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Tome 2.
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48 z FOIRE.

Dès le régne à Charles VII, cette Capitale de la•Guyenne nouvellement réunie à la Couronne, avoitobtenu de ce Roi victorieux des anciens ennemis dela France (les Anglois) le privilège de deux Foiresfranches; & ce Prince, pour prix de la fidélité & deRattachement de ses nouveaux Sujets , les leur avoitaccordées, avec quantité d’autres franchise^ libertés& exemptions, pour faire de plus en plus fleurir lecommerce d’une Ville fi heureusement située pour enfaire un condérable, soit au dedans du Royaume,soit avec les étrangers.

De ces deux Foires établies par Charles VII, l’unecommençoit au 15 e du mois d’Aout, & l’autre lepremier lundi de Carême : mais toutes deux n’ayantpas été placées dans des tems convenables pour ledébit des vins qui font la principale richesse de laGuyenne & de fa Capitale, elles furent d’abord peufréquentées, & ensuite absolument abandonnées^ par-ticulièrement par les étrangers, qui n’y pouvoientêtre attirés que par Rachat des vins, dont la vente etoitpassée lorsque les Foires se tenoient.

Ce ne fut que sous le régne de Henri II, que lesMaire, Jurats & habitans de Bourdeaux pensèrentà se rétablir dans le privilège de leurs Foires fran-ches, en obtenant de nouvelles Lettres Patentes, quiconfirmassent celles qui leur avoient été accordéespar Charles VII, mais qui en même tems marquas-sent des jours plus convenables pour les tenir , &remédiassent aux autres obstacles qui avoient rendules premiers inutiles.

Les Lettres furent expédiées , & les Foires furentremises l’une au if Octobre , & l’autre au 15 Fé-vrier.

II n’y eut néanmoins que celle du i? Février quifût ternie, S. M. ayant presqu’auffi-tôt ordonnéque lesdites Foires feroient suspendues , & lesMaire & Jurats entendus au Conseil, sur le préju-dice qu’on avoit représenté au Roi, quelles pou-voient apporter aux droits de la Comptablie & duDomaine.

Henri II étant mort avant qu’il eût rien réglé furl’exécution des Lettres Patentes pour la tenue desFoires de Bourdeaux, & le régne de François IIayant été trop court pour qu’on y pût penser ; en-fin l’affaire ayant été reprise lors de Rassemblée desEtats Généraux, tenue à Orléans, & ayant étédepuis discutée au Conseil, Charles IX persuadéque Futilité de ces Foires, non seulement pour laGuyenne, mais encore pour tout le Royaume, ex-cédait le profit du produit des droits de la Compta-blie fur les vins, denrées & marchandises qui pour-raient être vendues pendant lesdites Foires, ne fitplus de difficulté d’accorder les Lettres pour la con-tinuation de la tenue des deux Foires franches deBourdeaux; auxquelles même il ajouta de nouveauxprivilèges.

C’est en conséquence de ces Lettres , qui fiirentdonnées au mois de Juin 1565. comme on l’a ditci-dessus, que continuent encore a présent de se te-nir les Foires de la Capitale de la Guyenne : Foiressi fameuses pour la grande quantité des vins & deseaux-de-vie qui s’y vendent, & par le nombre desvaisseaux étrangers qui les viennent enlever , qu’ei-les ne cèdent a aucunes autres des franches qui íetiennent en France.

La première de ces Foires commence toujours au1T Octobre , comme il étoit porté par les Lettresd’Henri II. ; mais le jour de la seconde a été chan-gé , & elle commence présentement au i r Mars, aulieu du i<? Février.

Elles font établies ad injiar de celles de Paris,Lyon , Rouen , Brie, Champagne & Poitou , &avec ses mêmes privilèges, franchises & exemptionspour les Marchands François & étrangers, pour Rap-port, conduite, vente, troc, cchange, distributionou achat des marchandises, pendant lès quinze jours

FOIRE.

de chacune desdites Foires.

