magdeleine ; ôc la dernière, le irdu mois d’Oc-tobre.
Chartres en Beausse en a trois ; l’une le Jeudi saint,l’autre, le u Mai, qu’on appelle la Foire des Bar-ricades; & la troisième, le 9 Juin.
Merinville ( aussi en Beausse ) en a pareillementtrois; le 14 Mars, le 15 Septembre, ôc le 24Octobre.
Rouen a deux Foires franches; la Foire de laChandeleur, & la Foire de la Pentecôte.
Bourdeaux, deux ; l’une le I er . Mars ; l’autre, le16 Octobre: toutes deux durent chacune ij jours.
Troyes, aussi deux ; la première, le second Lundide Carême; la seconde, le 1 Septembre.
Mormant en Brie, le même nombre ; l’une, leJeudi de la Passion; l’autre, le premier Lundi dumois d’Aout.
S. Denis en France, pareillement deux ; l’une, aumois de Juin ; & l’autre , au mois d’Octobre : c’estcelle de Juin qu’on appelle Landy.
Caen a une Foire franche, qu’on appelle en Nor-mandie la Franche de Caen.
Rayonne, une , qui commence au 1 Mars, ôc quidure iç jours.
Chàteau-Thierry, une, le 9 de Juin.
Nantes, une ; elle ouvre le jour de la Chandeleur2 du mois de Février, Ôc dure 15 jours.
Clermont en Auvergne, Senlis, ôc Vitry-le-Fran-çois, chacune une; celle de Vitry, eit le jour dela Magdeleine; celle de Senlis, le Lundi d’aprèsla S. Jean-Baptiste ; Ôc celle de Clermont, le Jeu-di saint.
II y a encore la Foire de Montrichard en Lou-rante , célébré par le grand concours de Marchands,qui y viennent de toutes les Provinces du Royau-me ; mais particulièrement par le grand commerced’étoffes de iainerie, qui s’y fait , s’y marquant an-née commune jusqu’a 12000 pièces d’étoffes delaine.
Les Foires de Pezenas, ôc de Montagnac en Lan-guedoc , où les Marchands de Carcalíonne, de Cas-tre, de Lodéve, de Clermont, de Montpeiier, ôcdes montagnes, apportent toutes fortes de marchan-dises ; ôc où, sur-tout aux quatre Foires, qui se tien-nent dans la première de ces Villes , aux quatre sai-sons de Tannée, se vendent presque toutes les lai-nes qui fe recueillent dans la Province.
La Foire de la Guibray en basse Normandie, quis’ouvre le 16 Août, ôc qui dure ij jours.
La Foire de Beaucaire en Languedoc, qui n’en du-re que trois, & qui fe tient au mois de Juillet, le len-demain de la Magdeleine.
La Foire de Toulon, commencée en ifqj. ôc ré-tablie en 1708.
Enfin la Foire franche de Dieppe , établie ladernière, Ôc qui dure pendant les iy premiers joursdu mois de Décembre.
De toutes ces Foires , on rie parlera ici avec quel-que détail que de la Foire de S. Germain, des deuxde S. Denis, des quatre Foires de Lyon, des quatrede Rheims , des deux de Rouen , des deux de Bour-deaux , des deux de Troyes, de celle de Caen, decelle de Dieppe, & de celle de Toulon ; n’ayant riende bien remarquable a dire des autres , à la réservede celles de la Guibray, & de Beaucaire, qui auffi-
FOIRÉ.
bien que celle du Landy, qui est une dès deux de 8°Denis , font renvoyées à leurs propres Articles. Voy.Guibray, Beaucaire, & Landy, à P article daCommerce.
On va néanmoins , avant que d’entrer dans le dé-tail des franchises de ces différentes Foires, dire quel-que chose en général de celles de Champagne ôc deBrie, fur le modèle desquelles ont été établies tou-tes celles qui subsistent présentement en France.
FOIRES FRANCHES DE CHAMPAGNE ETde' Bri e.
Les Foires établies par les Comtes de Champa-gne, A de Brie, daíis dix-sept des principales Vil-les de ces deux Provinces, ont longtems été les pluscélèbres qui fussent en France, Ôc peut-être danstoute l’Europe.
Les plus importantes de ces Villes avoient juí-qu’a six Foires par an; plusieurs quatre : & il n’y enavoit point qui n’en eût au moins deux.
Les Marchands attirés par les grandes franchises,libertés Ôc privilèges, qui leur avoient été accordés ,y accouroient en foule dans tous les tems de Tannée ril y en venoit non - seulement des extrémités duRoyaume ; mais encore d’Allemagne, & de toutel’Italie, particulièrement de Florence, de Milan,de Lucques, de Venise, & de Gènes, qui y appor-toient des étoffes d’or , d’argent, Ôc de foie ; desépiceries, & autres riches marchandises de leur Pays,ou du Levant, en échange desquelles ils rempor-toient des draps, des • cuirs, & autres étoffes, oudenrees, du crû des Provinces de Champagne ôc deBrie, ou qui y étoient apportées des autres Provin-ces de France,
Ces Foires étoient enèorS dans Cette état florissant,lors que les Comtés de Champagne & de Brie fu-rent réunis k la Couronne de France en 1284. parle mariage de Philippe le Bel avec Jeanne Reine deNavarre qui en étoit i’héritiére.
On auroit dû croire que cette réunion eût appor-té un nouveau lustre aux Foires qui fe tenoient dansces Provinces ; mais il en arriva tout le contraire ,Ôc fous le régne de Philippe de Valois, qui parvintà la Couronne environ 40 ans après, a peine con-servoient-elles encore quelque chose de leur ancien-ne réputation ; les Marchands, sur-tout les étrangers,ayant cessé de les fréquenter , k cause du peu de sû-reté qu’ils y trouvoient, ôc pour les nouvelles char-ges , & impositions, qui avoient été mises fur lesmarchandises , depuis la réunion de ces Provinces àla Couronne.
Le traité de 133 ç. avec Philippe Roi de Navarre,Ôc Jeanne de France fa femme, ayant assuré k Phi-lippe de Valois la possession de la Champagne, ôcde la Brie ; ce Prince, k qui la France est redeva-ble de quantité de beaux établissemens pour les ma-nufactures , les arts & métiers, ôc le Commerce,pensa k remettre ces Foires fur leur ancien pié, ôca y rappeller les Marchands regnicoles Ôc étrangers,en confirmant les anciennes franchises, ôc en sup-primant les nouvelles impositions.
Les Lettres Patentes que Philippe de Valois ac-corda a cet effet, ôc qui eurent tout le succès qu’iien avoit espéré, sont du 6 Août 1349. ; ôc c’est surleur modèle, que tous ses Successeurs, jufqu’au ré-gne de Louis XV, ont crû devoir fe régler, dans cel-les qui ont été accordées depuis ce tems-la, pour l’é-tablissement des Foires franches dans diverses Villesde leur Royaume.
Trente-six articles composent ces Lettres paten-tes , qu’on peut réduire en cinq classes, qui fontla première des privilèges ôc franchises des Mar-chands ; la seconde, des Gardes, ou Juges Conser-vateurs, ôc de leurs Officiers ; la troisième, desjours que les marchandises doivent tenir Foire, pouf
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