Les franchises particulières font l’exemption de lagrande & petite Coutume, qui fe lèvent a Bour-deaux , Blaye, Bourg & Libourne ; les droits desbranches de cyprès , de la tour de cordoan, & de tousacquits & autres droits & devoirs appartenans a 8.M. & qui font levés dans lesdites Villes, fors &excepté les pastels, qui n’entreront ou sortiront audedans de ladite Ville pendant le tems desdites Foi-res , fans toutefois que durant le cours & tenue dela première Foire jusqu’après le jour de Noël, au-cun puisse faire descendre du haut pays des vins de-vant la Ville de Bourdeaux, ni les y faire entrer sui-vant les privilèges de ladite Ville ; ni pareillementexemter les vins qui doivent être marques de la gran-de & demi-marque de ladite Ville, du payement desdroits, pour raison de ce dûs a icelles, ni les Mar-chands de porter certification ainsi qu’il avoit été faitpar le passé, non plus que les vaisseaux d’être jaugés& apparonnês , dont la connoissance est demeurée auMaire & aux Jurats comme auparavant.

Dans l’exemption de ces Foires ne font pas nonplus compris les droits d’ançrage, lestage, fuage, &d’un liard pour pipe de blé, qui font de l’ancien Do-maine de la Ville, destinés pour Rentretenement dela rivière, port & havre d’icelle.

Les mêmes Lettres permettent aux Maire & Ju-rats , de faire construire & édifier deux grandes Ôzamples halles en deux lieux de la Ville, qu’ils trou-veront les plus commodes pour Rassemblée des Mar-chands , & les achats & ventes de toutes marchandi-ses; & de faire auxdites halles, ou près d’iceIles, desétaux, bancs, boutiques & autres telles choses né-cessaires pour íe trafic desdites marchandises.

Enfin il est ordonné que les Juges-Consuls'établisdepuis deux ans par 8. M. dans ladite Ville deBourdeaux, feront dans lesdites Foires l’office deJuges Conservateurs, avec la même Jurisdiction &autorité que les Juges Conservateurs des Foires deLyon, ainsi qu’il est porté dans REditde la créationd’iceux.

Depuis Rétablissement des deux Foires franchesde Bourdeaux jufqu’en 1653. les Marchands Fo-rains qui fréquentoient lesdites Foires, avoient cou-tume d’étaler leurs marchandises le long des rues adécouvert, ou au devant des boutiques des Mar-chands de la Ville, de qui ils louoient quelques pla-ces; mais il fut ordonné par un Arrêt du Conseil du20 Novembre de cette année, qu’a l’avenir la vente& l’étalage des marchandises foraines se feroient dansla Cour de l’Hôtel de la Bourse, ou dans la place quiest au-devant d’icelui; ce qui depuis a toujours étéexécuté , malgré le trouble que le Fermier des Do-maines du Roi y voulut apporter en 1679. com-me on le dit ailleurs. Voyez t Article des Consuls ,ou il ejì parlé de l’établissement des Juge & Consuls deBourdeaux.

FOIRES DETROYES.

Troyes, Capitale de Champagne, étoit autrefoistrès célèbre par son commerce, & par ses Foires.II s’en tenoit dans cette Ville, & dans les autresde la Province, de si 'riches & en si grande quanti-té, qu’eiles étoient même passées en proverbe: &l’on dit encore de ceux qui ignorent bien des cho-ses , qu’ils ne savent pas toutes les Foires de Cham-pagne.

Ces Foires établies par les Comtes de Champa-gne & de Brie , avoient d’abord porté leur réputa-tion même au-dela de REurope : la protection queles Rois de France leur avoient accordée , depuisla réunion de ces Provinces a la Couronne, les a-voit encore rendues plus célèbres : mais ayant com-mencé k décheoir pendant les longues guerres desAnglois ; & celles de la Religion ayant fait depuis

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